Les familles de basket : “Bon sang ne saurait mentir”

Le sport est souvent une affaire de famille et le monde du basket professionnel n’échappe pas à cette règle. Il n’est pas rare que l’environnement familial et la génétique combinés contribuent à voir fleurir les fratries de sportifs professionnels. Après un premier passage dans l’univers des frères et sœurs, place désormais à la réunion Parents-Enfants.

Car dans l’univers du sport professionnel, il arrive également que le talent transcende les générations. De Dell à Stephen Curry ou de Sonja Tankrey à Emma Meesseman, on ne compte plus les filiations à haut potentiel sportif. Petit coup de projecteur sur les parents et enfants ayant fait les beaux jours à la fois de la NBA et de la WNBA.

Bella et Mark Alarie

Commençons par du soft, histoire de se mettre en jambe. Non pas que nous ayons dans l’idée d’amoindrir les performances de Mark ou de tirer le moindre plan sur la comète de ce que donnera la carrière complète de Bella mais force est de constater qu’il ne s’agit pas là des noms les plus ronflants de la liste et pourtant, ils méritent d’être cités car l’accession à l’élite du basket mondial ne doit jamais être prise pour acquis, d’autant plus lorsque l’histoire en vient à se répéter au sein de la même famille.

Après un cursus complet à Duke, Mark se fait choisir en 18e position de la draft maudite de 1986 par les Milwaukee Bucks avec qui il fera sa saison rookie, entouré de Fat Lever ou d’Alex English. S’ensuivront 4 saisons avec les Washington Bullets de Manute Bol ou Bernard King dont une saison 1989-1990 qui le verra jouer tous les matchs dont 10 fois comme titulaire avec une moyenne de 10 points par match. Une blessure au genou récurrente le verra contraint de mettre un terme à son aventure NBA lors de l’exercice 1991-1992. 5 ans tout à fait honorables qui lui auront permis de démontrer tout son professionnalisme en tant que joueur de complément.

Un apprentissage qui n’aura pu qu’être profitable à sa fille Bella. Coqueluche de sa fac de Princeton, Bella est draftée en 5e position de la draft 2020 par les Dallas Wings. Elle vient ainsi de nous proposer une saison rookie pas inintéressante. Les stats semblent faibles par rapport à son rendement à Princeton mais certaines fulgurances laissent présager d’un vrai avenir au sein de la ligue. Et si sa carrière ne se dirigera peut-être pas vers celui d’une star de la ligue, son père aura sans nul doute su lui enseigner l’importance d’un bon joueur de complément et l’intérêt qu’il revêt pour son équipe.

Pam, Imani et Javale McGee

On monte d’un cran avec une famille qui ne manque pas de talents. Et une fois n’est pas coutume, la pionnière en est une femme. Dans la famille McGee, je demande la mère.

Pamela commence son histoire d’amour avec la balle orange avec les Women of Troy de l’Université de South California en 1980. Après deux saisons basées sur un scoring très sérieux et une grosse moyenne au rebonds, elle est rejointe par deux petite jeunes prometteuses du nom de Cynthia Cooper et Cheryl Miller. S’ensuivent alors 2 trophées de championne NCAA pour clôturer un parcours universitaire bien rempli. A sa sortie de fac en 1984, néanmoins, aucune ligue professionnelle n’est en place puisqu’il faudra encore attendre 12 ans pour voir la création de la WNBA. Après une petite médaille d’or bien négociée aux JO de Los Angeles, elle va donc parcourir le monde pour jouer au Brésil, en France, en Espagne ou encore en Italie. Comme son ancienne coéquipière Cynthia Cooper, elle profitera de la création de la WNBA pour finalement venir y terminer sa carrière, aux Monarchs en 1997, aux Sparks en 1998 enfin.

Mais l’histoire basketballistique des McGee ne s’arrête pas là puisque Pam est l’heureuse maman de JaVale McGee. JaVale est drafté en 2008 par les Washington Wizards avec qui il va passer ses 4 premières saisons avant de s’en aller faire les 4 suivantes aux Denver Nuggets. Joueur athlétique intéressant, JaVale finit au fil des années par se faire une réputation de joueur gaffeur, abonné aux apparitions du célèbre Shaqtin a Fool, sorte de bêtisier hebdomadaire de la NBA. Après une saison aux 76ers et puis aux Mavericks, on pense la carrière de JaVale partie vers une mauvaise pente. C’est alors qu’il est récupéré par les Golden State Warriors avec qui il va remporter 2 titres et se racheter une conduite et une image. Après un 3e titre remporté avec les Lakers de LeBron James, c’est désormais une carrière plus qu’honorable dont il pourra se venter lorsque viendra l’heure de raccrocher les sneakers.

Et dans la famille McGee, je demande désormais la cadette, Imani. Après avoir été draftée par le Sky de Chicago en 2016, Imani a été beaucoup ballottée déjà dans sa courte carrière. Après une première saison pourtant prometteuse au Sky, Imani se fait trader au cours de la deuxième et se voit être envoyée au Dream d’Atlanta avec qui elle jouera encore la suivante. En 2019, elle signe aux Dallas Wings. Elle a depuis décidé de mettre sa carrière entre parenthèse pour deux ans afin de poursuivre des études dans le domaine juridique.

Karl Malone et Cheryl Ford

Dans la catégorie “champions”, voici venir le gros duo. Comment peut-on encore présenter Karl Malone ? Second meilleur marqueur de l’histoire de la NBA, légende du Jazz de Utah, monstre de régularité, roi du Pick and roll avec son comparse de toujours John Stockton, il n’aura finalement manqué qu’une bague pour asseoir définitivement le Mailman à la table des tout tout grands. La faute à un Michael Jordan particulièrement énervé à la fin des années 90.

Mais si le parcours de Karl Malone sur les terrains est un quasi sans faute, difficile de dire pareil de son comportement hors terrain, en particulier pour tout ce qui touche à la paternité. Ainsi, si de son mariage avec Kay Kinsey naîtront quatre enfants, il ne s’agit pas là des seuls descendants de notre ami Karl. Pendant ses jeunes années pré-NBA, pas moins de 3 enfants naîtront des suites de ses aventures. Le cas le plus connu tout d’abord est celui de Demetress Bell, joueur de football américain, né de la “relation” éphémère entre Karl qui avait alors 20 ans et la trop jeune Gloria Bell, âgée de 13 ans au moment de la naissance. Une filiation que Karl reconnaîtra devant tribunal mais pour laquelle il ne tissera jamais aucun vrai lien. Le deuxième cas, qui nous intéresse, verra en revanche une conclusion un peu moins cynique. Âgés tous deux de 17 ans à l’époque, Karl et Bonita Ford, originaires de la même ville, eurent une relation qui aboutira à la naissance de jumeaux, Daryl et Cheryl Ford.

C’est cette dernière qui nous intéresse. Sélectionnée en 3e position lors de la draft 2003 par le Shock de Detroit, Cheryl connaitra directement le succès en participant activement cette année-là au premier titre de l’histoire de sa franchise et empochant le titre de rookie de l’année. Au final, ce sont 7 saisons qui seront jouées en WNBA, toutes à Detroit avec 3 bagues remportées au final. Multiple All-Star, meilleure rebondeuse de la saison par deux fois, Cheryl aura été une figure de la ligue et de sa franchise.

Contrairement à Bell, Karl souhaitera par la suite nouer une relation avec les Ford et Cheryl en particulier. On peut voir dans les images suivantes la tension de Karl Malone, réduit au rôle de simple spectateur alors que les yeux de l’entièreté de la foule sont rivés sur les lancers décisifs de sa fille.

Mention “ça aurait pu” : John, Laura et Lindsay Stockton

On ne peut décidément pas parler du Jazz de Utah sans parler des deux membres du duo légendaire. Meneur de génie, roi du pick and roll et de la passe à rebond, John Stockton est également le papa de 6 enfants, 4 garçons et 2 filles.

Parmi ses garçons, l’ainé, Houston, s’est tourné vers le Football américain tandis que ses 3 frères ont suivi les traces de leur père avec une fortune diverse. Michael ne sera pas drafté en 2011 et poursuit actuellement sa carrière professionnelle en Europe. Après un passage en Allemagne, il fait actuellement partie de l’effectif de Cholet, en France.

Le 3e fils, David, a quant à lui suivi les traces de son père au sein de la fac de Gonzaga. Cela ne lui permettra néanmoins pas de se faire drafter. Après une courte pige avec le Jazz en 2018, il joue actuellement en G league pour l’équipe de Memphis. Samuel enfin, le petit dernier entame son cursus universitaire au Lewis-Calrk state college.

Du côté des filles, Lindsay et Laura auront toutes les deux également suivi les traces de leur basketteur de père. Du côté de Montana State pour Lindsay, à Gonzaga pour Laura. Toute deux non draftées, elles ont également jeté leur dévolu sur l’Allemagne pour poursuivre leur carrière professionnelle.

En attendant la suite…

L’expérience des filles Stockton nous aura montré qu’avoir un père légende de la NBA n’offre pas la garantie de pouvoir se faire une place parmi l’élite. Mais devant certaines images, il est impossible de ne pas ressentir une pointe de nostalgie. Ainsi, récemment, ce sont Izelas et Mackenly, les filles de Gilbert Arenas et Zach Randolph qui ont fait parler d’elles avec ces quelques highlights.

On ne manquera de sourire en remarquant certaines similitudes avec leurs basketteurs de père… En leur souhaitant de poursuivre leur parcours avec succès pour nous régaler dans le futur au sein de la grande ligue et poursuivre ainsi la tradition familiale.



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