Allison Feaster, de Valenciennes à Boston

Au début des années 2000, l’Américaine Allison Feaster a trôné sur la LFB avec le défunt club de Valenciennes. Meilleure joueuse étrangère en 2002, 2003 et 2004, elle est finalement passée de ce statut à celui de locale puisqu’elle et son mari Danny Strong ont obtenu la nationalité française en 2004. Autant dire que son passage en France aura été remarqué et son nom est d’ailleurs une madeleine de Proust pour de nombreux fans de basket trentenaires. Oui oui, on vous voit.

Le parcours d’Allison Feaster a été singulier dès le départ : issue de Caroline du Sud, elle a suivi son cursus universitaire au sein de la très prestigieuse institution qu’est Harvard. Là-bas, elle a survolé l’Ivy League (groupe de huit universités privées du Nord-Est des États-Unis) dans laquelle elle a laissé de nombreux records.

Draftée par les Sparks en 1998, elle y jouera 3 saisons avant de devenir un pion important des Charlotte Sting, aux côtés de Dawn Staley. Enfin, elle termine sa carrière en WNBA par une ultime saison au Fever d’Indiana. Mais en parallèle de cela, Allison connaît une carrière overseas bien remplie qu’elle partage principalement entre l’Espagne et la France. Avec 4 titres de championnes de France et 2 Euroleague remportées, elle participe à la folle aventure de l’USVO aux côtés d’Ann Wauters et Edwige Lawson, entre autres.

Une fois les baskets raccrochées, Allison s’inscrit au “Basketball Operations Associate Programe” de la NBA. Elle devient rapidement manager au sein de la G-League, la ligue de développement attachée à la NBA. Ses compétences et son travail méticuleux ne tardent pas à taper dans l’oeil d’une des franchises les plus mythiques de la NBA, les Boston Celtics.

En septembre 2019, alors qu’elle est tranquillement assise au bar de sa maison à Holly Springs, en Caroline du Nord, son téléphone sonne. Au bout du fil, le coach et General Manager des Celtics, Danny Ainge. Il souhaite parler à Feaster d’un poste qui vient de s’ouvrir : celui, ô combien important, de responsable du développement des joueurs. S’en suit une longue discussion où Danny Ainge et Allison Feaster vont échanger à propos de la vision globale du poste, de la franchise et de ce que l’ancienne joueuse peut apporter à une organisation comme les Celtics.

Comment décrire son job et ses enjeux ? C’est sûrement l’intéressée qui en parle le mieux : “Le poste initial était celui de directeur du développement des joueurs. Le développement des joueurs peut signifier beaucoup de choses mais en ce qui concerne l’ensemble de l’organisation, il s’agit de servir de guide, d’aider les joueurs à maximiser leur expérience, de les aider dans de nombreux domaines, de se concentrer sur la santé mentale et le bien-être et de les aider à devenir les meilleurs professionnels possibles. J’ai joué le jeu donc j’interviens et je donne mon avis sur les questions relatives au terrain, bien entendu. Mais j’aide vraiment ces gars à être le meilleur possible en dehors du terrain également. À partir de là, dix mois plus tard, j’ai été promue au poste de vice-présidente du développement des joueurs et de la croissance organisationnelle avec une interaction plus forte entre les opérations de basket-ball et les opérations commerciales”. Tout un programme.

Bientôt 2 ans plus tard, la lune de miel est loin d’être finie entre Allison Feaster et les Celtics. La volubile ailière franco-américaine fait toujours partie de la courte liste des femmes afro-américaines qui occupent des postes de direction au sein de la NBA et de ses 30 équipes.

“Je me pince tous les jours en entrant dans le gymnase des Celtics”, a déclaré récemment Allison Feaster. “Je vis un rêve et parfois, il ne me semble pas réel. Bien sûr, je ne commence pas par “Je suis la première ou la seule”. Je me dis plutôt : “Je suis si reconnaissante d’être dans cet espace et j’apprécie vraiment cette opportunité. Je comprends la responsabilité que j’ai de toucher les autres et de les accompagner sur le chemin”.

Tout est dit.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *