Confinement, JO, saison WNBA à venir : Sue et Geno refont le monde

Si une chose est sûre au sujet de la période sans précédent dans laquelle nous nous trouvons tous, c’est qu’elle nous pousse à faire des choses inédites…. Et à ce sujet, Geno Auriemma, le coach mythique de l’Université du Connecticut (dont nous vous proposions un portrait il y a quelques semaines) ne déroge pas à la règle. En effet, le coach aux onze titres NCAA d’UConn, le Geno issu de la vieille école et adepte du tough love, a outrepassé les limites de son bureau de New Haven et du pavillon de Gampel pour faire ses grands débuts sur instagram. Et qui de mieux placée pour fêter cet événement avec lui que celle qui, à l’occasion de cette crise sanitaire, s’est changée en véritable reine du live et d’Instagram ? Nous vous proposons aujourd’hui de revenir sur quelques passages de cette conversation ô combien passionnante entre Sue Bird et Geno Auriemma. 

Tout le monde le sait : quand Sue Bird et Geno Auriemma sont réunis, les blagues et les railleries ne mettent pas longtemps avant de pointer le bout de leur nez. Et ce fut encore une fois le cas au cours de cette discussion. Tout débute en effet avec une pique de coach Auriemma, visiblement sceptique face à tant de technologie, qui d’emblée affirme :

« Je peux dire une chose, c’est que ça ne va pas durer 4 heures », en référence au nombre d’heures qu’avait duré la discussion animée par Sue et Megan en compagnie de Diana Taurasi et Penny Taylor dans leur live hebdomadaire à peine quelques jours auparavant.

Mais d’emblée, Sue prouve qu’elle a du répondant, et réplique au coach de légende : « C’est sûr, tu n’es pas si intéressant que ça. »

Une fois le ton donné, la discussion peut démarrer. Premier sujet abordé par coach Auriemma : le quotidien, et plus particulièrement la préparation physique de Sue en période de confinement. Sue nous apprend alors qu’après quelques jours de dérèglement, elle a su trouver une routine qui lui est propre, lui permettant de continuer à s’entraîner chez elle. N’ayant rien à disposition, elle a tout d’abord commandé du matériel de musculation pouvant être utilisé en intérieur.

Pour le reste, Sue dit ne pas avoir eu l’occasion de shooter depuis de longues semaines, et qu’elle se réjouit donc que que sa sœur ait investi dans un panier de basket flambant neuf, qui trônera désormais dans son allée. Pour ne pas perdre en dextérité durant ces longues semaines de confinement, elle s’est également tournée vers l’application « Home court », qui lui permet de travailler ses gammes, sans ballon, depuis son salon.

Quant à Geno ? Il continue, lui aussi, à entretenir sa forme :

« Je fais du sport tous les jours. Ça me fait beaucoup de bien, ça permet d’avoir un but. Je me lève, je fais du sport, je rentre, je déjeune, je lis, je conduis jusqu’à mon bureau, regarde des séquences de jeu sur mon iPad ou mon ordinateur. »

Parfois, il organise même des réunions avec ses assistants, dont la fameuse Cris Daily. Chacun assis à leur bureau, dans des pièces séparées, les membres du staff d’UConn discutent par téléphone ou caméra interposée. Et si la connexion internet fait des siennes, dit Geno, il suffit de crier pour y remédier. 

Autre sujet abordé, qui bien sûr intéresse tous les amoureux de la WNBA, et l’équipe de Swish Swish en première ligne : la saison WNBA à venir (ou non). Sur un ton un brin provocateur, coach Auriemma pose donc la question fatidique à Sue :

« Qu’est-ce que vous (entendre, l’ensemble des joueuses de WNBA) prévoyez pour cet été ? Vous jouez ou non ? ».

La réponse de Sue est malheureusement celle à laquelle nous nous avons appris à nous habituer au cours des semaines passées :

« Je n’en sais rien, voilà le scoop. Je pense qu’on est tous sur le même bateau. » Plus tard au cours de la discussion, elle précise sa position : « Je pense que, de la même manière que les restrictions ont commencé du côté du sport (beaucoup de personnes ne prenaient pas la pandémie au sérieux avant l’annulation de la saison NBA, NDLR), le retour à la normale finira par le monde du sport. Les événements sportifs avec du public feront partie des dernières choses à se produire. Peut-être que le sport sans public reprendra plus tôt — et ça posera d’autres questions, financières notamment —, mais un événement sportif avec des fans dans les gradins ? C’est ce qui marquera la fin de cette pandémie, selon moi du moins. »

Enfin, parmi les nombreux sujets passionnants abordés par Geno et Sue, celui des potentiels futurs Jeux Olympiques, et de ce à quoi pourrait ressembler le roster de team USA, est venue sur le tapis. Quand Geno demande, une fois encore, à Sue si elle pense que les Jeux Olympiques auront lieu, elle demande tout simplement avec humour à coach Auriemma d’arrêter de la questionner comme si elle était médecin. En revanche, elle raconte que son père, cardiologue de profession, avait quant à lui pressenti assez tôt la gravité de la situation.

Le 20 février dernier, alors qu’il était de passage chez Sue à Seattle, il lui aurait dit, mot pour pour mot :

« Hey Sue, ce virus n’est pas à prendre à la légère. Je ne serais pas surpris que les Jeux Olympiques soit annulés. »

C’est pourquoi, même si elle n’a pas de suite pris les mots de son père totalement au sérieux, Sue dit qu’elle s’était préparée au fait qu’il n’y aurait pas de JO en 2020.

« Reporter, c’est toujours mieux qu’annuler. Donc j’étais contente quand j’ai appris la nouvelle. » 

Comme nous l’avions déjà compris, Sue Bird a donc bel et bien les JO de Tokyo (pour peu qu’ils aient lieu, bien sûr), en vue. Interrogée par son ancien coach sur les propos qu’elle a tenus récemment, affirmant qu’elle ne « souhaiterait pas faire partie de l’équipe si elle ne méritait pas sa place », elle a simplement confirmé cette affirmation, en affirmant, selon une expression chère à Brian Agler :

« The proof will be in the pudding. » (La preuve sera dans le pudding en VF)

Que veut dire cette expression ? Tout simplement, que Sue Bird compte laisser son jeu parler de lui-même. Difficile de se projeter dans plus d’un an, Sue en a conscience. Et en temps venu, elle espère que son jeu fournira aux sceptiques toutes les réponses dont ils auront besoin : 

« Je ne peux pas prédire l’avenir. Je ne peux pas dire à quoi ressemblera l’avenir, que ce soit cet été, ou dans un an. Je ne peux rien dire de tout ça, c’est pourquoi la preuve sera dans le pudding. »

Après plus d’une heure de conversation, la discussion de Sue et Geno a pris fin de la même manière qu’elle avait commencé, sur une pointe d’espièglerie, cette fois-ci sortie de la bouche de la quadruple championne olympique. Alors qu’elle vient de demander à Geno Auriemma s’il accepterait de participer au live qu’elle anime chaque semaine avec Megan, Sue précise aussitôt :

« C’est à 21h, le samedi. Tu ne seras pas déjà au lit ? ».



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