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La jeunesse au pouvoir : zoom sur les Rookies

Le 10 Avril dernier se déroulait la draft WNBA 2019 et nous avons eu le plaisir, à cette occasion, de voir arriver dans la green room, parées de leurs plus beaux atours, la relève du basket féminin made in US. Les spéculations vont alors bon train sur leur adaptation au jeu WNBA, leur intégration à leurs équipes respectives, les responsabilités qui vont leur être confiées et finalement, la question cruciale, centrale : qui sera désignée Rookie of the Year ?

Quelques mois plus tard, en sortie de All-Star Break, force est de constater que les matchs écoulés nous ont apporté leur lot de réponses, ou au moins de tendances. Certaines rookies ont confirmé le talent entrevu en NCAAW, d’autres ont déçu et tardent à exploser alors qu’enfin, certaines ont mordu à pleines dents l’opportunité offerte et dépassent les espérances des observateurs. Arrêtons-nous donc un instant pour faire le point sur les performances de 5 Rookies qui ont particulièrement marqué cette première moitié de saison.

Napheesa Collier – Minnesota Lynx

© Lorie Shaull

Sélectionnée en 6e position, Napheesa Collier a directement été pointée comme potentiel petit steal de cette draft. Et il n’a pas fallu longtemps pour que l’ailière de Minnesota confirme l’étendue de son talent. Lors de son premier match chez les pros, Napheesa n’a pas le temps : 27 Points, 6 rebonds, 2 interceptions et 3 contres. La demoiselle était prête ? Vous êtes sûrs ?

Si depuis, elle n’a évidemment pas pu poursuivre indéfiniment cette incroyable production statistique, Napheesa possède quand même parmi les meilleurs arguments de cette cuvée de rookies. Bénéficiant de l’absence cette année de Maya Moore à son poste, elle a été titularisée lors des 21 sorties de Minnesota et joue une moyenne de 32.3 minutes par matchs, ce qui en fait la rookie la plus responsabilisée de cette cuvée. Elle est d’ailleurs la joueuse la plus utilisée de l’effectif des Lynx à l’heure où ces lignes sont écrites.

Au niveau de sa production globale individuelle, Napheesa pose une moyenne par match de 11.8 points, soit la troisième marque de son équipe derrière les taulières Odyssey Sims et Sylvia Fowles, excusez du peu. Ajoutez à cela 6.5 rebonds, 2.3 passes décisives, 1.9 interceptions (6e de la ligue) et 1 contre et vous avez le compte. Napheesa sait tout faire et le fait relativement bien. Et si c’est à ça que ressemblent ses deux premiers mois de compétition, nous sommes tous impatients de suivre la suite de sa carrière.

Au niveau collectif, Napheesa s’est parfaitement intégrée dans le jeu léché de Minnesota et participe aux relativement bons résultats de l’équipe. Actuellement tout juste playoffables, mais avec une petite avance sur la 9e place à l’heure où nous écrivons ces lignes, Les Lynx sont en position de pouvoir accrocher les playoffs et nous avons déjà hâte de voir ce que donnera Napheesa Collier lorsque commenceront les choses sérieuses.

Forte de l’impression laissée lors de son premier match, suivie par d’autres performances de bonnes factures, Napheesa Collier a été citée pendant tout le premier quart de saison comme favorite et pratiquement unique candidate au titre de Rookie of the year. Notons également que Napheesa vient d’être sélectionnée pour le match des étoiles, en remplacement d’A’ja Wilson, blessée. Un argument de plus ajouter au dossier de la native du Missouri. Cependant, depuis, quelques candidates sont venues rappeler que la saison régulière, et les trophées individuels qui y sont attachés, sont un marathon et que c’est sur la ligne d’arrivée que se mesure le vainqueur.

Teaira McCowan – Indiana Fever

Contrairement à sa collègue de Minnesota, Teaira McCowan a démarré sa saison de manière beaucoup plus discrète. Parfois citée comme potentielle numéro 1 de Draft, et finalement choisie en 3e position par Indiana, Teaira se voit en premier lieu accordée un rôle en sortie de banc avec des réussites diverses.

C’est lors du 9e match du Fever que Teaira sera starter pour la première fois chez les pros. En résultera un gros double-double sur base de 14 points et 15 rebonds sur Atlanta. Depuis, elle s’est vue proposer ce rôle de starter à 9 reprises pour un double-double de moyenne lorsqu’elle débute les matchs.

