Mike Thibault nous parle de sa carrière, sa famille et d’Emma Meesseman

Présent depuis 18 ans en WNBA, Mike Thibault en est le coach le plus victorieux en saison régulière. L’année dernière fut celle de la consécration avec, enfin, une première bague avec son équipe des Washington Mystics.

Entre deux vidéoconférences de préparation de la saison à venir, il a eu la grande gentillesse de nous accorder une interview. Au menu, le confinement et sa vie de coach, sa longue et prolifique carrière, et, bien sûr, sa relation avec Emma “EmmVP” Meesseman.

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Tout d’abord, j’espère que vous vous portez bien en cette période particulière. Je ne sais pas si vous êtes toujours confiné à Washington ?

Mike Thibault : J’arrive à sortir un peu tous les jours, pour faire de l’exercice, aller vers le National Hall pour une promenade avec ma femme. C’est notre moment à l’extérieur. Sinon, on passe beaucoup de temps à l’intérieur, dans notre appartement. Les mois sont longs, comme pour tout le monde.

Est-ce que les joueuses ont accès aux installations ?

Ça a commencé il y a une dizaine de jours (environ le 15 juin ndlr). Nous étions un peu à la traine par rapport à la NBA, en partie parce que la moitié de la ligue appartient à des équipes NBA, mais l’autre moitié ne l’est pas. Nous avons donc dû nous assurer que tout le monde au sein de la ligue était bien au point sur tous les protocoles médicaux nécessaires pour réaliser les entraînements.

Et donc les joueuses y ont accès mais de manière très limitée. Elles viennent. Elles peuvent faire des entraînements individuels avec un coach qui prend les rebonds et passe la balle. Le coach doit porter un masque. Tous les jours, quand les joueuses viennent, elles ont un check-up médical et, ensuite, elles ont un espace dédié pour mettre leurs chaussures et c’est très, très contrôlé. On nettoie les équipements entre chaque groupe de joueuses qui vient. Donc ce n’est pas juste traverser la rue, entrer dans la salle et commencer à shooter. On est très stricts dans ce qu’on fait afin d’essayer de faire en sorte que tout le monde soit en sécurité.

Je suppose qu’en tant que coach, c’est très différent aussi. Comment avez-vous réussi à préparer l’équipe dans ces circonstances ?

Principalement par vidéoconférence. On a communiqué avec toutes nos joueuses depuis le début. On fait un check-up médical quotidien avec nos joueuses et nos entraîneurs pour s’assurer que tout le monde se sent bien. Tous nos entraîneurs essaient de texter ou appeler les joueuses chaque semaine et ensuite on fait des vidéoconférences où pendant la conférence ils vont faire les exercices avec l’entraineur qui dirige. Notre préparateur physique vient également et donne des exercices adaptés.

Nous avons également fait des appels vidéo où on leur a montré des films qu’on leur a envoyé et on en discute. Ça a été des vidéos de scouting. On a parlé du documentaire de Michael Jordan The Last Dance. Une autre fois j’ai pris des situations de fin de match ou de quart-temps et on a parlé des différentes stratégies. Et ainsi garder tout le monde impliqué même à distance et aussi leur donner un peu d’exercices. Beaucoup de nos joueuses n’avaient pas accès à un panier. Certaines en avaient, mais la plupart non. Donc elles devaient trouver d’autres solutions pour rester en forme. Quand elles viendront ici, on pourra rajouter des exercices de shoot mais on ne fera rien en groupe avant le camp du mois de juillet.

Maintenant, revenons longtemps en arrière. En 1984. Je pense que vous étiez dans cette fameuse pièce lors de la Draft NBA, avec le Front-Office des Chicago Bulls (Mike Thibault est alors directeur du scouting pour les Bulls, ndlr). Qu’avez-vous pensé quand vous avez vu Portland sélectionner Sam Bowie en 2e position ?

(Rire) Nous étions tous ravis ! Si nous avions eu le premier choix, nous aurions probablement pris Olajuwon. Mais après Olajuwon, Michael Jordan était le gars que nous voulions, que ce soit avec le second ou le troisième choix. En tout cas, je dis “nous”, Rod Thorn (le GM des Chicago Bulls en 1984 ndlr) et moi-même, c’est lui que nous voulions. Il y avait d’autres opinions dans la pièce. Certains voulaient un intérieur parce que c’était probablement notre plus grand besoin à l’époque, mais on ne pouvait pas se permettre de passer sur quelqu’un dont nous pressentions qu’il avait le potentiel pour devenir une star.

