Dearica Hamby, 6ème femme et bien plus

Souvent dans l’ombre de ses coéquipières : A’ja Wilson, Liz Cambage, Kelsey Plum ou Kayla McBride, Dearica Hamby a su, cette saison, s’imposer au sein du collectif des Aces. Elle a fait rêver les fans de Las Vegas et hante encore sans doute les cauchemars d’une partie des supporters de Chicago. On vous présente aujourd’hui la meilleure 6ème femme de la saison 2019.

Originaire de l’état de Géorgie, Dearica Hamby va entamer, espérons-le bientôt sa sixième saison sous les couleurs de la franchise relocalisée dans le Nevada après avoir été basée au Texas. A l’université, elle joue pour Wake Forest pendant quatre ans. Elle réalise sa meilleure saison pendant son année junior avec une moyenne de 22 points et 11 rebonds par match. L’année 2014-2015 est donc sa dernière année universitaire et elle confirme tout le potentiel entrevu la saison passée. Hamby réalise encore une fois une très belle saison (20.3 points et 10.7 rebonds). C’est après cela qu’elle se présente à la Draft 2015 où elle est choisie en sixième position (tiens, tiens…) par la franchise des San Antonio Stars.

En 2015, à 21 ans, elle effectue donc sa première année dans la franchise du Texas où figurent Kayla McBride, Danielle Robinson ou encore Sydney Colson et Valériane Ayayi. Malgré des résultats collectifs loin d’être glorieux, elle affiche 6.1 points de moyenne par match pour 4.1 rebonds. 2016 n’est pas un meilleur cru pour San Antonio, qui gagne seulement 7 matchs contre 8 en 2015, mais Dearica Hamby continue sa progression (9 points et 5.1 rebonds par matchs) au côté de Dan Hugues. Elle signe sa plus grosse performance avec 15 points et 18 rebonds face à Seattle, mais ne finira pas la saison pour cause de grossesse et donnera naissance à sa fille en février 2017.

De retour à l’entrainement, elle participe à la saison 2017 et parvient à revenir à son niveau sans trop de difficultés (7.8 points et 4.2 rebonds en 20 minutes de moyenne). Les résultats de la franchise n’étant toujours pas satisfaisants, celle-ci déménage à Las Vegas et nomme Bill Laimbeer, en provenance de New York, coach principal. Lors de la saison 2017-2018, elle s’envole pour l’Italie et rejoint le club de Raguse.

Pour cette première expérience, Dearica fait forte impression avec 16.8 points et 10.2 rebonds par matchs. Son équipe finit troisième de la saison régulière et se hisse en finale après avoir éliminé Venise d’un petit point au cinquième match décisif. Elles s’inclinent en finale une fois encore en cinq manches face à l’ogre de Schio. L’été arrivé, Dearica découvre Las Vegas : l’arrivée d’A’ja Wilson dans la raquette incarne le renouveau et l’atmosphère autour des Aces est bien meilleure : 14 victoires au compteur pour cette toute nouvelle franchise qui loupe les play-offs de peu. De son côté, Dearica continue son bout de chemin avec 7.4 points et 3.6 rebonds en 15 minutes de moyenne par match.

Un temps de jeu réduit mais des performances toujours aussi complètes lui permettent de signer en 2019 pour trois saisons supplémentaires. Elle retrouve ensuite Raguse, où elle réalise encore une incroyable saison (18.2 points, 9.4 rebonds et 25.3 d’éval), avec une nouvelle troisième place au classement, toujours derrière Schio et Venise. En demi-finale, Hamby et ses coéquipières éliminent encore Venise en 5 manches après avoir été menées 2-0 et en finale, Schio s’impose en 4 manches.

De retour à Las Vegas, Dearica Hamby se retrouve avec A’ja Wilson et Liz Cambage dans la raquette avec l’obligation d’être à la hauteur des attentes. Et quelle saison ! Au-delà de ses stats (11 points et 7.6 rebonds de moyenne), elle prend parfaitement le relais d’A’ja Wilson lorsque celle-ci se blesse. Mais ce n’est pas tout : l’équipe se qualifie enfin pour les playoffs, une première depuis 2014. Les Aces retrouvent Chicago pour une série bouillante : alors qu’il ne reste que 13 secondes à jouer, les Aces sont menés 92-90, avec la possession de balle pour le Sky. Courtney Vandersloot veut gagner du temps en dribblant dans son propre camp, mais sa passe vers Diamond DeShields est interceptée par Dearica Hamby. Il ne reste que 9 secondes. Sydney Colson est seule sous le panier, mais Hamby shoote du milieu de terrain ou presque et marque le panier le plus incroyable, mais aussi le plus controversé de la saison (le pied de la joueuse de Vegas était en dehors des limites du terrain).

Après avoir vu un fan se tatouer son shoot incroyable sur le mollet, Dearic Hamby quitte, comme Las Vegas, les playoffs, après une défaite face au futur champion, Washington. Elle revient ensuite à Raguse pour une troisième saison consécutive, surfant sur la vague avec 21.2 points, 10.9 rebonds et une évaluation de 30.8 de moyenne par match. Son équipe est classée troisième derrière Schio et Venise, en ayant battu Schio lors des deux rencontres de saison régulière.

Après un match à Milan, l’Italie est placée sous quarantaine pour cause de COVID-19. Dearica et sa fille de 3 ans, Amaya, ainsi que sa mère Carla, sont dans leur appartement en Sicile lorsque le président Donald Trump impose le 12 mars une interdiction de voyager dans les pays européens. Malgré ces difficultés, Dearica Hamby se voit à Las Vegas pour de longues années. A tel point que, convaincue par Bill Laimbeer, qui s’est lui aussi inscrit dans la durée, elle envisage très sérieusement d’acheter une maison à Sin City.

A l’heure actuelle, Dearica Hamby est en position d’attente, comme beaucoup de joueuses amenées à passer une partie de l’année en Europe. Néanmoins, elle préférerait rester aux États-Unis à plein temps. La saison WNBA des Aces, qui devait commencer le 17 mai à domicile, a été reportée à cause du coronavirus.

Dearica commence tout juste à reprendre l’entraînement, après avoir pris une pause bien méritée, même si personne ne sait quand les sports professionnels, y compris la WNBA, reprendront, probablement sans fans dans les tribunes.

Une chose est sûre. Lorsque la saison débutera – on croise les doigts – Dearica Hamby sera, à défaut d’être la joueuse au CV le plus ronflant, un élément-clé de l’une des franchises les plus ambitieuses de la WNBA.



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