En moyenne générale, Teaira met 7.2 points par match. Elle prend également 8.3 rebonds et pose 1.4 contre, ce qui en fait la meilleure rebondeuse et contreuse de son équipe mais également de sa classe de rookie. Elle est en fait dans le top 10 des contreuses de la ligue et 4e meilleure rebondeuse. Tout comme Napheesa, Teaira était on ne peut plus prête.

C’est au niveau collectif que les choses se gâtent. En effet le Fever peine à enchaîner les victoires et a déjà pris un sérieux retard dans la course aux places playoffables. Cependant, alors qu’ils étaient annoncés bon derniers de la ligue suivant les prédictions d’avant-saison, au final, l’équipe produit du jeu malgré les défaites, à l’image d’Erica Wheeler, MVP récente du All-Star Game.

Si Teaira McCowan repousse Natalie Achonwa sur le banc et gagne ses galons de titulaires de manière définitive, tout en produisant son double-double, elle pourra venir inscrire son nom dans les candidats à la Rookie of the year. Si en plus, Indiana se mettait à enchaîner des victoires avec la contribution de sa jeune pivot, peut-être que les certitudes autour de Napheesa s’effriterait. C’est en tout cas tout ce qu’on peut lui souhaiter.

Arike Ogunbowale – Dallas Wings

Sélectionnée en 5e position par les Wings, Arike Ogunbowale sortait de deux saisons extrêmement pleines avec l’université Notre-Dame ponctuées de deux finales NCAAW dont la première gagnée grâce à la clutchitude de la native de Milwaukee. Changement d’univers donc pour Arike qui débarque dans une équipe de Dallas décimée par le départ de Liz Cambage, tradée à Las Vegas, et l’absence pour raison personnelle de Skylar Diggins-Smith.

Arike arrive donc dans une équipe avec de la place pour se développer et Coach Agler ne vas pas hésiter à responsabiliser la Rookie à hauteur de 29.5 minutes par match, la deuxième plus grande utilisation chez les rookies.

Et Arike sait quoi faire de ses minutes. Tous les observateurs le savent depuis son arrivée en circuit universitaire : Arike gets buckets ! Et son arrivée en WNBA ne va pas changer cette tendance. Arike pose la bagatelle de 15.0 points par match, soit la meilleure scoreuse, et de loin, parmi les rookies, et dans le top 10 des scoreuses de la ligue. Elle est d’ailleurs également largement la meilleure scoreuse de son équipe.

Si Arike score en masse, c’est par contre l’essentiel de ce qu’elle fait. Cependant, dans la saison compliquée des Wings, le scoring d’Arike semble essentiel pour tenir la tête de l’équipe hors de l’eau. Cela n’empêche néanmoins pas Dallas de zoner dans les profondeurs du classement, tout juste sauvé de la dernière place par la saison catastrophique d’Atlanta.

Dans le jeu toutefois, on a pu entrapercevoir de bonnes séquences. Le problème principal de l’équipe étant de tenir la distance sur 40 minutes et ne pas craquer dans le dernier quart-temps. C’est sans doute inévitable quand l’équipe repose en partie sur le talent d’une rookie, mais si Arike parvenait à porter son équipe dans ces moments, transposer son scoring dans le clutch time, comme elle savait si bien le faire à Notre Dame, et faire de meilleurs choix bien souvent, son dossier s’en trouverait d’autant plus crédible.

Asia Durr – New York Liberty

Pressentie elle-aussi tout un temps à la première place de la Draft, suite à la défection surprise de Sabrina Ionescu, c’est finalement à New-York, en 2e position, qu’Asia Durr pose ses valises. Très vite, les observateurs sentent que le Fit peut être bon et mettent un billet sur Asia comme potentielle ROY.

Nul ne doute que le talent de l’ancienne arrière des Louisville Cardinals pourra s’exprimer en WNBA et il ne faudra pas bien longtemps pour qu’Asia prouve qu’elle-aussi était prête pour l’étape suivante. Sa coach y croit également et la responsabilise à hauteur de 27.0 minutes par match, la troisième plus grosse utilisation chez les rookies.

Asia est avant tout une scoreuse et contribue au scoring de son équipe à hauteur de 9.9 points par match, ce qui en fait la troisième scoreuse de son équipe, derrière les inévitables Tina Charles et Kia Nurse, mais également la troisième scoreuse chez les rookies, après Arike Ogunbowale et Napheesa Collier.

