fbpx

De la WNBA à la NBA

Alors que le débat fait rage concernant les salaires en WNBA, certaines joueuses, encore actives ou à la retraite, n’hésitent pas à passer la frontière et aller voir ce qui se passe au pays magique des maillots sans sponsors envahissants et aux stades de plus de 3000 places, j’ai nommé la NBA.

Qu’elles soient actives dans le coaching, le recrutement, la gestion ou encore le développement, elles apportent, chacune à leur façon, une expertise et un savoir-faire unique.

Swish Swish vous présente un petit tour d’horizon de ces pionnières à la conquête de la NBA.

Becky Hammon

C’est un visage très connu en NBA : depuis 2014, Becky Hammon est l’entraîneur-adjoint des Spurs de San Antonio.

Sa carrière en WNBA a commencé en 1999 aux New York Liberty où elle a joué 8 saisons. Elle est ensuite envoyée aux San Antonio Stars jusqu’à sa retraite sportive en 2014. Tiens tiens, déjà le Texas 🤔

En 2014, lorsqu’elle rejoint le staff de Greg Popovich, Mike Thibault (le coach actuel des Mystics) compare son jeu à celui de Tony Parker : “C’est une petite arrière qui était sous-dimensionnée mais s’est imposée. Elle peut marquer à trois points comme attaquer le panier. C’est un de ces rats des gymnases qui a appris comment marquer face à plus grande qu’elle et cela lui a servi dans sa carrière. Elle peut jouer en pick and roll comme lui, est une meilleure shooteuse que Parker à ses débuts et certainement une meilleure tireuse à trois points. Elle sera un grand apport pour aider les joueurs à devenir de meilleurs shooteurs.”

Dans son parcours de coach, Becky a débroussaillé le chemin pour toutes les suivantes. Elle a ainsi coaché les Spurs en Summer League dès 2015. En 2016, elle a été la première femme à être assise sur le banc dans un All Star Game en tant qu’assistante de coach Pop.

Bien qu’étant une porte drapeau de la présence des femmes en NBA, Becky n’est pourtant pas arrivée où elle est pour une question de quota ou d’image. Non, on ne mange pas de ce pain là chez Greg Popovich. Il le dira d’ailleurs très clairement : “C’était devenu énorme lorsque nous l’avons engagée, et ça l’est encore plus depuis la summer league. Mais on ne pense même pas à tout ça. Je l’ai embauchée car elle a fréquenté mes sessions de travail durant un an en raison de sa blessure. Elle a des avis, et des avis solides, sur le basketball.”

Depuis, grâce à l’expérience engrangée, Becky Hammon a reçu des propositions pour coacher des équipes universitaires. Mais elle est restée fidèle au Spurs. Sera-t-elle la première femme à coacher une équipe NBA ? Disons que si ce n’est pas elle, le Watergate ferait office de petit scandale d’opérette à côté de ça…

Swin Cash

Swin Cash, en chiffres, ça donne le tourni : double championne NCAA, triple championne WNBA, championne du monde et double championne olympique. Un CV plutôt sympa…

Elle a commencé sa carrière au Shock de Detroit en 2002 et a pris sa retraite en 2016. Entre temps, elle a porté le maillot des Seattle Storm, des Chicago Sky, des Atlanta Dream et des New York Liberty.

Depuis cette année, Madame Cash est également la vice-présidente des opérations basket et du développement des New Orleans Pelicans, un rôle très important au sein de la franchise de Louisiane.

Ce titre, au nom un peu fourre-tout, intègre à la fois du scouting mais aussi un travail sur le développement des joueurs sur et en dehors du terrain. Les Pelicans viennent en effet d’échanger leur joueur star, Anthony Davis, contre plusieurs jeunes joueurs qu’il faudra former et sans doute réconforter après un passage mouvementé chez les Lakers. L’autre point chaud pour les Pel’s, c’est l’arrivée de Zion Williamson, un rookie qui devra gérer une pression colossale sur ses épaules saillantes et musculeuses. Nul doute qu’avoir à ses côtés une VP avec l’expérience de Swin Cash sera un plus indéniable.

