Diana Taurasi était insupportable à la fac : la preuve en deux histoires

Tous les jours sur le web, on peut retrouver des petites histoires qui peuvent paraître insignifiantes sur le “GOAT”, Michael Jordan. Celles-ci contribuent à alimenter sa légende. Pour beaucoup, Diana Taurasi est la GOAT de WNBA et il nous paraît toujours intéressant de mettre en lumière ces petits riens qui ont contribué à faire de la star du Mercury ce qu’elle est aujourd’hui : une icône du basket.

Et puis, avouons-le, on a aussi eu envie de faire plaisir à notre ami Denis en ce début de week-end. Il nous a semblé évident qu’il se languissait des “anecdotes de merde” sur le parcours et la carrière de DT. Denis, ceci est donc aussi pour toi.

Au début des années 2000, l’écrivain John Walters s’est vu ouvrir pendant toute une saison les portes de l’équipe féminine de Connecticut, coachée par le légendaire Geno Auriemma (dont vous pouvez retrouver le portrait sur Swish Swish) pendant toute une saison. Il a raconté ce qu’il a pu observer dans son livre The Same River Twice, justement truffé de petites histoires et d’anecdotes sur ce groupe de jeunes femmes dont certaines sont devenues des légendes.

On vous recommande chaudement de commander et de lire ce livre si vous êtes à l’aise avec l’anglais écrit. Les deux scénettes dont on va parler ici concernent Diana Taurasi, mais l’ouvrage de Walters regorge d’autres histoires au moins aussi croustillantes sur d’autres joueuses.

Diana Taurasi arrivait tout juste du lycée lors de la saison 2000-2001, au sein d’une équipe des Huskies fraîchement couronnée championne NCAA. Sue Bird et Swin Cash, pour ne citer qu’elles, faisaient aussi partie du groupe. Malgré ce potentiel, UConn n’a pas su rééditer cette performance et avait été éliminé pendant le Final Four, pour ce qui reste l’une des saisons les plus frustrantes de la carrière d’Auriemma.

Si vous trouvez que Taurasi a un tempérament bouillonnant et pas toujours facile à contrôler depuis qu’elle est en WNBA, dites-vous que ce n’est rien en comparaison de ce qu’elle faisait sur les bancs de la fac. “DT” avait beau être l’une des plus jeunes joueuses de l’équipe, elle n’hésitait jamais à l’ouvrir et avait déjà une personnalité assez… théâtrale.

Après quelques semaines de compétition, certaines de ses coéquipières les plus expérimentées trouvaient la Californienne un peu trop forte en gueule. Lors d’un déplacement en bus avant un match à l’extérieur, Taurasi n’a rien trouvé de mieux que de chanter et rapper à tue-tête l’un des tubes hip-hop de l’époque : “Ms. Jackson”, de Outkast. Malgré la gêne occasionnée et quelques remontrances, “DT” n’a évidemment pas cessé son récital. Les joueuses les plus âgées de l’équipe, Shea Ralph, Christine Rigby et Kelly Schumacher, ont alors pris les choses en main et l’ont conduite manu militari au fond du bus pour l’enfermer dans les toilettes.

Pensant qu’il s’agissait d’une plaisanterie, Maria Conlon, l’une des meneuses de l’équipe, s’est levée pour aller la libérer, mais s’est heurtée au périmètre de sécurité formé par les anciennes pendant la totalité du trajet !

“Je n’essaierais pas de la libérer, si j’étais toi. Mais promis, on lui fera savoir que tu as essayé”, lui a lancé Kelly Schumacher, pendant que Shea Ralph assurait à Taurasi, cloîtrée dans sa cellule de fortune, que si elle continuait à l’ouvrir, elle connaîtrait le même sort dans l’avion censé les ramener un peu plus tard dans le Connecticut.


Comme vous pouvez vous en douter, ce n’est pas avec ça que la tornade Diana Taurasi allait se calmer. Sa compétitivité et son tempérament tempétueux se manifestaient dans absolument n’importe quelles circonstances.

Un soir d’hiver, Taurasi a ainsi participé à une partie de Pictionary avec ses coéquipières Sue Bird et Morgan Valley, mais aussi la joueuse-assistante Stacy Hansmeyer et deux managers de l’équipe. Taurasi, Bird et Valley, dans la même équipe, étaient assez nettement dominées, lorsque DT s’est mise à contourner le règlement pour permettre à son équipe de réussir un comeback spectaculaire. Et quand Diana Taurasi gagne, Diana Taurasi manifeste sa joie. Même à 19 ans et face à des adultes passablement agacés par son côté mauvaise joueuse… Elle s’est ainsi mise à parader dans la pièce en sautant frénétiquement.

Hansmeyer, de quatre ans son aînée, l’a alors accusée d’avoir purement et simplement triché. Taurasi n’a que moyennement apprécié et s’est alors mise devant son visage pour lui aboyer tout un tas de mots doux. Hansmeyer l’a saisie à la gorge, prête à lui donner une correction. Le caractère moins volcanique de Sue Bird et des autres participantes a permis de faire redescendre la pression et à DT d’éviter de conclure une simple soirée jeux de société avec un oeil au beurre noir.

Morgan Valley, qui était dans l’équipe de Diana Taurasi ce soir-là, a elle aussi goûté à ce qu’il y avait de plus exaspérant chez elle à cette époque-là. A l’époque, les deux débutantes s’affrontaient régulièrement en un contre un à la fin des entraînements. Consciente que cela bouffait littéralement Valley de ne pas réussir à remporter le moindre duel – à 19 ou 38 ans, ça n’a jamais été une bonne idée d’affronter Taurasi en un contre un – DT s’amusait à noter scrupuleusement le score des duels en question et à les placer à chaque fois dans le casier de sa victime. Valley, plutôt que d’aller passer ses nerfs directement sur sa coéquipière en sachant qu’elle ne gagnerait pas au jeu du trashtalking, expédiait tous les ballons de la salle en tribunes avec des coups de pied que n’auraient pas renié les meilleurs buteurs de rugby.


Le talent de Diana Taurasi et la volonté de ses camarades de lui apprendre à canaliser un peu son tempérament lui ont finalement permis d’aller loin. Après l’échec sportif de cette première saison en NCAA, les Huskies ont remporté trois titres consécutifs, en partie grâce à la classe de leur aboyeuse en chef.

Taurasi a beau avoir 38 ans, un enfant et un paquet de titres à son actif, on devrait à nouveau voir se manifester cette fougue qui la rend unique à partir du 25 juillet, pour la reprise de la saison WNBA. Après avoir ruminé pendant des mois et composé avec de gros problèmes de dos, la GOAT de WNBA risque de ne pas faire de quartier.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *