Quatre coachs et GM nous parlent de la Draft 2021 : Rupert, McDonald, Collier and co passées au crible

A moins d’une semaine de la Draft WNBA 2021, on a pu participer à une discussion avec quatre coachs et GM qui seront dans les starting blocks jeudi à 1h. Cheryl Reeve (Minnesota Lynx), James Wade (Chicago Sky), Marianne Stanley (Indiana Fever) et Greg Bibb (Dallas Wings) ont répondu aux questions des médias dont nous faisions partie sur les joueuses de cette classe de Draft et ce qui pourrait être leur stratégie.

Voici quelques thématiques abordées.

James Wade sur Iliana Rupert, ce qu’il pense de son jeu et de sa possible disponibilité au 8e pick

“Je pense qu’elle sera toujours disponible au 8e pick. Iliana est une très bonne joueuse. Je la connais un peu personnellement. C’est quelqu’un qui a du grandir très vite dans sa vie. Elle se déplace très bien sur le terrain et est très mature. Pour la WNBA, elle devra améliorer ses qualités athlétiques et physiques. Elle shoote bien et deviendra capable de tirer à 3 points même si elle ne l’a pas encore beaucoup montré en match. L’équipe qui la draftera devra se montrer patiente et l’aider à se développer, mais ce sera une excellente joueuse, c’est certain.

Je sais qu’elle a envie de jouer en WNBA, mais elle joue pour l’équipe de France et c’est une situation compliquée parce que les joueuses de ce pays sont très dévouées en vers leur équipe nationale. La Fédération leur met beaucoup de pression pour qu’elles soient là aux compétitions. C’est la question qui peut se poser avec elle, notamment en année olympique, mais c’est assurément un très bon bon prospect pour la WNBA”.

Greg Bibb, sur Aari McDonald, star du Tournoi NCAA avec Arizona

“Aari McDonald est une joueuse exceptionnelle qui s’est mieux exprimée dans les gros matches qu’en saison régulière. On a pu le voir pendant le Tournoi NCAA. Qu’elle joue dans une équipe déjà compétitive ou au milieu d’autres jeunes joueuses, elle peut y arriver. Il faut se rendre compte que les places sont chères dans cette ligue et parfois il peut être utile dans un premier temps d’être sur le banc et d’observer et apprendre.

Pour ce qui est de sa taille, c’est évidemment quelque chose qui est pris en considération au basket mais je ne pense pas que ce soit un facteur négatif qui puisse freiner la carrière d’une joueuse. Cheryl Reeve a prouvé ça l’année dernière en draftant Crystal Dangerfield qui a joué incroyablement bien et a été nommée rookie de l’année”.

Marianne Stanley sur Dana Evans, la meneuse de Louisville

“Elle a été excellente, elle a démontré qu’elle n’a pas peur de prendre un tir dans un moment chaud et c’est quelque chose que les grandes joueuses ont en commun dans leur arsenal. Elles se montrent à la hauteur de l’événement. Elle est l’une des meilleures arrières de cette Draft et une joueuse de qualité, c’est certain”.

Cheryl Reeve, sur sa capacité à dénicher des talents hors du top 3

“On juge l’ensemble de ce qu’a fait une joueuse. Evidemment, on a tendance à s’enthousiasmer un peu plus quand une joueuse réussit de grandes choses dans le Tournoi NCAA, et ça peut montrer qu’elle est capable mais on ne peut pas se contenter de ça, il faut l’avoir vue dans d’autres situations.

On n’était pas certains que Napheesa Collier serait une aussi grande contributrice dès sa première saison. On venait de signer Karima Christmas-Kelly, qui était notre titulaire. L’opportunité s’est présentée pour Napheesa et elle en a tiré le meilleur parti. La même chose est arrivée avec Crystal Dangerfield. J’avais peur de ne pas pouvoir lui donner beaucoup de minutes. On pensait qu’elle serait davantage un prospect pour les années à venir. Si vous voulez trouver les joueuses inattendues qui vont marcher, regardez dans quels effectifs il y des rotations incertaines à l’heure qu’il est. Je pense que la plupart des joueuses du 1e tour cette année, si on leur donne du temps de jeu, peuvent très bien réussir.

Pour le titre de Crystal, il faut se souvenir que Chennedy Carter, draftée plus haut, s’est blessée. Plein de choses ont tourné en notre faveur et il faut des circonstances favorables pour que des joueuses draftées plus bas puissent s’exprimer comme ça”.

Greg Bibb, sur la cote de Charli Collier qui aurait baissé à cause du Tournoi NCAA

“Je n’accorde pas beaucoup d’importance à la place précise d’une joueuse à la Draft. Je pense que l’on peut plutôt raisonner en groupes de joueuses qui sont au-dessus du lot et Charli en fait partie. Il y a eu quelques matches où elle a pu être considérée comme décevante, mais il faut avoir à l’esprit qu’il y a plusieurs aspects dans une performance. Pas uniquement la production individuelle. Il faut prendre en compte ce qu’elle provoque chez l’adversaire, ce qu’elle implique pour le plan de jeu et en termes de match-up. Je répète qu’elle fait pour moi partie du groupe de tête des joueuses de cette Draft”.

