Le coup de gueule de Becky Hammon !

Elle n’a peut être pas eu une pleine page dans le Players’ Tribune pour étaler sa prose, mais le texte que Becky Hammon a partagé sur les réseaux sociaux aujourd’hui est du genre de ceux qui doivent être lus et partagés. On vous l’a traduit.

Source : Page Facebook de Becky Hammon


Je viens donc de regarder les 100 photos de sport les plus drôles de Sports Illustrated et hmmmmmm… Pas une, non, PAS UNE seule photo d’une athlète féminine… Cela me rappelle toujours que, même si j’étais une lectrice assidue de Sports Illustrated quand j’étais plus jeune, je ne me souviens pas d’un seul numéro où figuraient des femmes ou avec une femme en couverture. Sauf… attendez… ohhh oui, le numéro sur les maillots de bain… (cela ne veut pas dire qu’il n’y avait pas de femmes, juste que je ne m’en souviens pas). A part quelques serveuses de Hooters, des pom-pom girls, des épouses et quelques autres propositions pour que ces athlètes aient l’air cool et désirable, PAS un seul moment de célébration d’athlètes féminines ou même un moment où les femmes pourraient rire d’elles-mêmes !

Il est difficile pour moi de me souvenir d’un monde qui ignorait de façon si flagrante les femmes et toutes les grandes choses qu’elles faisaient sur des terrains de sport dans les années 1970, 1980, 1990 ou au début des années 2000… et puis je vois quelque chose comme ça et je me rappelle que ce n’est qu’en 1993 que l’on m’a présenté la “Michael Jordan au féminin” – Sheryl Swoopes – mon premier vrai moment de d’émerveillement avec une athlète qui était une fille comme moi. Mon père m’avait dit que je DEVAIS regarder cette fille jouer ! Texas Tech et Sheryl étaient sacrément bons cette année-là ! Et de voir une autre fille qui aimait le basket et qui était extraordinairement douée, la regarder jouer, m’a fait rêver comme Michael m’a fait rêver ! Je pense que je connais le documentaire Come Fly with Me par coeur. Je le connaissais mot pour mot. Je l’ai regardé tellement de fois en VHS, à l’époque où il fallait attendre tout ce temps pour le rembobiner juste pour pouvoir le regarder à nouveau !

Nous avons fait un peu de chemin depuis l’objectification des femmes dans les années 70, 80, 90 et 2000 mais malheureusement, elles ne sont pas encore respectées et couvertes médiatiquement comme elles le devraient.

Félicitations à mes parents qui, à une époque où “les filles ne pratiquaient pas certains sports”, ne m’ont jamais laissé penser que ce n’était pas parce que cela n’avait pas été fait que cela ne pouvait pas être fait ! Même s’ils m’ont dit que je ne pouvais pas faire partie de l’équipe de lutte ou de football, ils m’ont laissé épingler le champion d’État sur nos tapis de lutte dans la cave et courir pour célébrer des touchdowns à chaque arrêt de jeu. Oui, je n’étais pas autorisée à pratiquer certains sports organisés, mais ce n’était jamais parce que je ne pouvais pas participer à des compétitions et les battre, c’était juste “interdit”. Je suppose que je suis étonnée de voir comment mes parents ont flirté avec cette limite en me disant “oui, tu pourrais le faire, tu en es capables, tu ne peux pas – tout en faisant naître en moi l’idée que je pouvais quand même accomplir quoi que ce soit si je m’y dédiais. C’est équilibre si délicat pour une jeune fille… Car je pouvais TOUS les battre, j’avais de meilleures mains, de meilleurs pieds, de meilleurs coups, de meilleures poignées, de meilleures prises et ce jusqu’au collège.

Puis les différences physiques commencent vraiment à apparaître… et c’est là que tout devient flou… Plus grand, plus fort, plus rapide équivaut à MEILLEUR… Attendez, attendez, attendez, attendez, pas si vite… Le fait que tu sois plus grand n’a rien à voir avec le fait que je te batte au shoot. Le fait que tu sois plus fort n’a rien à voir avec le fait que je puisse disséquer un pick and roll. Le fait que tu sois plus rapide n’a rien à voir avec cette balle à laquelle j’ai fait traverser le filet grâce à un effet contre la planche avec le toucher d’un artisan.

Je suppose que c’est en partie la raison pour laquelle les mecs de la NBA aiment la WNBA, ils comprennent. Ils comprennent l’art du basket et ce n’est pas parce que ça avait l’air facile que ça veut dire que c’était facile, pas du tout !

Dieu merci, le titre IX a donné aux filles l’occasion de faire du sport, de faire partie de l’équipe, de jouer dans les grands moments, la résilience que l’on acquiert après une défaite ou une déception, et la chair de poule, la montée d’adrénaline quand on rentre un gros tir. Il n’y a rien de tel qu’entendre la foule devenir folle – wow, ces moments me manquent – mais ils m’ont donné l’opportunité de vivre ceux que je vis actuellement. J’ai pris plaisir à regarder ces vieilles photos de Sports Illustrated – voir le jeune MJ, Brett Favre, John Elway, Manute Bol, Derek Jeter, George Foreman, Ricky Henderson, John Thompson et Patrick Ewing avec le président Reagan, c’est l’époque à laquelle j’ai grandi. Ce sont les gars que je regardais, ils étaient sur les murs de ma chambre mais il n’y avait pas une seule affiche de femme.

Sur mon mur, j’avais les 3 Amigos (les fans des Broncos, vous savez qui c’est), un poster de John Elway, un poster de l’équipe des Broncos, deux posters de Bo Jackson, autant de posters de Michael Jordan que possible et une poubelle en fer blanc des Broncos avec un cerceau sur lequel je m’asseyais pour tirer avec des boulettes de papier la nuit en rêvant de choses qui n’étaient même pas assez grandes maintenant que j’y repense. Mais ce dont je suis le plus reconnaissante, c’est que la prochaine génération d’enfants verra des athlètes féminines et appréciera leurs talents, leur don, leur dévouement sans faille pendant des heures et des heures de travail acharné, ainsi que le talent artistique qu’elles ont développé, afin que les 100 prochaines photos de Sports Illustrated représentent davantage d’athlètes qui représentent… les athlètes !

L’histoire a toujours été là, mais tant de gens ne l’ont jamais vue ou lue.



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