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Donc le Président déteste ma petite amie…

Le 2 juillet dernier, à quelques jours de la fin de la Coupe du Monde, Sue Bird prenait à nouveau la parole dans The Player’s Tribune pour parler des demi-finales à venir, du couple qu’elle forme avec Megan Rapinoe, de leur engagement commun, et de Donald Trump.

Source : So the President F*cking Hates My Girlfriend


Hey!! C’est Sue. Voici mon aperçu des demi-finales de la coupe du monde. Le titre devait être « Donc le Président Déteste Ma Petite Amie (Et 10 Autres Choses Que Je Veux Que Vous Sachiez Avant Les Demi-Finales de la Coupe Du Monde) » mais on n’avait pas assez de place. Désolée. Merci pour votre lecture. GO USWNT!

(1) Je suis de retour!! J’avais prévu d’arrêter, je vous le promets!! Non, vraiment, je vous le PROMETS. L’année dernière je me suis cassé le nez et j’ai écrit un article à ce sujet, et ensuite je pensais sérieusement que c’était la fin de ma carrière dans le game de l’écriture. Je me souviens avoir dit à mon éditeur ici quelque chose du style « il faudrait que le Président des États-Unis déclenche une campagne de haine contre ma copine au moment même où elle se fait porte-drapeau du football états-unien, du sport féminin, de l’égalité salariale, de la fierté gay et de l’AMOUR VÉRITABLE tout en marquant deux buts majestueux pour offrir aux États-Unis une victoire palpitante face à la France et une place en DEMI-FINALE de la Coupe du Monde ne serait-ce pour que je songe à écrire à nouveau ». Mais je suis une femme de parole. Donc me revoilà.

(2) Tout d’abord, il faut que je le dise, au cas où ce ne serait pas assez clair : je suis TELLEMENT fière de Megan!! Et de toute l’équipe des États-Unis. C’est la raison principale pour laquelle j’écris cet article. Donc si vous voulez bien qu’on prenne juste une seconde pour véritablement apprécier la lancée sur laquelle se trouve ma copine?? Genre, écartons un instant tout « l’à-côté » et concentrons-nous simplement sur ce qui relève proprement du football. Deux buts contre l’Espagne. Deux buts contre la France, ALORS QU’ON JOUAIT DANS LEUR MAISON* (sic). Il y a beaucoup de sujets que j’ai envie d’aborder dans cet article, et croyez-moi je vais le faire, mais je pense qu’il est aussi important de ne pas oublier ce dont il s’agit avant tout, vous voyez ? Une athlète de classe internationale, opérant à son plus haut niveau de compétences, sur la plus grande scène qu’il soit. Une athlète qui assure grave.

Megan qui revient plus forte.

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U S A vs S P A I N L F G

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(3) OK, maintenant que c’est dit, je vais répondre à La Question. Celle à laquelle vous songez probablement. Et par ça je veux dire : « Qu’est-ce que ça fait que d’avoir le président des États-Unis (des États-Unis d’Amérique!) s’en prendre à votre petite-amie à la manière d’un adolescent pré-pubère ? Hmm. Et bien… c’est BIZARRE. Et je dirais que ma réaction fut plutôt standard : c’est-à-dire que j’ai un peu paniqué.

Une chose que vous devez savoir sur Megan et moi : nous avons les mêmes opinions politiques — quand nous avons gagné le titre WNBA avec mon équipe la saison dernière, il était hors de question que nous allions à la (p*tain de) Maison Blanche —, mais pas le même caractère. Et puisqu’on parle de toute cette « polémique » et de tout ce qui lui est arrivé, vous savez quoi, je vais être honnête… il y a une partie de la chose qui me fait flipper.

Je veux dire que, d’un côté, c’est assez drôle, parce qu’on se dit : VRAIMENT ? VRAIMENT ? CE MEC??? Genre, il n’y a rien de plus important qui puisse requérir ton attention ? Ce serait ridicule au point d’en rire, si ce n’était pas aussi dégoutant. (Et si les lois et mesures qu’il met en place ne ruinaient pas la vie de tant d’innocents.) Et c’est là que ça commence à faire vraiment peur… il ne s’agit pas que de ses tweets. Tout d’un coup vous vous retrouvez avec plein de supporters malveillants de Trump dans vos mentions. Et vous voyez tous ces blogs écrire des choses horribles sur une personne que vous aimez tant. Et ils organisent des émissions pour descendre Megan sur Fox News, et probablement ailleurs. C’est une sorte d’expérience extra-corporelle, vraiment, c’est comme ça que je le décrirais. C’est ce que ça a été pour moi.

Mais en ce qui concerne Megan… Laissez-moi vous dire. Vous ne pouvez tout simplement pas la faire trembler. Elle fait ce qu’elle veut, à sa propre vitesse, à son propre rythme, et elle ne s’excuse d’agir ainsi auprès de PERSONNE. Donc quand toute la polémique Trump a commencé à éclater la semaine dernière, le fait qu’elle semble tout simplement imperturbable ? C’est bizarre à dire mais c’est probablement ce qu’il y avait de plus normal dans toute cette affaire. Et ce n’est pas un jeu d’actrice. Ni une esquive. Pour moi, c’est plus quelque que chose du genre, Megan ayant atteint le plus haut niveau dans le jeu vidéo de la connaissance d’elle-même. Elle a toujours eu confiance en elle… mais ça ne veut pas dire que rien ne l’a jamais atteint. Elle est aussi sensible que tout le monde — peut-être plus!! Elle a juste compris de quelle façon contrôler cette sensibilité.

Et je pense que c’est la sensibilité de Megan qui la pousse à se battre pour les autres. Je pense que c’est ce qui l’a poussée à s’agenouiller. La Megan que vous voyez maintenant ? C’est la version plus forte de celle que vous avez vue se mettre à genoux en premier lieu.Toutes les menaces, toutes les critiques, toutes les répercussions — avoir réussi à se relever après tout ça, c’est ce qui lui permet à présent d’avoir l’air si imperméable aux critiques des cons de ce monde.

Je pense qu’en essayant d’aider les autres, Megan a réussi à affirmer son identité.

(4) Quelques faits choisis au hasard et sans lien logique, présentés sans commentaire.

Donal Trump n’a jamais invité une équipé championne WNBA à la Maison Blanche.

En 2017, quand l’équipe de féminine de basket de l’université South Carolina — entraînée par une femme noire (la légende Dawn Staley) — a gagné le championnat national, elle ne fut pas initialement invitée à la Maison Blanche.

En 2019, quand l’équipe féminine de l’université Baylor — entrainée par une femme blanche (Kim Mulkey, elle aussi une légende) a gagné le championnat national, elle fut invitée à la Maison Blanche sans aucun problème.

Je suis tombée sur ce site internet plutôt cool l’autre jour. Allez le voir : https://www.vote.org/.

5) Très bien… ouais. Il est temps. Il est vraiment temps.

Il Faut Qu’on Parle des Cheveux Roses de Megan.

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Je vais juste le dire haut et fort et tout avouer ici, puisque The Player’s Tribune est un lieu propice à l’honnêteté (en plus tout l’océan Atlantique me sépare de Megan) : Les cheveux roses?? J’étais… CONTRE. Pfiouu!! Ça fait vraiment du bien de l’avoir dit. J’étais contre. Je trouvais que c’était une décision trop impulsive et j’ai voté non. (Non pas que j’aie vraiment eu droit à un vote — en ce qui concerne les choix vestimentaires de Megan, notre couple fonctionne selon le principe de ce qu’on pourrait appeler une « démocratie modifiée », dans laquelle nous donnons toutes les deux notre opinion et Megan fait ensuite ce qu’elle veut.)

Mais oui, ce que je me disais c’est : tu vas à la Coupe du Monde!! Pour faire des choses incroyables!! Et si tout se passe bien, espérons le, tu vas être immortalisée sur toutes ces photos qui existeront… À JAMAIS! En plus, les cheveux blonds, c’est Ta Signature!! Tu es super belle en blonde. On sait que ça te va bien. Rose ? Megan, est-ce que tu es sûre ? Tu ne penses pas que tu vas peut-être le regretter ??