Marianne Stanley sur Rennia Devis de Tennessee

“Rennia a admirablement bien géré sa carrière universitaire bien qu’elle ait dû s’adapter à un nouveau coach à Tennessee. Sa capacité d’adaptation est un vrai plus. Son rôle a changé à Tennessee, c’était intéressant à observer. Elle est forte dans plein de registres et peut apporter de la qualité dans plusieurs secteurs de jeu. Sa longueur est un atout qui la rend désirable. Je pense qu’elle a une panoplie complète”.

Greg Bibb, sur Awak Kuier, annoncée n°2 de Draft, et son potentiel

“La Draft n’est pas une science exacte. Il y a toujours une part d’inconnue en ce qui concerne le potentiel. Plus la joueuse est jeune, plus le pari est important. On parle d’une joueuse de 19 ans qui vient de faire sa première saison professionnelle en Italie. Tout le monde a pu voir son potentiel et où il pouvait la mener. Sa capacité à manier le ballon et à shooter est exceptionnelle pour son âge et sa taille. Elle va évidemment devenir plus robuste pour contribuer en WNBA, mais son potentiel est absolument incroyable”.

James Wade sur Arella Guirantes de Rutgers

“Je ne sais pas si elle s’est démarquée des autres, mais si vous cherchez une arrière de grande taille, c’est ce qu’il vous faut. Je pense que c’est une excellente arrière, capable de faire plein de choses et surtout de se créer son propre tir. C’est cette qualité qui fait qu’elle peut se démarquer des autres arrières, mais tout dépend ensuite de ce que vous cherchez pour votre équipe.

Elle est polyvalente en attaque et en défense. Il y aura un temps d’adaptation pour elle en WNBA, mais je pense qu’elle sera quand même prise dans la première moitié du 1er tour de cette Draft”.

Marianne Stanley, sur ce que recherche Indiana dans cette Draft 2021

“On veut quelqu’un d’extrêmement compétitif et qui a immédiatement un état d’esprit de gagnant. Quelqu’un qui ait envie de se battre tous les jours pour obtenir des minutes et pouvoir montrer ce qu’elle peut apporter à notre équipe. Il y a un certain nombre de bonnes joueuses dans cette Draft. Je suis d’accord pour dire qu’il y a un groupe de joueuses qui se détachent et apportent quelque chose. Le plus important pour moi c’est de réaliser que chacune de ces joueuses embarque pour un tout nouveau voyage, vers une ligue au niveau exceptionnel et qui présente son lot de défis.

Pour jouer en WNBA, il faut un gros coeur et l’envie de se battre. On ne peut pas fuir la compétition. On cherche quelqu’un qui entre dans ce que l’on est en train de bâtir : une culture de la gagne. Il lui faudra un état d’esprit qui pousse à vouloir gagner chaque match et apporter quelque chose à notre effectif”.

James Wade, sur ce que le Sky recherche dans cette Draft 2021

“Avec le 8e pick on va probablement chercher à drafter une meneuse. Ces deux dernières années, la différence entre les moments où Sloot était sur le terrain et ceux où elle n’y était pas était beaucoup trop importante. On doit s’occuper de ça”.

Gregg Bibb, sur la particularité d’avoir quatre picks au 1er tour

“Je serais plus à l’aise avec ma réponse si je pouvais la faire dans un an et demi, mais ce n’est pas une option. Nous sommes au début d’une stratégie sur plusieurs années où nous avons repris de zéro et commencé à remodeler l’effectif. L’année dernière était un petit échantillon. On va essayer de continuer ça cette année. C’est bien d’avoir des options et même si ce n’est pas une science exacte, on a l’opportunité de viser juste”.

Marianne Stanley sur Tiana Mangakahia, la joueuse de Syracuse revenue d’un cancer

“Le fait que Tiana soit revenue au jeu montre l’énorme caractère et la combativité qu’elle a en elle. Comme l’a dit Cheryl, il faut regarder l’ensemble de son oeuvre. On ne peut pas tout baser sur un match ou une saison. C’est quelqu’un qui comprend le jeu et l’aime. Si elle est prise, elle devra se battre pour une place. C’est très difficile de se faire une place cette saison”.

James Wade, sur les deux joueuses d’Arkansas, Chelsea Dungee et Destiny Slocum

“Avec Chelsea, vous avez quelqu’un qui a un appétit pour le scoring, ce qui peut toujours être un atout dans notre ligue. Une joueuse capable d’aller sur la ligne et de se créer son propre tir, on sait que c’est important. Chelsea a montré un niveau important de maturité. Je pense qu’elle a un avenir dans la ligue, mais je ne peux pas vous dire si c’est en tant que titulaire ou comme role player. Je ne suis pas certain. Dans la bonne situation, elle peut devenir très forte.

Pour Destiny, on a eu la chance de la voir jouer souvent et de pouvoir parler avec elle. C’est devenu une vraie professionnelle au niveau de sa mentalité et de son approche du jeu. Avec ou sans le ballon, elle a beaucoup de maturité dans son jeu. Les efforts qu’elle a fait sur le plan de sa condition physique sont importants aussi par rapport à son année freshman. Elle a aussi un avenir dans la ligue, même si je ne sais pas si elle sera prise au 1er ou au 2e tour.

Ces deux joueuses ont en tout cas beaucoup progressé avec leur coach cette saison parce qu’elles ont pu jouer libérées et sur un mode qui ressemble à ce qu’elles verront en WNBA”.



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