Les soeurs Ogwumike : jamais 2 sans 3 !

Ce n’est déjà pas commun de voir des frères ou des soeurs évoluer dans les plus hautes ligues sportives du monde. Imaginez l’exploit réalisé par la famille Ogwumike : elle aura, normalement, 3 représentantes en WNBA la saison prochaine avec l’arrivée d’Erica.

Un plan A et un plan B bien rodés

Vous connaissiez Nneka et Chiney, respectivement numéros 1 de la draft en 2012 et 2014 ? Voici Erica, la petite dernière de la famille. Elle a été choisie en 26ème position par le NY Liberty lors de la draft virtuelle de cette année puis échangée, dans les heures qui suivent, pour atterrir aux Minnesota Lynx. 26ème me direz-vous avec un petit sanglot dans la voix ? Ne vous faites aucun soucis pour Erica : WNBA ou pas, elle a tout prévu.

Elle sort en effet de l’université de Rice avec une moyenne plus qu’honorable : 19 points et 10 rebonds de moyenne. Et aussi 9 écoles de médecine qui lui tendent les bras.

On connait la difficulté d’avoir le statut d’étudiant-athlète, de devoir gérer la pression sportive tout en réussissant également les cours théoriques. Selon les spécialisations et les orientations choisies, le degré de difficulté est évidemment variable mais il n’en demeure pas moins que les horaires de ces étudiants un peu particuliers sont plutôt chargés.

Erica a réussi l’exploit d’être une athlète de division I tout en suivant une formation qui lui permet, à présent, d’entrer dans une faculté de médecine. Et ce ne sont pas moins de 9 écoles prestigieuses qui l’acceptent dans leur cursus. Voilà le plan si aucune franchise ne l’avait appelée le 17 avril dernier.

La sororité mise à l’épreuve la saison prochaine

Mais elle a été appelée. Par le Liberty, d’abord. Puis, échangée contre Stephanie Talbot pour se retrouver dans le Minnesota, sous les ordres de la mythique coach Cheryl Reeve. Prenez une grande inspiration : d’un côté, Nneka et Chiney aux Sparks, de l’autre Erica aux Lynx. Vous tenez là une des plus grosses rivalités de la précédente décennie en WNBA. On ne se lasse d’ailleurs pas de la tête de Chiney pour l’occasion :

C’est pourtant une demi-surprise car Coach Reeve avait très clairement marqué son intérêt pour Erica lors de la conférence pré-draft et elle en a reparlé dès les sélections annoncées :

On vous offre d’ailleurs cette magnifique citation de la coach et GM des Lynx qui, expliquant qu’elle aimait le fait que Erica Ogwumike connaisse déjà la WNBA, n’a pas hésité à mettre les pieds dans le plat :

Beaucoup de joueuses universitaires ne regardent même pas la WNBA et elles ne connaissent même pas les autres joiueuses. J’aime le fait qu’Erica connaisse ces joueuses. J’aime le fait qu’elle ait sans doute vu le match où j’ai dit que sa soeur était la plus grosse floppeuse du monde.

Chery Reeve

Les rencontres Sparks/Lynx de la saison à venir sont donc à ajouter à la liste des immanquables au même titre que les Aces/Mystics ou Aces/Sky.

Bon sang ne saurait mentir

Loin du mètre 93 de la plus grande des 4 soeurs, Chiney, Erica mesure seulement 5’9, soit 1 mètre 75. Mais elle est dotée du sens athlétique des Ogwumike et possède donc un sens du rebond assez incroyable pour sa taille. Ce n’est donc pas une meneuse shooteuse, ses taux de réussite étant actuellement son point faible (46.5 à 2 points et 29.7 à 3 points) mais elle peut apporter beaucoup à une équipe qui recherche un profil plus polyvalent et, pardonnez-moi l’image, une joueuse prête à rentrer dans le lard.

Mais d’où lui vient ce talent pour arracher des rebonds au nez de plus grandes qu’elle ? La famille pardi. Il n’a jamais été question, pour ses grandes soeurs, de faire des cadeaux à la petite dernière. Il a donc fallu aller chercher des rebonds dans les mains de Nneka, Chiney et Olivia. Un apprentissage à la dure qui a porté ses fruits, couplé à un excellent timing et à beaucoup de travail et de volonté, évidemment.

Rien à perdre, tout à gagner

Erica Ogwumike n’a pas grand chose à perdre. Cela ne fait que 2 ans qu’elle envisage le basket de façon professionnelle. Elle a toujours vu ses soeurs être des sportives accomplies mais pas que… En effet, Nneka est également la présidente du syndicat des joueuses et a donc joué un rôle clé dans les négociations du nouveau CBA. Chiney, elle, est aussi analyste NBA pour ESPN. Erica a donc pour modèle des athlètes incroyables dont l’influence dépasse les terrains de basket.

Avant de faire le grand saut vers le monde du basket professionnel, la petite dernière de la famille a, selon ses dires, posé 3000 questions à ses grandes soeurs. On attend donc maintenant la saison 2020 pour qu’elle mette en pratique les réponses reçues et qu’elle inscrive, encore un peu plus, le nom des Ogwumike dans la légende de la WNBA.



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