Et Megan se disait simplement : Non. Coupe du Monde. Cheveux roses. Je suis pour. C’est parti. Elle a fait sa teinture LE JOUR AVANT DE PARTIR, sans aucune sorte d’appréhension. Si vous vouliez savoir ce qu’est le Style de Vie Rapinoe… c’est ça, exactement.

(Le pire, c’est que je trouve ça bien à présent ? Maintenant qu’un peu de temps a passé et que ça a l’air un peu plus violet. Ne le dites pas à Megan.)

(6) Revenons au match contre la France. Quelques remarques.

Tout d’abord, je ne sais pas si vous avez vu mais — ma copine ?? Elle a fait abstraction de l’Homme Impoli sur twitter, et elle a réussi à jouer… je dirais plutôt bien.

Deuxièmement, la France! Elles ont été incroyables. J’espère vraiment que certaines d’entre elles liront ça parce que je veux qu’elles le sachent. Je trouve qu’elles sont restées très fortes tout au long de la compétition, malgré la pression liée au fait d’être le pays hôte.

La manière dont elles ont persévéré pour que l’issue du match reste incertaine jusqu’à la fin, après avoir encaissé deux buts rapidement ?? Ne vous méprenez pas, j’encourageais notre équipe de façon 100% hystérique. Évidemment. Mais j’étais quand même triste qu’il doive y avoir un perdant.

Troisièmement, sur conseil de mon avocat j’aimerais présenter mes excuses officielles à quiconque était dans l’avion avec moi la semaine dernière, et a dû me voir serrer le poing comme une folle après chacun des buts de Megan, et appuyer sur le bouton REVOIR sur mon téléphone comme une… oui, encore comme une folle, une fois que mes données mobiles ont commencé à s’épuiser pendant la seconde mi-temps.

Que les choses soient claires, ça ne se reproduira pas, enfin peut-être que si.

(7) LES GARS : QU’EST-CE QU’UN PENALTY.

Non, sérieusement — je ne pourrais pas imaginer en tirer un ??

J’ai l’impression que plus de regarde le foot et que plus je trouve des façons d’y appliquer ce que je connais du basket, meilleure est ma compréhension du jeu. Par exemple, en tant que meneuse, j’ai une forte conscience du positionnement sur le terrain… et je pense que c’est très pertinent pour le foot aussi. Je commence vraiment à « voir le terrain », vous voyez ? Et je remarque la manière dont les actions se développent et tout.

OK, donc ça c’étaient les points positifs.

Les points négatifs ? LES PÉNALTYS. Je suppose que c’est un peu comme un lancer-franc? Sauf qu’il y aurait en plus quelqu’un essayant de contrer votre tir, et que vous auriez à utiliser votre pied (??), ah oui, et que si vous le ratiez vous ne puissiez jamais vous le pardonner et que cela vous hante JUSQU’À LA FIN DE VOS JOURS ?? En gros, ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas du tout comme un lancer-franc.

Je ne souhaite pas que Megan soit en réalité une alienne venue d’une autre planète, mais je vais simplement vous dire les choses telles je les conçois là tout de suite : si tu es une bonne tireuse de penalty, tu es une p*tain d’alienne venue d’une autre planète.

(8) J’avais préparé tout un truc sur le débat sur l’égalité salariale.

J’avais prévu « d’avancer des arguments » et de me lancer dans ce débat.

Mais après j’ai réfléchi et pour tout vous dire, j’en ai un peu marre.

Si vous n’êtes pas du bon côté de ce combat, si vous ne prenez pas fermement position pour l’égalité salariale — que ce soit dans le foot, le basket, ou tout autre milieu, et à travers toutes les frontières intersectionnelle — j’ai juste de la peine pour vous.

Car votre attitude est triste, vous avez tort, et vous ne sortirez pas vainqueurs.

Je le ressens au plus profond de moi-même, de plus en plus ces derniers mois, ayant vu mes collègues de WNBA montrer que nous voulons être prises au sérieux en réclament un nouveau contrat CBA.

Je le ressens au plus profond de moi-même, depuis les dernières années, ayant vu nos homologues de NBA commencer (COMMENCER!) à prendre position pour nous, par solidarité et par respect.