Enfin, dans ses attributions, il reste un dernier défi et il est de taille : gérer Laval Ball 😅

Sue Bird

Depuis la saison 2018, Sue Bird est présidente associée aux opérations basket des Denver Nuggets. Pour sa première année en NBA, le GM des Nuggets, Tim Connelly, lui a donné l’opportunité de tester plusieurs aspects du job. Elle a ainsi pu faire du scouting, discuter de la vie du groupe et des transferts avec le staff, …

Etant encore une joueuse en activité, sa priorité reste sa carrière avec les Storm. Elle considère ainsi ses débuts en NBA plutôt comme un apprentissage. C’est pour cela qu’elle n’a pas souhaité se lancer directement dans le coaching et qu’elle a préféré un rôle plus généraliste.

Cela a étonné plusieurs de ses connaissances, comme Sue l’explique dans une interview à SBNation : “C’est drôle parce que beaucoup de gens à l’extérieur du basket m’ont demandé : Oh, tu es plutôt côté business ? Non, non, non, non, non. Un travail de front office, c’est tout à fait lié à l’équipe. Il s’agit d’assembler les pièces du puzzle pour construire une bonne équipe. C’est beaucoup plus dur qu’on ne le pense, c’est toujours un défi et c’est ce qui est le plus attrayant, le challenge de former une équipe qui s’harmonise. Je le sais d’expérience : j’ai fait partie d’équipes extrêmement talentueuses qui n’ont pas réussi à gagner et j’ai aussi fait partie d’équipes un peu moins talentueuses mais qui savaient évoluer ensemble et grâce à ça, elles ont fait mieux que les autres. C’est ce qui m’attire le plus dans un poste de front office”.

Kristi Toliver

Si Kristi Toliver n’est pas la première femme assistante coach en WNBA, elle est par contre la première joueuse en activité à l’être ! Présente avec les Washington Wizards dès la fin de sa saison avec les Mystics, elle a ainsi rejoint le staff de Scott Brooks pour une somme dérisoire.

Il faut savoir que le salaire moyen d’un assistant-coach en NBA tourne autour des 100 000$ par saison. Les Wizards appartenant à la même société que les Mystics, Kristi Toliver n’a pas pu négocier son salaire comme un assistant-coach normal. En effet, la ligue a décrété que le salaire de Toliver devrait provenir des 50 000 $ que chaque équipe a affecté à la rémunération des joueuses pour le travail hors saison. Dans le cas des Mystics, une bonne partie de cette somme était déjà promise à Elena Delle Donne.

Le choix pour Kristi Toliver est donc assez clair : partir outre-atlantique et gagner pas mal d’argent ou rester aux Wizards… pour 10 000$, soit le salaire d’un stagiaire. Elle a choisi de rester à Washington, d’une part pour reposer son corps, d’autre part pour nourrir son intérêt évident pour le coaching. Après une première saison où son travail a été encensé et médiatisé, il semble que Coach Panda aie fait le bon choix et se trace une voie royale pour l’après-WNBA…

Kara Lawson

Après une belle et longue carrière en WNBA, Kara Lawson devient, en 2019, la première assistante-coach de l’histoire des Boston Celtics. Elle officie ainsi au côté de Bradley Stevens.

View this post on Instagram

🖊 Officially Official ☘️ Let’s Go Celtics!

A post shared by Kara Lawson (@20karalawson) on

Kara Lawson a débuté sa carrière de joueuse aux Monarchs de Sacramento en 2003. Elle y restera jusqu’en 2009 et décrochera avec cette équipe un titre en 2005. De 2010 à 2013, elle évolue aux Connecticut Sun. Enfin, elle joue ses deux dernières saisons chez les Washington Mystics.

Dès sa retraite sportive annoncée, elle devient la première femme consultante télévisée pour les Washington Wizards. Une magnifique opportunité pour Kara Lawson qui, petite fille, était une fan invétérée des Washington Bullets, leur nom de l’époque.