Bon choix. (rire)

Dans vos premières années comme scout et ensuite en tant que coach dans des ligues mineures ou assistant en NBA, vous opériez dans des ligues masculines. Ensuite, en 2003, vous êtes engagés en WNBA par le Connecticut Sun et vous commencez à travailler avec des femmes. Est-ce quelque chose que vous souhaitiez ou juste une opportunité que vous avez saisie et que vous n’avez plus jamais quittée ?

Je pense que c’est une combinaison de plusieurs choses. La première, c’est que je savais qu’en NBA, je resterais probablement assistant la plus grande partie de ma vie. Comme je n’avais pas joué en NBA ou fait de choses de ce genre, je ne pensais pas qu’une vraie opportunité de coacher en NBA se présenterait. Et je voulais être coach principal. La seconde, c’est que ma fille était jeune. Elle avait probablement 10 ou 11 ans et elle commençait à jouer au basket. Elle n’arrêtait pas de me dire : “Hey papa, on a besoin de mettre le paquet sur le basket féminin”. J’avais des amis coachs ou GM en WNBA qui m’ont dit qu’ils pensaient que ça me plairait et que je devrais essayer pour voir ce que j’en pensais.

L’opportunité est venue de Connecticut et ça a marché. On s’est interviewé mutuellement et on s’est lancé. Ça a semblé la bonne chose à faire au bon moment. Mais je ne savais pas à l’époque combien de temps je ferais ça et si je le ferais toute ma vie. Je pensais que si la bonne opportunité d’aller en NBA se présentait, j’y songerais sérieusement. Mais me voilà, 18 ans plus tard. J’ai eu 4 ou 5 occasions de retourner en NBA mais c’est ici que je suis. J’adore ce que je fais. J’essaye d’avoir un impact. Ça a été une très bonne chose pour ma famille et on adore ça.

En parlant de votre famille, vous travaillez avec votre fils, Eric, comme assistant. Qu’est-ce que ça fait de travailler avec son propre fils ? Est-ce que ça amène de la tension supplémentaire ou au contraire une certaine alchimie naturelle ?

Ça a été génial. Bien sûr, on a nos jours où on se cherche probablement plus que dans une relation normale de head coach et d’assistant parce que c’est le genre de dynamique que nous avons dans notre vie. On aime débattre. Je pense que les premières années, le reste des membres de mon staff retenaient un peu leur souffle quand on débattait, parce qu’ils n’étaient pas habitués à ça. Mais à aucun moment il n’y a eu de désaccord qui ait duré. J’encourage mes assistants en général à donner leur opinion, à débattre des choses, s’accrocher à ce en quoi ils croient. Je leur fais confiance pour essayer de me faire changer d’avis sur certains sujets. Je pense que c’est sain. Et je pense que lui comme moi avons réussi à gérer cela aussi bien que possible. Parce que quand vous êtes en désaccord avec quelqu’un quand vous coachez, vous pouvez toujours vous isoler. Ce n’est pas aussi vrai quand c’est un membre de votre famille. Nous ne vivons pas dans la même maison mais on se voit plus souvent que la plupart des parents avec leurs enfants. Il y a une dynamique différente. Je pense que dans l’ensemble, ça a été très satisfaisant. Vous n’avez pas souvent la chance de pouvoir garder ce contact avec vos enfants habituellement. Et ça a rendu notre relation très spéciale.

Votre fille est également coach (en tant qu’assistante de Lindsay Whalen à l’université du Minnesota). Votre épouse est donc complètement immergée dans le basket. Est-ce que vous parlez des matchs lors des repas de famille ?

Parfois. On essaye de garder un certain équilibre, mais c’est dur d’éviter le sujet. Le mari de ma fille est également coach et la femme de mon fils est préparatrice physique dans le basket, donc mon épouse est vraiment entourée. Mais je pense que nous avons tellement d’autres centres d’intérêt que nous pouvons parler de beaucoup d’autres choses. On revient régulièrement sur ce qui vient de se passer dans le monde du basket. Mais on ne parle pas trop de stratégie ou de choses de ce genre. On parle plutôt des situations personnelles et des expériences de chacun, pas spécialement des rouages du coaching. On parle des choses qui accompagnent le jeu. On partage nos expériences et nos différentes idées.