Et je le ressens au plus profond de moi-même, là tout de suite, ayant vu ces femmes indestructibles de l’équipe féminine des États-Unis se battre pour ce qu’elles méritent et (on ne peut vraiment pas le souligner assez), engager un PROCÈS contre la fédération américaine de football alors qu’elles partaient se battre pour une p*tain de Coupe Du Monde.

Oh, et j’oubliais, elles génèrent littéralement PLUS DE PROFIT QUE LES HOMMES.

COOL!!!!!!!!!

TLDR [Trop long, pas lu*] : Pay us.

9) Ils m’ont dit de faire des pronostics!! LOL.

Dans la première demi, je vois ces p’tites américaines pleines d’énergie battre l’Angleterre 2-0. J’ai l’impression qu’on est sur une bonne lancée là, et l’attaque est vraiment au point, donc oui, USA à 100% pour ce match. (NOTE MÉTHODOLOGIQUE RAPIDE : Il se peut que je vienne tout juste de faire une prédiction ayant pour conséquence que j’aille passer quelques jours à Paris.)

Pour la seconde demi. …OK, donc, je ne vais pas révéler mes sources, mais j’ai entendu cette info top secrète selon laquelle les Pays-Bas seraient une équipe sous-estimée par beaucoup?? Mais de l’autre côté, vous avez la Suède, qui nous a éliminés lors des Jeux Olympiques… donc ça serait sans doute cool comme finale… Je ne sais pas, j’ai l’impression que ces deux équipes se connaissent probablement très bien. Genre une rivalité classique entre voisins. Comment est-ce que je m’en sors ? Est-ce que je continue à faire semblant ? Allez, va pour les Pays-Bas, 2-1.

(10) C’est l’heure de vous raconter une petite histoire.

J’ai la chance d’avoir entendu pas mal d’histoires géniales à propos de l’équipe des États-Unis, donc je pense que puisque je vous ai infligé cet aperçu dénué de toute expertise des demi-finales de la Coupe du Monde, je vous en dois bien une.

Je vous raconte ma préférée.

Ok, donc c’est la mi-temps de la coupe du monde 2015… et bien sûr, si vous lisez cet article, vous connaissez déjà le score : 4-1 pour les États-Unis. Carli a marqué trois buts, Lauren en a mis un, et le Japon en a mis un également. Je pense qu’on est ici entre amis, donc soyons honnêtes : le match n’était PAS serré. C’était fini. La Coupe du Monde ? Gagnée. Génial!! L’heure de faire la fête!!

Sauf que… ces athlètes de classe internationale étant ce qu’elles sont… il était hors de question pour elles de lever le pied. Elles se retrouvent donc dans le vestiaire à la mi-temps et elles parlent aussi sérieusement que s’il y avait 1-1. Elles parlent de stratégies, révisent les tactiques, reviennent sur leurs erreurs — la totale, comme à leur habitude.

Mais…

Mais il y a Megan.

Elle est assise…. et elle voit tout le monde se préparer pour le match, rester sérieux, et Faire Ce qu’On Fait À la Mi-Temps. Elle comprend. Bien sûr qu’elle comprend. Mais quand même, vous voyez?? Quand même. Il y a quelque chose fond d’elle qui fait qu’elle ne peut simplement PAS se retenir. Qu’elle ne peut pas continuer à faire comme si. Et elle essaie de se contrôler, de ne rien dire… d’avoir l’air détendue.

Mais à un moment elle se met simplement à… je veux dire…

Elle ne peut pas s’en empêcher.

Elle crie : « ON VA GAGNER LA COUPE DU MONDE ».

« ON. VA. GAGNER. LA. COUPE. DU. MONDE!!!

ONVAGAGNERLAP*TAINDECOUPEDUMONDE!!! »

(Elles ont gagné la p*tain de coupe du monde.)

Et c’est la fin de l’histoire.

(11) J’ai inventé un truc que j’ai appelé les Lunettes-Megan

C’est un peu dur à expliquer, mais je pense que je vais plus ou moins y arriver. Disons que… OK, donc : Megan, elle fait les choses de manière totalement impulsive parfois. Dans le style : agis… sois contente… et après — bien bien plus tard, si tu en as le temps —, réfléchis-y. C’est comme ça qu’elle fonctionne. Mais moi… c’est tout l’inverse. Donc l’idée des Lunettes-Megan, c’est qu’elles sont un accessoire que je mets pour essayer de lâcher prise un petit peu?? De simplement ouvrir les yeux et de voir le monde depuis la perspective très Megan de Megan.