Collectivement, si le Liberty peine à trouver le chemin de la victoire, la situation est néanmoins moins catastrophique que pronostiquée en début de saison. Bien qu’accusant un petit retard sur la 8e place, le Liberty n’est pas encore largué de la course aux playoffs et espère bien faire le push en deuxième partie de saison, d’autant plus avec le renfort de Marine Johannes.

Marine Johannes pourrait d’ailleurs influencer le dossier de sa collègue sur les lignes arrières du Liberty. En effet, attendue avec impatience depuis le début de saison, la future arrière de l’ASVEL, a attendu la fin de ses obligations avec l’équipe de France pour rejoindre l’effectif des new-yorkaises. Attente méritée puisque Marine, lors de sa troisième sortie avec le Liberty, confirmera tout le bien qu’on pense d’elle avec un match complet et exceptionnellement propre.

Les cartes risquent-elles donc de se redistribuer dans le backcourt new-yorkais ? Marine pourrait-elle faire de l’ombre à sa coéquipière Asia dans la course au trophée individuel ? Ou a-t-elle encore assez de temps pour elle-même se faire un nom et rappeler aux américains que les couleurs bleu, blanc et rouge ne se déclinent pas qu’en bannière étoilée ?

Il sera en tout cas intéressant de voir la seconde moitié de saison du Liberty et comment la coach Katie Smith va hiérarchiser cette situation et gérer ses deux rookies talentueuses et émergentes. Suivant le scénario, les cartes pourraient s’en trouver redistribuées.

Jackie Young – Las Vegas Aces

© Lorie Shaull

Peu de gens avaient pressenti la sélection de Jackie Young en première position de la Draft 2019 mais c’est finalement à Las Vegas que l’ancienne arrière de Notre-Dame pose ses valises. Quelques semaines plus tard, le trade de Liz Cambage faisait entrer les Aces dans une autre dimension.

Avec leur 5 majeur de feu, Las Vegas fait directement son entrée dans le club des candidats au titre et c’est donc avec un rôle très différent de ses camarades de cuvée que Jackie Young démarre sa carrière chez les pros. Asia Durr et Teaira McCowan sont arrivées dans des équipes avec des ambitions limitées et peuvent donc briller, Arike Ogunbowale a carrément open-bar à Dallas tandis que Napheesa est bien aidée par l’absence de Maya Moore. A La Vegas, quand vous avez déjà Kelsey Plum, Kayla McBride, A’ja Wilson et Liz Cambage sur le terrain, vous savez que la place pour s’exprimer est plus restreinte, d’autant plus dans une équipe qui gagne et qui a de grandes ambitions.

Et Jackie Young dans tout ça ? Malgré toutes ces contraintes, force est de constater que la rookie n’a pas froid aux yeux et a répondu aux attentes. Ainsi elle a été titulaire lors des 23 sorties des Aces pour une utilisation de 21.7 minutes par match. Si cette moyenne est bien inférieure à celles de Napheesa, Arike et Asia, elle n’en reste pas moins la 4e parmi les rookies. C’est donc des responsabilités très honorables, compte tenu de la concurrence au sein de l’effectif des Aces, qui sont confiées à la native de l’Indiana.

Avec ces minutes, Jackie se voit confier un rôle plus en soutien des grosses scoreuses que sont McBride, Wilson et Cambage. Elle totalise donc une moyenne de 5.7 points par match, ce qui n’en fait que la 6e parmi les rookies. Elle totalise cependant également 4.3 passes décisives par match, meilleure moyenne assez largement parmi les rookies, et onzième moyenne de la ligue. Vous pouvez ajouter à cela 0.9 interception par match, la troisième meilleure moyenne de sa classe. Un dernier point intéressant à noter niveau statistiques est le ratio passes décisives/balles perdues qui est de 3.09, soit le meilleur ratio de son équipe et de sa cuvée. Si on regarde les joueuses à plus de 15 matchs joués dans la ligue, seule Natasha Cloud fait mieux avec un ratio de 4.00. Propre !

C’est donc dans ce rôle, un peu en retrait mais propre et efficace, que Jackie Young aide Las Vegas dans sa quête du titre. Et le moins qu’on puisse dire c’est que collectivement ça marche ! Au niveau des résultats collectifs, Jackie Young écrase la concurrence citée plus tôt. Les Aces flirtent avec le podium depuis pratiquement l’entame de saison et sont, à l’heure où nous écrivons ces lignes, 3e. Et Jackie Young en est la meneuse titulaire.