Ma fille et son mari étant coachs au niveau universitaire, ils voient les choses différemment parce qu’ils entrainent des joueurs beaucoup plus jeunes. Cela leur donne un certain point de vue. Je suis une personne plus âgée qui voit donc ça avec un autre œil et qui entraine depuis avant leur naissance. Donc on a tous des points de vue différents et c’est assez marrant à partager. Mais nous avons clairement d’autres choses dans nos vies dont nous parlons, que ça soit la politique, la musique, le cinéma. Ça fait toujours partie de la conversation.

Pour nos lecteurs belges, parlons un peu d’Emma Meesseman. La saison dernière, on a vu nouvelle étape dans sa magnifique carrière. Est-ce quelque chose que vous saviez possible ? Quel était le projet quand vous l’avez draftée ?

J’ai su que c’était possible quand je l’ai vue jouer pour nous. C’est une joueuse spéciale. Quand on l’a draftée, elle avait 19 ans. Je ne l’avais pas vu jouer ailleurs qu’en vidéo. Mais nous avons pris une joueuse en nous disant : “C’est le genre de panoplie technique que nous recherchons”. Une joueuse athlétique au poste qui peut faire beaucoup d’autres choses. C’est une très bonne passeuse. Elle sait shooter. Elle a été bien coachée quand elle était jeune. Et je pense que c’est le reflet de comment elle a été éduquée chez elle. Sa maman a joué et elle a eu de bons entraîneurs autour d’elle. Et ça lui a donné de superbes fondamentaux pour débuter.

Mais quand elle est venue ici pour la première fois c’était marrant parce qu’elle ne pensait pas qu’elle y arriverait. Elle pensait qu’elle était là pour quelques semaines. Elle n’avait pas amené assez de vêtements pour son premier séjour. Elle a dû demander qu’on lui en envoie de chez elle. Je pense qu’elle croyait rester une semaine et puis rentrer chez elle. Mais évidemment ça n’a pas été le cas. J’ai dit à notre staff quand on l’a draftée : “Peu importe ce qui se passe, quand elle vient, on la garde”. Et j’ai essayé de lui expliquer ça. Mais je ne pense pas qu’elle a compris à ce moment là que nous allions la garder et lui laisser le temps de se développer et de s’améliorer.

Je pense qu’elle a eu des moments où je l’ai frustrée et des moments où elle m’a frustré parce que je l’ai toujours poussée à être une grande joueuse. Et je ne sais pas si, en tant que jeune joueuse, elle voyait à quel point elle pouvait être forte. Elle le voit clairement maintenant. Je pense que l’année dernière était, je l’espère, la dernière étape pour un déclic mental et une prise de conscience : “Hey, je peux prendre un match à mon compte. Je peux avoir un énorme impact sur la victoire de mon équipe.”

On lui a dit l’année dernière lorsqu’elle est venue. Elle était la pièce manquante. Et je pense à nouveau qu’elle ne le réalisait pas et ne se rendait pas compte de l’effet qu’elle pouvait avoir sur l’équipe et à quel point ses coéquipières voulaient la voir prendre un match à son compte. Je pense qu’elle en avait pris partiellement conscience dans les années précédentes mais l’année dernière les choses se sont vraiment mises en place.

Ce manque d’agressivité, est-ce cela le principal défaut dans le jeu d’Emma ? Votre plus grand challenge concernant sa progression ?

Je ne sais pas si j’appellerais ça de l’agressivité. Je dirais qu’il s’agit de comprendre que ce n’est pas négatif de prendre un match à son compte. Je pense qu’elle est, par nature, une joueuse très altruiste, ce qui est une grande qualité. Mais je pense que parfois vous pouvez être plus égoïste. Je lui dis souvent : “Tu n’aides pas l’équipe en étant trop altruiste. Parfois, tu passes la balle, quand l’horloge tourne, à une coéquipière qui shoote moins bien que toi parce qu’elle est ouverte. Tu avais toi-même une plutôt bonne opportunité et tu fais la passe parce qu’elle est ouverte. Mais parfois, si une joueuse est ouverte, c’est pour une bonne raison (rire).

Si tu shootes à 50%, que tu es ouverte et que tu passes la balle à une joueuse qui shoote à 40%, ce n’est pas une bonne action pour ton équipe. Je comprends pourquoi tu as fait ça. Parce que tu as vu une coéquipière démarquée. Mais parfois, tu dois être la joueuse qui fait la différence pour son équipe. Et je pense que c’était la dernière étape pour elle. Tu n’es pas égoïste quand tu fais ça. Tu es juste en train de faire ce qu’il faut. Je pense que ça fait partie d’une certaine maturité qu’elle acquiert.

