Julie Allemand fera bien ses débuts en WNBA !

Que ces deux dernières journées furent éprouvantes pour les fans de WNBA que nous sommes ! Chaque année, c’est la même chose. Passé l’intersaison et l’euphorie de la Draft, vient toujours le moment où les équipes doivent finaliser leurs effectifs pour ne garder que douze joueuses. Ces douze équipes de douze joueuses forment ainsi le club très fermé des élues qui ont la chance de concourir au sein de la ligue la plus relevée au monde.

Et cette année n’a pas dérogé à la règle. A mesure que la date butoir approchait, les annonces officielles de contrat “coupés” ou “suspendus” se répétaient, avec toujours une pointe de tristesse pour ces filles passées si proche du but mais refusées juste à l’entrée de la meilleure soirée de l’année. Cette saison avait d’ailleurs un goût amer supplémentaire. Vu la situation sanitaire compliquée à l’échelle mondiale, le camp d’entraînement de chaque équipe a été reporté. Les joueuses non sélectionnées n’auront donc même pas eu l’occasion de défendre leur chance sur le terrain. Un crève-cœur.

Pour les joueuses internationales et en particulier européennes, la situation se compliquait encore davantage puisque ces dernières étaient soumises à une interdiction d’entrée sur le sol américain, toujours en réponse à la crise sanitaire mondiale. Une autorisation exceptionnelle pour les athlètes professionnels a été prononcée, mais Emma Meesseman confiait récemment dans une interview avoir essayé d’obtenir son visa, sans succès jusqu’à présent. Le chemin semble donc compliqué pour franchir l’Atlantique en cet été 2020.

Et c’est donc avec tristesse que la fan-base française a appris mardi la “suspension” de Marine Johannès par le New York Liberty et la non-sélection d’Olivia Epoupa par le Phoenix Mercury. Ces décisions s’ajoutaient à une annonce similaire autour de Valériane Ayayi-Vukosavljević par le Connecticut Sun il y a quelques jours. A l’exception de Bria Hartley, désormais une joueuse de Phoenix, il n’y aura pas d’internationale française en WNBA cette saison.

La fan-base belge, en revanche, a de quoi avoir le sourire. En plus de l’inévitable Emma Meesseman, Julie Allemand a été conservée et fera donc bien partie de l’effectif du Indiana Fever pour la saison 2020 ! Et c’est une super nouvelle, tant pour Julie et les fans belges que pour Indiana. Julie avait été signée par l’équipe qui l’avait draftée en 2016 il y a quelques semaines, avant que n’éclate véritablement la crise à l’échelle mondiale. Les dernières semaines ne laissaient présager rien de bon pour les joueuses européennes mais c’est désormais officiel : Julie jouera au Fever, qui l’a comptée dans son roster définitif pour la saison 2020.

Julie Allemand
© FIBA

Depuis le départ de Tamika Catchings en 2016, le Fever peine à redresser la barre et n’a plus réussi à atteindre les playoffs. L’année dernière semblait amorcer un début de mieux avec une 9e place prometteuse, mais le chemin semble encore long. L’un des problèmes rencontrés par Indiana était l’absence d’une vraie meneuse dans leur effectif, la plupart de leurs guards étant par nature plutôt des postes 2 ou des “combo-guards”.

A cet égard, Julie amène un profil extrêmement intéressant de meneuse d’abord tournée vers la passe. Capable de rester dans un registre de gestionnaire pour faire jouer ses coéquipières, elle n’a pas de problème pour se montrer agressive si le besoin s’en fait sentir pour prendre le scoring à son compte. Très probablement en sortie de banc dans l’Indiana, nul doute que Julie aura les minutes pour prouver ce qu’elle vaut et la plus-value qu’elle peut amener au Fever.

Car si sur le papier Julie est listée comme rookie, dans les faits, force est de constater que l’expérience de la jeune Liégeoise au plus haut niveau est déjà bien complète. Depuis 3 ans, sa carrière ne fait que monter. En club, Julie a évolué à l’ASVEL au sein du championnat français, l’un des championnats, si ce n’est LE championnat, les plus relevés au niveau européen. D’ailleurs, le public français, surtout les fans de l’ASVEL et de Montpellier, sa future équipe, suivront à coup sûr les performances de celle don ils ont pu juger du talent ces dernières années.

Avec l’équipe nationale, elle est l’une des actrices principales de l’explosion de la Belgique au niveau international. Au cours des dernières compétions (EuroBasket et Coupe du monde), elle a pu se mesurer à ce qui se faisait de mieux sur la planète et montrer qu’elle ne baissait les yeux devant personne.

Désormais, c’est sur la scène de la meilleure ligue au monde qu’elle va être appelée à s’exprimer. Le niveau de jeu ne devrait pas être un problème. Il lui faudra toutefois s’adapter à un style plus physique et athlétique. Du haut de son 1,74m, Julie n’est pas spécialement désavantagée par rapport à la concurrence à son poste. Et même si elle semble moins athlétique, il ne faudrait pas sous-estimer la dureté qu’elle sait mettre dans son jeu lorsque c’est nécessaire. Une joueuse comme Courtney Vandersloot, dont le profil physique est très similaire, sera un parfait exemple à suivre pour Julie.

Car Julie n’a que 23 ans et encore une grande marge d’évolution devant elle. Sa présence dans le milieu professionnel depuis de nombreuses années a tendance à nous le faire oublier, mais elle n’est finalement pas beaucoup plus âgée que les autres membres de la cuvée de rookies 2020. Si la chance lui est donnée par l’équipe, nul doute qu’elle pourra tirer son épingle du jeu et ajouter cette nouvelle étape à sa carrière galopante. D’autant plus que sa nouvelle coach, Marianne Stanley, a côtoyé sa compatriote Emma Meesseman pendant plusieurs saisons aux Washington Mystics. Elle n’aura donc sans doute pas de crainte à accorder sa confiance à une jeune européenne très prometteuse.

© fiba.basketball

Passée en 3 ans de jeune espoir belge à une des meilleures meneuses européennes, Julie a désormais l’opportunité de pouvoir évoluer au meilleur niveau et essayer d’obtenir le respect du public américain et mondial. Et, soyons chauvins, nous n’avons aucun doute dans sa capacité à y arriver.

Dans cette saison où les internationales européennes ne seront malheureusement pas légion (à l’absence des Françaises s’ajoutent celles de Maria Vadeeva et Maite Cazorla, entre autres), la tendance pourrait être au pessimisme. Réjouissons-nous toutefois d’avoir la possibilité et la chance de pouvoir voir évoluer une joueuse aussi emballante sur le terrain en la personne de Julie Allemand.

Rendez-vous rapidement on l’espère, pour assister aux premiers pas de la pépite du basket belge et européen.



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