A présent intégrée au staff des Celtics, Kara ne vise rien d’autres que d’être la meilleure. Pour cela, elle se reposera sur son expérience et son palmarès et il est vrai que ce dernier plaide en sa faveur : outre le titre de 2005, elle a également été All Star en 2007 et a décroché la médaille d’Or avec Team USA aux JO de 2008. A Kara d’apporter cette culture de la gagne à des Celtics désireux d’effacer une saison 2018-2019 décevante.

Lindsey Harding

Après une brillante carrière universitaire à Duke, Lindsey Harding est draftée en 1ère position par les Phoenix Mercury mais échangée immédiatement chez les Lynx. Nous sommes en 2007. Lindsey évoluera ensuite chez les Mystics, Dream, Sparks, Liberty et finira sa carrière en 2016 chez les Mercury.

Le fait de la retrouver à présent assistante-coach chez les Philadelphia 76ers n’est pas vraiment une surprise. En 2015, elle n’avait pas joué en WNBA pour assister le coaching staff des Toronto Raptors durant la Summer League.

Lors de sa retraite sportive, en 2017, elle occupe d’abord un poste administratif ou sein de la NBA. Mais l’appel du parquet n’est pas loin et la vie dans un bureau n’est pas faite pour Lindsey.

Pour la saison 2018-19, elle rejoint alors les Sixers en tant que scout. Une année plus tard, elle devient la première assistante-coach de la franchise de Philadephia où elle est en charge du développement des joueurs. Dans une franchise qui a fait de la phrase “Trust the process” son mantra, ce n’est clairement pas un poste de figuration…

Jenny Boucek

Jenny Boucek fait partie des pionnières de la WNBA puisqu’elle n’y a joué qu’une seule saison mais c’était celle de 1997, au sein des Cleveland Rockers.

Blessée, elle décide de mettre un terme à sa carrière de joueuse mais se tourne alors vers le coaching. Elle rejoint très rapidement, en 1999, le staff des Mystics où elle officie comme assistante-coach. Elle continuera son apprentissage d’assistante au sein des Sol de Miami et des Storm de Seattle. Elle devient ensuite la coach principale des Monarch de Sacramento. Elle retourne ensuite aux Storm en tant qu’assistante de Brian Angler qu’elle remplacera ensuite jusqu’en 2017.

C’est en 2017 qu’elle fera débuts en NBA chez les Sacramento Kings en tant qu’assistante coach chargée du développement des joueurs. La saison suivante, en 2018, Jenny Boucek s’engage avec les Dallas Mavericks en tant qu’assistante du staff chargée des projets spéciaux. Un projet spécial comme une combinaison Dončić/Porzingis ?

Et les autres

D’autres femmes évoluent comme assistantes-coach en NBA mais elles ne sont pas issues de la WNBA.

  • Natalie Nakase assiste Doc Rivers au sein des Clippers depuis 2018.
  • Karen Stack Umlauf évolue, elle, au sein du staff des Chicago Bulls.
  • Lindsay Gottlieb sera sur le banc des Cleveland Cavaliers.

Chasity Melvin est, quant à elle, assistante coach de l’équipe de D-League associée aux Charlotte Hornets : les Greensboro Swarm.

Enfin, comment ne pas mentionner Nancy Lieberman, membre du Hall of Fame, ancienne joueuse des Phoenix Mercury en 1997 (à l’âge de 39 ans) et première femme à coacher une équipe de D-League, avant Chasity. C’était avec les Legends du Texas en 2009. Elle sera ensuite l’assistante coach de Georges Karl pour les Sacramento Kings en 2015.


Et la WNBA me direz-vous ? Pour la saison 2019, 42% des coaches sont des femmes, soit 5 sur les 12 équipes en lice. Ce nombre est en baisse depuis plusieurs années. Cela signifie que, si l’on peut se réjouir d’une arrivée progressive des femmes en NBA, il faut aussi veiller à de pas avoir une fuite des cerveaux vers la ligue masculine au détriment de la WNBA justement.

Mais il est évident que l’éclairage médiatique offert en NBA est supérieur à celui de la WNBA et fait de Becky, Swin et les autres, de formidables porte-drapeaux du niveau général pratiqué en WNBA.