Et pour cela, la nation belge tout entière vous remercie. C’est quelque chose que nous avons vu de plus en plus fréquemment avec l’équipe nationale. (rire)

Au cours de votre carrière, vous avez eu plusieurs joueuses européennes dans vos effectifs. Évidemment, Emma et Kim Mestdagh l’année dernière mais également Sandrine Gruda ou Margo Dydek à Connecticut. Voyez-vous une différence entre les joueuses européennes et américaines ?

C’était bien plus le cas avant qu’aujourd’hui Je pense que l’écart se réduit maintenant dans la manière dont le jeu se joue et est enseigné. Mais je dirais que quand Emma était plus jeune, la différence était que les joueuses européennes avaient plus d’opportunités de développer leur jeu de manière plus complète, d’avoir plus de capacités techniques. Je pense que pendant longtemps, les joueuses américaines étaient mises dans des cases à un âge trop jeune. Tu es une intérieure, tu es une meneuse, tu es ceci… Je pense qu’on disait plus aux européennes, dans la manière dont on les coachait, “tu es une joueuse de basket et tu vas apprendre comment faire toutes ces choses”. Et ça leur donnait un avantage.

Je pense qu’on voit ça de moins en moins aux États-Unis maintenant. On voit plus de joueuses complètes. Je pense juste que les coachs mettaient les joueuses dans des catégories dans lesquelles elles n’avaient pas besoin d’être mises. J’aime avoir des joueuses qui sont juste des joueuses de basket. Je ne veux pas leur mettre d’étiquette. Je pense que c’était la principale différence. Mais je pense que cela diminue par rapport à il y a sept, huit ou neuf ans.

Une petite question piège : Vous avez coaché ces deux athlètes. Dernière action du match, vous avez deux points de retard. A leur prime, vous préférez donner la balle à Elena Delle Donne ou Ray Allen ? (Mike Thibault l’a coaché comme assistant aux Bucks de 1998 à 2002 ndlr)

Oh purée, je ne sais pas (rire). La différence pourrait aller en faveur d’Elena. Elle peut aller chercher son tir à n’importe quel endroit du terrain. Elle peut emmener son vis-à-vis au poste ou l’attirer à l’extérieur et ça n’aura pas spécialement d’importance par qui elle est défendue. C’est plus difficile de faire jouer Ray Allen au poste. Ce sont tous les deux de très bons shooteur à 3 points ou au lancer donc ce n’est pas ça qui va faire la différence. Mais je pense que si vous élaborez une action décisive, Elena a plus de choses qu’elle peut faire. Ray Allen recevait beaucoup de tirs ouverts grâce à ses coéquipiers. Elena crée les shoots ouverts pour ses coéquipières et pour elle-même. C’est la différence que je vois entre ce genre de joueurs.

Quelle est la plus grande fierté dans votre carrière ? Quelques propositions : Le titre des Washington Mystics ? Vos 3 trophées de coach de l’année ? Le MVP des Finales d’Emma Meesseman ? Lindsay Whalen qui débute une carrière de coach ?

Wow, bon sang… Je n’ai clairement pas une seule chose. Ce que je ne prends même pas en considération, c’est le coach de l’année. Ça n’a aucune importance. C’est juste une question d’avoir les bonnes joueuses qui adhèrent à ce que vous faites.

Je mets plutôt en avant la manière dont vous gagnez dans son ensemble. Là où j’ai commencé à entraîner, je coachais une équipe de lycée et on a gagné un championnat. J’étais aussi heureux pour ces joueurs que je ne l’étais pour les joueuses des Mystics l’année dernière. Parce que, peu importe l’équipe, les joueurs passent par les mêmes épreuves, ont des hauts et des bas dans une saison. Et je pense qu’en tant que coach, vous êtes un prof, vous êtes un père, vous êtes ce que vous voulez. Vous voulez voir ces gens réussir parce qu’ils ont bossé pour ça. Et ces gamins de 15 ans, il y a 40 ans pour moi, étaient aussi importants que mes joueuses aujourd’hui. La seule différence, c’est que ces joueurs jouaient dans un gymnase devant peut-être 100 personnes et que c’est différent de quand vous passez à la télé dans le monde entier et que vos joueuses ont du succès. Mais je pense qu’en tant que coach, vous ne pouvez pas facilement comparer toutes ces choses-là.

