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Les New York Liberty, un nouveau boss pour un retour au sommet ?

Walt Hopkins est donc le nouveau coach des New York Liberty. L’annonce faite mercredi par la franchise de Big Apple n’est pas anodine. Déjà parce que tout ce qui touche au basket à New York laisse peu de monde indifférent, mais aussi parce que le nouveau venu va piloter un projet ambitieux : celui de remettre les Liberty en haut de l’affiche en WNBA. Et pourquoi pas d’être la première équipe professionnelle de basket de la ville à brandir un trophée depuis… 1973 et le titre des Knicks. 

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Les coéquipières de Tina Charles ont manqué les deux dernières campagnes de playoffs et la franchise a un palmarès vierge bien qu’elle ait été créée en même temps que la ligue il y a 23 ans. Depuis les quatre Finales WNBA perdues entre 1997 et 2002, New York n’a plus réussi de campagne vraiment marquante. Avec l’arrivée de la nouvelle direction, menée par le businessman Joseph Tsai, également propriétaire des Brooklyn Nets, le moment est venu pour NYC de justifier son surnom de “Mecque du basketball”.

 S’être libéré de la présence, même lointaine, de l’infâme James Dolan, est une première bonne nouvelle. Si vous ne connaissez pas les exactions du boss des Knicks, ex-ami intime d’Harvey Weinstein, donateur généreux pour la campagne de Donald Trump, et incompétent notoire pour choisir ceux qu’il charge de gérer la franchise, Internet est votre ami. Cette bonne nouvelle s’accompagne de la garantie de jouer tous les matches à domicile de la saison 2020 sur le parquet du magnifique Barclays Center. Tsai veut mettre tous ses oeufs dans le même panier, à Brooklyn, même s’il n’a pas prévu de retirer New York du nom de la franchise, conscient de l’énorme avantage que cela représente en termes de marketing. 

Avant de se pencher sur les chantiers qui se présentent déjà à Hopkins, formulons quand même un regret. Le même que celui évoqué il y a déjà quelque temps par Dawn Staley, la coach de Team USA. On aurait bien aimé apprendre qu’une Afro-Américaine avait fait acte de candidature et possédait de vraies chances d’être nommée. Environ 88% des joueuses WNBA sont Afro-Américaines ou “de couleur”. Aucune femme noire n’est aujourd’hui head coach dans la ligue, après le licenciement de Pokey Chatman par le Fever à la fin de la saison 2019. L’idée n’est pas de verser dans le militantisme forcené. D’autant que tous les nouveaux coaches nommés, comme Marianne Stanley à Indiana et Hopkins, padawan de Cheryl Reeve à Minnesota, sont très compétents. Simplement, il reste du travail à faire en termes de représentation et d’opportunités…

Etape 1 : la free agency

Walt Hopkins, donc, se voit proposer quelques tâches dans les mois qui viennent pour entamer l’opération conquête. Tout commencera le 15 janvier prochain, avec l’ouverture de la free agency. Le nouveau CBA (Collective Bargaining Agreement) aura, espérons-le, été signé d’ici là. L’une des joueuses libres dans le roster new-yorkais n’est autre que Marine Johannès. L’arrière des Bleues a fait des débuts très remarqués dans la ligue malgré le bilan médiocre de son équipe. La logique voudrait que les Liberty fassent tout pour s’assurer qu’elle poursuive l’aventure avec eux. De ce côté-là, pas de problème. Hopkins est fan de la Normande, c’est presque un euphémisme.

“Marine Johannès est sans aucun doute l’une des joueuses les plus sous-estimées en WNBA. Son talent lui permet de faire des choses incroyables avec le ballon, de délivrer des passes irréelles et de shooter du milieu de terrain sans problème. Marine est une joueuse très spéciale. Mon objectif sera avant tout de développer les aspects où elle excelle d’une manière dont elle ne les a pas encore travaillés”, a expliqué le nouveau head coach dans des propos traduits par nos amis de @WNBAFrance.

Marine Johannès inscrit 22 points contre les Mystics.

Sauf surprise, on verra donc Marine Johannès jouer les virtuoses à New York en 2020, avec un peu plus de chances que son talent soit un peu moins gâché. Elle sera normalement accompagnée de sa coéquipière en sélection Bria Hartley, également en fin de contrat mais a priori partie pour rester elle aussi.

L’autre joueuse libre marquante est évidemment Tina Charles, la superstar de l’équipe. Charles, qui devrait rester à Gotham, sort de sa saison la plus maladroite en carrière (38.9%) et a montré quelques signes de déclin. Le projet de Hopkins est d’entourer de shooteuses la force intérieure qu’est l’ancienne MVP pour l’inciter à se rapprocher de ce qu’elle fait de mieux : dominer au poste. Charles a tenté de s’adapter ces dernières années en prenant plus de shoots à 3 points. Peut-être n’aura-t-elle pas besoin d’artiller autant en 2020. 

Comme l’explique Mechelle Voepel d’ESPN, Walt Hopkins était apprécié des joueuses d’expérience chez les Lynx et la relation qu’il avait nouée avec des stars comme Lindsay Whalen ou Maya Moore, pourrait parfaitement se retranscrire avec Tina Charles. Pro du player development et de l’utilisation des analytics, le coach rookie aura besoin de la confiance et de l’appui de la joueuse la plus expérimentée de son groupe.

Etape 2 : la Draft

En avril prochain, New York choisira en premier lors de la Draft 2020. Pouvoir compter sur le 1st pick est toujours une bonne chose, qu’importe la qualité de la cuvée. Mais lorsqu’un phénomène unique en son genre prévoit de faire ses débuts en WNBA cette année-là, c’est un cadeau du ciel. Sabrina Ionescu, la star des Oregon Ducks, est l’évidence pour ce choix n°1. Sauf cataclysme, c’est elle qui montera sur scène en premier pour aller rejoindre Cathy Engelbert et poser avec un maillot des Liberty. Si vous ne la connaissez pas encore, Ionescu est une machine à triple-doubles dotée d’un moteur exceptionnel, d’un QI basket très élevé et d’une capacité à shooter assez indécente. Avec 21 “TD” en carrière, elle devance toutes les légendes de son sport en la matière, hommes et femmes confondus. L’impact de la meneuse des Ducks sera immédiat et a priori rapidement décisif en WNBA. La ligue doit d’ailleurs se frotter la main de la voir débarquer sur le marché un peu plus prospère qu’est Big Apple, à l’heure où elle cherche justement à poursuivre son développement. 

Etape 3 : Relancer Asia Durr

Pour Hopkins, il s’agira aussi de tabler sur les éléments qui étaient déjà là lors de l’exercice précédent. On pense à Kia Nurse, All-Star la saison passée lors de son année sophomore, mais aussi et surtout à Asia Durr, Draftée en 2e position en 2019, l’arrière a vu sa saison rookie tronquée par une blessure à l’aine. L’ancienne joueuse de Louisville, grosse scoreuse à la fac, a été opérée en septembre et sera normalement à 100% au moment de la reprise de la saison.

“Je fonde de gros espoirs sur Asia. Je pense qu’elle entre complètement dans ce que je veux faire ici en termes de style de jeu. Elle sait gérer balle en main et est très efficace près du cercle. Elle n’a pas besoin d’avoir de grosses stats pour mettre sa patte sur un match”.

Il reste (malheureusement) quatre mois avant la reprise de la WNBA. On vous conseille de surveiller ce qui se passera dans les prochains mois du côté de New York, où les Liberty espèrent être l’une des bonnes surprises de la saison.



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