Malgré le bilan collectif largement supérieur à ses concurrentes, Jackie Young peut-elle prétendre entrer dans la discussion du trophée de la Rookie of the Year ? Cela semble difficile à croire au vu de son rôle plus discret et de sa production, globalement inférieure. Au niveau de sa carrière personnelle néanmoins, apprendre un rôle et l’exécuter parfaitement dans une équipe qui gagne et qui a de grandes ambitions semble une parfaite entrée en matière pour la numéro 1 de la dernière Draft et très prometteur pour la suite sa carrière. De toute façon, nulle doute que si on lui demande son avis, Jackie nous répondra qu’elle préfère un titre WNBA à un trophée de ROY. Et c’est tout ce qu’on peut souhaiter aux Aces.

L’avis de la rédaction

Avant de vous quitter, Swish-Swish a décidé de se mouiller et de vous donner son pronostic pour la Rookie de l’année. On sort la boule de cristal, on éventre des poulets, on lit le marc de café, voici ce que nous voyons pour le futur…

Florian : “J’ai beaucoup hésité sur ce trophée au fil des semaines. Dans un premier temps, j’étais comme tout le monde subjugué par les performances de Napheesa Collier et puis, petit à petit, je me suis dit que la course serait plus serrée que prévu. J’ai pensé un temps que Arike Ogunbowale et Teaira McCowan, quand elle a commencé à être titulaire, pourraient lui contester son titre. Cependant, je pense que la sélection au All-Star Game de Collier vient de clore les débats. A moins qu’Indiana, New-York ou Dallas n’arrive à accrocher une place en Playoffs avec leur rookie à 20pts par match, j’ai du mal à voir un scénario ou Napheesa Collier ne reparte pas avec ce trophée.”

Stéphanie : “Esprit de corps dans la brigade de Swish Swish puisque je partage l’avis de Florian : selon moi, ce sera Napheesa Collier. Arike Ogunbowale en fait beaucoup mais parfois trop. Je pense qu’elle gagnera beaucoup à ne pas avoir presque toute la pression offensive sur ses épaules. Asia Durr et Jackie Young sont des rookies sans gros coup d’éclat, ce qui ne veut absolument pas dire qu’elles ne brilleront pas dans les années qui viennent, mais ça ne fait pas gagner des prix. Napheesa Collier est un peu au dessus du lot et surtout, elle parvient à faire quelques performances marquantes (carton plein pour son 1er match, sélection au All Star Game, …) : c’est la bonne recette pour choper le trophée.”

Jérome : “Je ne vais pas faire dans l’originalité en annonçant que Napheesa Collier sera pour moi la ROY. Trop de paramètres penchent en sa faveur. Draftée 6e, cela la place dès le départ dans une position d’outsider par rapport à ses adversaires du top 5. Sa performance lors de son premier match WNBA, sa sélection au All-Star Game, son rôle important au sein du Lynx du Minnesota… Pour moi, elle a coché toutes les cases et prouve à tout le monde que le trophée sera pour elle. La story est parfaite et au pays de l’Oncle Sam, on aime les belles histoires avec de jolis happy end.

Étant fan des Aces, je vais revenir aussi sur Jackie Young, la numéro 1 de draft. C’est une joueuse encore discrète mais qui se fond bien dans le collectif de Las Vegas. C’est la meilleure passeuse de l’équipe (et de loin) avec une belle série de 3 matchs à plus de 8 passes fin juin. À mon avis, son potentiel va mettre plus de temps à éclore. Il ne faut pas oublier qu’elle débarque dans une équipe qui a complètement changé de statut grâce à l’arrivée de Cambage. Aujourd’hui les Aces peuvent prétendre au titre.

Enfin, personnellement, je garderai aussi un oeil attentif sur Kalani Brown dans le futur. Le talent est là et avec Candace Parker et les soeurs Ogwumike à ses côtés, la marge de progression me semble très intéressante !”

A une bonne moitié de saison, Napheesa Collier semble avoir déjà coché par mal de cases dans sa course au trophée. Attention toutefois que ses concurrentes n’ont pas dit leur dernier mot et la fin de saison sera intéressante à regarder également avec ce prisme là. Indépendamment du trophée individuel, c’est de potentielles belles carrières que nous voyons naître sous nos yeux. Rendez-vous donc dans quelques mois et/ou quelques années pour voir la concrétisation de ces belles promesses.



Un commentaire sur

La jeunesse au pouvoir : zoom sur les Rookies

  • 1stLeBronJamesFan

    Moi je vais faire dans l’originale swish swish et annoncer, que Collier sera ROY

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