Quand j’étais un jeune coach et que je suis arrivé en NBA, j’étais le plus jeune assistant de la ligue. J’ai pris part à deux titres (1980 et 1982 avec les Los Angeles Lakers ndlr) alors que j’étais jeune et je ne pense pas que j’ai compris à l’époque à quel point c’était dur. Le dernier avec les Mystics m’a donné beaucoup plus de satisfaction parce que, depuis le temps que je fais ça, je comprends maintenant à quel point c’est dur d’être la dernière équipe encore debout. Vous devez avoir les bons événements qui se succèdent, vous devez rester en bonne santé. Je pense que la meilleure équipe que j’ai jamais coachée c’est quand nous avons été en Finales avec Connecticut (en 2005 ndlr). On a affronté Sacramento en Finales. Et puis Lindsay Whalen s’est blessée durant le Game 1 et nous avons joué sans notre meneuse titulaire pendant une grande partie des Finales. Et vous comprenez à quel point ça peut changer. Vous pouvez être très fort et puis quelque chose se produit et vous perdez. Vous ne pouvez pas, en tant que coach, mettre tous vos œufs dans le même panier et dire “Ça c’est le truc ultime dans ma carrière”. Je ne pense pas que vous puissiez dire ça.

L’un des moments les plus satisfaisants, celui qui m’a rendu le plus fier, juste parce que ça signifie beaucoup, et je pense qu’Emma pourra vous le dire, c’est quand vous représentez votre pays et que vous gagnez quelque chose. Quand nous avons gagné la médaille d’or aux Jeux Olympiques en 2008, à Pékin, je me rappelle m’être assis avec mon fils, qui venait d’avoir 21 ans. On a pris un cigare et bu quelques verres ce soir là et nous étions vraiment fiers. Vous vivez tous ces moments en tant que coach. Je ne sais pas si on sait en isoler un aussi facilement.

Dernière question, pour le fun. Je sais que, plus jeune, vous vouliez être une rockstar (rire) et vous jouiez de la batterie dans un groupe. Quel est votre groupe et votre batteur préféré ?

Je ne sais pas si j’ai un batteur préféré. Quand j’étais jeune, beaucoup de gens écoutaient un type comme Ginger Baker du groupe Cream, c’était en pleine ère rock and roll. C’était un des batteurs les plus connus. En ce qui me concerne, j’avais un tas de groupes que j’aimais bien. J’adorais Earth, Wind and Fire. Il y a un groupe du nom de Tower of Power qui provient d’Oakland, Californie. J’aime ce genre de musique. J’ai joué dans des groupes où on jouait un tas de genres de musique. On jouait du rock, on jouait de la soul. On faisait de tout. Je suis le genre de personne qui apprécie tous les genres de musique. Mais si je ne devais en garder qu’une à écouter, ce serait ces groupes de funk ou de soul avec des cuivres et ce genre de chose. J’adore ça.

Est-ce que vous avez un souhait pour la saison ou les années à venir ?

Vous savez, c’est marrant. Chaque saison, lorsque vous la commencez, votre but est de gagner un championnat. Personne n’a réalisé de back-to-back dans notre ligue depuis 18 ans. Notre équipe va être un peu différente cette année avec certaines joueuses qui ne joueront pas, mais je pense que nous avons tout de même une chance d’être compétitifs. Je regarde chaque année comme une nouvelle expérience. J’essaye d’apprécier le chemin parcouru pendant l’année. Parce que vous allez avoir des hauts et des bas et différents moments. On a une règle avec mon staff. On essaye de rire au moins une fois chaque jour. Et ça arrive souvent grâce aux joueuses qui sont sur le terrain ou aux gens en coulisses (rire) .

Je pense que vous devez envisager chaque nouvelle saison comme un enseignant le fait à la rentrée des classes. Vous avez un groupe qui va être un peu différent du précédent. Il va agir différemment, avoir différentes expériences. Et vous devez essayer de profiter au maximum de chaque journée. On joue un jeu pour enfants et on est payés pour le faire. Donc on se doit de prendre du plaisir à chaque journée et d’en profiter au maximum. Si ce sentiment s’arrête, alors ça veut dire que vous devriez arrêter.



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