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Satou Sabally, la “Deutsche Qualität” de la Draft 2020

Lorsque l’on pense à la Draft WNBA 2020, le nom de Sabrina Ionescu est inévitable. On croit dur comme fer à la réussite de la meneuse d’Oregon dans la ligue – sans doute à New York, sauf si le manque de jugeote des Knicks a contaminé la direction des Liberty – mais s’intéresser uniquement à elle serait injuste. Il y a du beau monde à mettre en avant en dehors de la machine à records des Ducks. On vous avait par exemple déjà parlé de l’excellente Lauren Cox de Baylor, généralement annoncée très haut dans cette Draft, et de sa lutte contre le diabète. Cette fois, on reste dans le giron de la tornade Ionescu et de celle sans qui elle rayonnerait peut-être moins. Sa coéquipière Satou Sabally a annoncé il y a quelques jours sur ESPN sa décision de zapper sa dernière année à l’université pour se présenter elle aussi à la Draft.

Le choix de l’Allemande de 21 ans est moins anodin qu’il n’y paraît. C’est surtout une excellente nouvelle pour la WNBA et certaines stars de la ligue en sont conscientes. En novembre dernier, Oregon avait créé une petite sensation en dominant Team USA lors d’un match d’exhibition. Les médias avaient les yeux logiquement rivés sur Ionescu, mais c’est bien Satou Sabally qui avait fait la plus forte impression aux membres de la sélection américaine et aux observateurs. Peu après l’exploit au cours duquel elle a inscrit 25 points, la hype est montée d’un cran.

Les highlights de Satou Sabally contre Team USA

Sabally est la joueuse la plus prête à jouer en WNBA en termes de corps, de qualités athlétiques, de sang froid et de jeu des deux côtés du terrain

Skylar Diggins-Smith (Phoenix Mercury)

Voici ce qu’a tweeté Skylar Diggins-Smith présente dans le groupe américain, au sortir de la rencontre.

“Pour moi, Satou Sabally est la joueuse la plus prête à jouer en WNBA en termes de corps, de qualités athlétiques, de sang froid et de jeu des deux côtés du terrain, parmi celles que l’on a affrontées pendant notre tournée contre des équipes universitaires”.

L’une des meilleures meneuses de la ligue n’a donc pas hésité à encenser publiquement une adversaire jeune, non-Américaine et inconnue du grand public. Le tout sans y avoir le moindre intérêt, puisque “SDS” savait déjà à ce moment-là qu’elle n’évoluerait probablement plus à Dallas et sans doute pas dans une équipe en mesure de la drafter…

Sans elle, Ionescu serait-elle aussi forte ?

Le 17 avril prochain, Oregon aura peut-être trois représentantes dans le top 3 de la Draft. Un événement rare qui ne s’est produit qu’en 2016 avec le trio de UConn Breanna Stewart-Moriah Jefferson-Morgan Tuck, premières coéquipières de l’histoire à truster les trois premières places d’une classe de Draft. Qu’importe au final si Sabrina Ionescu, Satou Sabally et l’intérieure Ruthy Hebard marquent à leur tour l’histoire ou non. Elles pourront le faire individuellement dans les années qui viennent, dans des équipes différentes.

Le fait que Sabally rejoigne la WNBA un an plus tôt que prévu pour d’évidentes raisons financières, a en tout cas poussé ESPN à organiser un entretien avec la jeune ailière pour lui permettre d’expliquer son choix. La chaîne phare du sport américain ne fait pas ce genre de choses pour des joueuses banales et a senti qu’il fallait anticiper. Son talent et ce qu’elle peut apporter immédiatement à l’équipe qui misera sur elle feront partie des storylines de la saison 2020. Il faut dire que la Berlinoise respire méchamment le basket. Kelly Graves, son coach chez les Ducks n’hésite d’ailleurs jamais à mettre en avant son importance. Là aussi sur Twitter, Graves a posté une séquence de jeu qui représente bien à ses yeux l’impact de Satou Sabally sur les résultats brillants de sa formation. Une mise en place pour profiter des mismatchs que l’Allemande “créé partout sur le terrain” pour permettre à Sabrina Ionescu d’orchestrer le jeu et de délivrer des assists.

Sa taille (1,93 m), ses qualités techniques et mentales, sa capacité à jouer sur plusieurs postes et son adresse avaient déjà fait d’elle un phénomène en Allemagne, où elle jouait chez les pros à 17 ans. Sabally, dont la sœur Nyara a elle aussi rejoint le campus d’Eugene, est ainsi devenue la première non-Américaine à participer au Jordan Brand Classic en 2017. Son statut d’étrangère est à relativiser, puisqu’elle est née d’une mère allemande et d’un père gambien (l’Anglais est la langue officielle de la Gambie), ce qui lui permet d’être parfaitement bilingue même si elle a grandi à Berlin.

Direction Dallas, Atlanta ou Indiana ?

Depuis ce jour de 2017 où elle a séduit les scouts, sa progression a été constante et facilitée par le fait qu’elle n’était évidemment pas la joueuse la plus ciblée par les adversaires, ni la plus suivie par les médias. Voilà plus de deux ans qu’il n’y en a, assez logiquement, presque que pour Sabrina Ionescu dans l’Oregon. Tranquillement, Satou Sabally a haussé son niveau d’intensité pour en arriver à l’inévitable : son talent ne peut plus, aujourd’hui, passer inaperçu.

Cette saison, Sabally a franchi un cap. L’évolution n’est pas forcément statistique, puisqu’elle marque un peu moins (16.5 points de moyenne contre un peu plus de 17 la saison passée) et fait moins souvent mouche à 3 points. Elle concerne l’attitude et la crainte qu’elle inspire. C’est aussi ce qui explique le statut de favori pour le titre de son équipe. La numéro 0 des Ducks est directement à l’origine de la série en cours de 16 victoires consécutives d’Oregon en NCAA, alors que la March Madness débute dans un mois pile.

A l’heure qu’il est, les prédictions peuvent paraître hasardeuses, mais on n’imagine pas Satou Sabally sortir du top 4 ou 5 de la Draft. Ce qui signifie qu’elle devrait atterrir à Dallas (qui a les picks #2 et #5) à Indiana ou Atlanta. Dans tous les cas, il s’agira donc d’une franchise en reconstruction ou en transition et surtout sans superstar. Sabally a le talent et le charisme pour en devenir une.



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