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Sue Bird et Megan Rapinoe : le couple en or de Seattle

Depuis 2016, Sue Bird et Megan Rapinoe, les légendes du Seattle Storm et du Seattle Reign, mais aussi d’USA Basketball et de l’équipe nationale de football des États-Unis, forment un heureux couple. En plus de multiplier les exploits dans leurs disciplines respectives, dans les salles de basket pour l’une, et dans les stades de foot pour l’autre, les deux compétitrices ont allié leurs forces dans la vie, et usent de leur influence pour faire valoir leur influence au-delà de la simple sphère sportive. Zoom sur un duo qui vaut de l’or, sur et en dehors des terrains.

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Quand on dit que Sue Bird et Megan Rapinoe forment un couple en or, il faut d’abord entendre l’expression en son sens premier. Les deux stars de Seattle sont toutes deux des compétitrices hors pair, de véritables légendes qui opèrent avec régularité au sommet de leur sport depuis de nombreuses années. En plus de ses trois titres de championne WNBA, à trente-neuf ans, Sue Bird détient également le record du plus grand nombre de participations au All-Star Game (11), du plus grand nombre de minutes jouées, et du plus grand nombre de passes décisives délivrées dans l’histoire de la ligue. Quant à Megan, ses 50 buts pour 158 sélections avec l’équipe des États-Unis parlent d’eux-mêmes.

Mais c’est sans doute quand on combine leurs exploits dans les compétitions internationales que la liste de leurs sacres est la plus impressionnante. À elles deux, Bird et Rapinoe détiennent non moins de cinq médailles d’or olympiques, six titres de championnes du monde, et un ballon d’or. Mais si Megan, avec ses 2,2 millions de followers sur instagram a acquis — depuis la Coupe du Monde 2019 et ses prises de position contre Donald Trump notamment — une plus grande notoriété vis-à-vis du grand public, le nombre des médailles penche pour l’heure assez largement encore à l’avantage de la meneuse du Seattle Storm, puisque Sue détient à elle seule quatre titres olympiques et quatre titres mondiaux. De quoi inquiéter Megan, puisque même sa mère, Denise Rapinoe, a confié être bien moins impressionnée par son unique titre olympique depuis qu’elle a rencontré Sue. Heureusement que la star de la WNBA est quant à elle modeste, et qu’elle n’est pas du genre à se moquer de Megan ni de sa « seule petite médaille » olympique.

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Proud. 👩🏻‍🎤 🥽 🥰

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Mais si les deux femmes enchaînent les exploits sportifs, le duo de choc Sue/Pinoe est également une recette gagnante en dehors des terrains. Si leurs personnalités peuvent sembler opposées — Sue nous confiait, dans une lettre publiée dans The Player’s Tribune, que Megan et elle n’ont pas du tout le même caractère, l’une fonctionnant sur le mode du calcul minutieux et de l’hyper-réflexion, l’autre sur celui de l’impulsivité et de l’improvisation —, les deux femmes semblent avoir su trouver un équilibre leur permettant de s’influencer mutuellement en tirant profit des qualités de chacune. Là où Sue a transmis à Megan un peu de sa rigueur dans la vie quotidienne, sur le plan de la nutrition et de la récupération en vue des compétitions notamment, Megan a appris à la meneuse du Storm à prendre du recul sur certaines situations, et à vivre avec une plus grande spontanéité.

Toujours dans la même lettre, Sue nous confiait ainsi en juillet dernier que vivre avec Megan lui avait permis de porter, à certains moments, un nouveau regard sur le monde. Elle rendait compte de expérience en invoquant la métaphore des « lunettes Megan », ces lunettes fictives que la quadruple championne olympique imagine revêtir quand elle veut voir le monde à la manière de sa compagne. Elle écrivait : « Je mets les [lunettes-Megan] et je me retrouve en vacances… à un endroit qui me permet d’avoir une vision un peu décalée. Où je suis quelqu’un qui pense à la manière de Megan […] Quand je mets les Lunettes-Megan […], ce que je fais, en réalité, c’est que j’apprends à mieux la comprendre — et, si ça a un sens : je pense qu’en même temps j’arrive aussi à mieux me connaître moi-même. »

Entre Bird et Rapinoe, l’influence est donc réciproque. Mais si le duo fonctionne si bien, c’est qu’en dépit de leurs caractères en certains points opposés, les deux femmes se retrouvent autour de valeurs communes, dont la défense est pour elles essentielle.

Encore une fois, si les prises de position politiques de Megan — aussi bien son discours de réception du LBGT Award du Gay and Lesbian Center de Los Angeles en 2012, que sa décision de s’agenouiller pendant l’hymne américain en 2016 pour exprimer son soutien à Colin Kaepernick et dénoncer les violences policières, que le soutien qu’elle a affiché il y a quelques mois à la candidate démocrate Elizabeth Warren dans la course à la présidentielle — ont sans doute été plus médiatisées que celles de Sue ces dernières années, les deux légendes sont bel et bien sur la même longueur d’onde.

Tout comme en juin dernier, Megan avait exprimé, avant même la fin de la Coupe du Monde, qu’elle refuserait de se rendre à la Maison Blanche si elle y était invitée en cas de victoire, Sue confiait qu’il aurait également été hors de question pour elle de faire le déplacement à Washington en 2018, quand elle a remporté son troisième titre WNBA avec le Storm : « Une chose que vous devez savoir sur Megan et moi : nous avons les mêmes opinions politiques. Quand nous avons gagné le titre WNBA avec mon équipe la saison dernière, il était hors de question que nous allions à la Maison Blanche », avait-t-elle affirmé.

Sue et Megan, Bird et Pinoe, sont donc alliées dans tous les combats, et sur tous les terrains. Au cours des derniers mois, alors que Megan et l’ensemble de l’équipe féminine de football des États-Unis attaquaient la fédération américaine en justice pour traitement inégal, Sue travaillait dans les coulisses de la WNBA à l’établissement d’un nouveau CBA, plus respectueux du talent et du travail des joueuses de la ligue.

En plus de ces multiples combats menés hors des terrains, il est clair que les deux légendes, qui à trente-quatre et trente-neuf ans, continuent à exceller, n’oublient en rien leurs objectifs sportifs. Et que ce soit dans une salle de négociations ou sur un terrain, comme à Tokyo en juillet prochain, où elles devraient toutes deux défendre les couleurs de leur équipe nationale, leur objectif est toujours le même — repartir avec la victoire.

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Ryde or Die 🤘🏼

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