Et au début de notre relation, j’utilisais les Lunettes-Megan comme une sorte de blague récurrente — quand on faisait ce truc que les couples font quand ils jouent des versions caricaturales d’eux-mêmes. En l’occurence : Megan l’insouciante et Sue la pragmatique.

Sauf que maintenant… je ne suis plus aussi pragmatique!! Ça donne ce genre de situation :

[Megan part s’habiller une paire de ciseaux à la main, puis revient avec un air fier…]

[Sue met les Lunettes-Megan…]

Bien sûr, Megan, disons que ce tee-shirt dans lequel tu viens juste de couper un trou te donne un « style ».

Ou :

[Megan décide subitement qu’elle doit teindre ses sourcils couleur blond platine…]

[Sue met les Lunettes-Megan…]

Attends Megan, je retire ce que j’ai dit… que ça risque de donner l’impression que tu n’as pas de sourcils! Et je vois totalement ce que tu veux dire quand tu dis « Crois moi, ils vont ressortir. »

Ca s’est produit encore et encore — jusqu’à ce que le fait de mettre les Lunettes-Megan devienne en soi une petite expérience. Je mets les lunettes et je me retrouve en vacances… à un endroit qui me permet d’avoir une vision un peu décalée. Où je suis quelqu’un qui pense à la manière de Megan.

Par la suite je me suis rendue à l’évidence : les Lunettes-Megan sont bien plus qu’une petite blague récurrente entre nous au sujet de la mode ou d’autre chose — elles sont cette sorte de squelette essentiel à la personnalité de Megan. Ou, pour le dire autrement : Quand je mets les Lunettes-Megan?? Ce que je fais, en réalité, c’est que j’apprends à mieux la comprendre — et, si ça a un sens : je pense qu’en même temps j’arrive aussi à mieux me connaître moi-même.

Mais je m’égare. Si je vous parle de tout ça, et si j’essaie de vous expliquer ce concept un peu fou (pas trop quand même j’espère), c’est parce que vendredi dernier, avant le match des États-Unis contre la France, et même pendant le match et après??

Je vous promets, un truc incroyable s’est passé. C’est comme si le pays entier, tout d’un coup, au cours d’un moment court et improbable, mais aussi tout à fait possible à atteindre…. AVAIT MIS DES LUNETTES-MEGAN.

C’est comme si tout le pays, tout d’un coup, s’était dit — Du foot? OUI. Du foot féminin ? OUI. Une superstar ouvertement lesbienne qui met deux buts et nous offre une victoire énorme dans le football féminin ? OUI. Cette même superstar ouvertement lesbienne qui n’est pas seulement fière de son orientation sexuelle, mais qui, en sa qualité de reine de la plaisanterie qu’on a le plus envie d’embrasser au monde, en fait la raison même de ses deux buts, de leurs célébrations, et de cette victoire énorme dans le football féminin ? OUI.

Quelqu’un a tweeté : « Voici le nouveau drapeau américain », et c’est une photo de ma copine, souriant de TOUTES SES DENTS sur un terrain de football, volant l’attention des caméras avec une couleur de cheveux douteuse — rayonnant tout simplement d’excellence ? OUI.

Bref, voilà où je voulais en venir.

Je suis plus proche de la quarantaine que de la trentaine. Je n’ai légalement le droit de me marier que depuis quelques années.

Je suis une personne de nature anxieuse, qui sur-analyse tout, et aussi — si ça vous intéresse — une triple championne WNBA.

Mais vendredi dernier ? C’est comme si le temps d’un jour parfait, rapide, et libre de tout souci… J’avais été tout le monde.

J’étais heureuse.

J’étais folle.

J’étais FIÈRE.

Je faisais semblant de m’y connaître en foot.

J’étais un peu chamboulée.

J’étais vraiment américaine.

Et j’étais amoureuse de Megan Rapinoe.

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She’s always the best part❤️ @sbird10

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