Sami Whitcomb : New York, un nouveau défi ambitieux et excitant

En mai 2020, Olivia avait eu la chance de discuter avec Sami Whitcomb de son parcours atypique et plein de persévérance jusqu’aux sommets de la WNBA. Depuis, l’ancienne joueuse du BLMA a remporté un deuxième titre avec Seattle et, surtout, est devenue maman d’un petit Nash avec sa compagne Kate.

Ah, petit détail aussi, elle ne porte plus les couleurs du Storm, la seule franchise qu’elle avait connu jusque-là dans la ligue. Sami a décidé de relever le pari ambitieux du New York Liberty lors d’un move qui en a surpris plus d’un(e) durant la free agency. C’est justement de tout cela dont on a parlé avec elle.

Sami, comment va Nash ? Il vous laisse un peu dormir Kate et toi ?

Il va très bien, merci, et il dort de mieux en mieux la nuit, c’est agréable !

Il y a quelques mois, tu nous avais dit que le plan pour vous trois, c’était de tout expérimenter ensemble et de vivre des aventures en famille. New York, dans le genre, c’est une grande aventure ! Comment est-ce que tu envisages ce nouveau chapitre sur le plan personnel ?

C’est clairement une aventure et ce sera quelque chose de complètement nouveau pour nous, on est très heureuses. Je pense que l’on était toutes les deux prêtes pour un nouveau challenge, une nouvelle opportunité. Le fait d’arriver dans une nouvelle ville comme New York, c’est excitant. On connaît déjà quelques unes des filles. Natasha Howard, évidemment, mais aussi Rebecca Allen, notre compatriote australienne. Donc il y aura quand même quelques repères. Ce qui nous plait le plus, quand même, c’est le fait d’être ensemble. On va adorer essayer de trouver de nouveaux cafés – on adore le café ! – et des endroits à aimer. On va se lever tous les matins avec quelque chose de nouveau à découvrir. On adorait faire ça à Seattle ces dernières années et ce sera le cas à nouveau à New York.

Même si c’est ma ville préférée dans le monde, New York n’est pas forcément la plus familiale qui soit, surtout à Manhattan. Finalement, c’est une bonne chose que l’équipe ait déménagé à Brooklyn…

Oui, c’est clair. On va jouer et vivre à Brooklyn, donc ce sera un peu différent comme expérience. Après, tout ça fait partie de l’aventure. On va espérer trouver un endroit qui nous convienne en tant que famille.

Beaucoup de gens ont été surpris de ta décision de signer avec New York, parce qu’il y avait cette opportunité de réussir le back to back avec Seattle. Quel a été ton mode de réflexion pour cette free agency et qu’est ce qui a fait pencher la balance en faveur de New York ?

 La raison principale, c’est le fait qu’une opportunité se soit présentée. J’ai fait mes quatre premières saisons avec Seattle et c’était un peu mon cursus de rookie. Je trouve que pendant quatre ans, tu es un peu une rookie dans la ligue, même si moi j’étais plus âgée. Je ressentais ça comme ça. J’ai essayé de tirer le maximum de cette situation en termes d’apprentissage et de développement. Seattle était l’endroit parfait pour ça et le rôle que j’y avais aussi. Je pense – et j’espère – que New York m’offre quelque chose de plus grand au niveau du rôle et du potentiel pour se développer en tant que joueuse à ce stade de ma carrière. Je vais devoir mériter tout ça. Cette opportunité pour moi de me développer, je pense qu’elle existe plus à New York qu’à Seattle. Je ne dis pas ça de façon négative. Je pense juste qu’au niveau des joueuses, du roster et de la possibilité pour moi de grandir et d’avoir un autre rôle, le Liberty est ce qu’il me faut. Je veux cette nouvelle étape et j’ai envie de me mettre au défi. C’est un choix risqué et beaucoup de gens ont été surpris, mais j’avais besoin de ce challenge et de ce changement pour savoir ce dont je suis capable.

Tout le monde savait que ce serait dur de conserver tout le groupe à Seattle. Mais ce que les gens n’avaient pas anticipé, c’est que Alysha, Natasha et toi vous partiez en même temps. Est-ce que ces départs conjugués t’ont surprise ? 

J’ai été un peu surprise aussi, mais d’un autre côté je ne savais pas à quoi m’attendre en entrant dans cette free agency. Je ne savais pas que des équipes me tiendraient en aussi haute estime au niveau du rôle et du salaire. J’étais ouverte à tout et j’imagine que les autres aussi. Ces opportunités se sont présentées et elles ont toutes été attirantes pour nous pour des raisons différentes. Je ne peux pas parler à leur place, mais je pense que l’on a toutes adoré notre expérience à Seattle. On a simplement décidé, individuellement, que l’on voulait relever ces nouveaux défis. Cela n’a rien à voir avec Seattle. Parfois, le changement est nécessaire et même crucial pour se développer et s’améliorer.

 La free agency a été assez folle et excitante pour les fans et les médias. Maintenant, on sait que tout peut arriver, avec des superstars qui changent d’équipes, des gros trades qui se montent… Est-ce que cette nouvelle dynamique convient aux joueuses ?

Oui, je pense que c’est quelque chose d’excitant aussi pour les joueuses. On l’a vu l’an dernier, il y avait déjà eu des gros mouvements et je me souviens avoir suivi ça sur Twitter. Tout le monde était excité de voir Skylar Diggins-Smith aller à Phoenix ou Angel McCoughtry à Las Vegas. C’est devenu similaire à ce que tu peux trouver en NBA. Des excellentes joueuses décident d’aller jouer avec d’autres joueuses fantastiques. Les rosters sont de grande qualité. C’est super qu’il y ait de l’attente de la part des fans. Il y a cette envie de voir ce qui va se passer la saison prochaine et les gens disent qu’ils veulent voir telle joueuse jouer avec telle joueuse, s’interrogent sur la manière dont une équipe va se relever après avoir perdu cette joueuse-là, etc… On a toutes envie que les gens parlent plus de WNBA et je pense que tous ces mouvements et le fait que les joueuses puissent bouger y contribuent.

 Est-ce qu’il y a une signature qui t’a particulièrement surprise dans cette free agency ?

Celle de Candace Parker à Chicago est celle qui me vient en premier à l’esprit. C’est quand même énorme. Je ne connais pas Candace et peut-être que ceux qui la connaissent ont été un peu moins surpris. Moi je l’ai été en tout cas.

New York est une ville de basket et il y a toujours beaucoup d’attentes de la part des fans. Il y a aussi une certaine pression puisqu’aucune équipe n’y a gagné de titre depuis un bail. Est-ce que c’est quelque chose que tu recherchais ?

Je suis heureuse qu’il y ait des attentes. Je voulais un endroit où il y avait justement des attentes autour de l’équipe, de la culture de la franchise. Personne n’a envie de jouer dans un endroit où on ne s’attend pas à ce que tu gagnes ou même que tu ailles dans la bonne direction. En parlant avec Walt Hopkins (le head coach de New York, NDLR) j’ai compris qu’il y aurait des attentes au vu des joueuses qui allaient arriver et de celles qui étaient déjà là. Le Liberty essaye de construire quelque chose et je suis très heureuse de faire partie du projet. Avec les attentes, il y a de la pression. J’ai déjà vécu des moments sous pression dans ma carrière et c’est ce dont tu as envie quand tu es une athlète. J’espère que cette pression sera motivante, inspirante et nous poussera positivement au lieu de nous épuiser et de nous faire perdre notre concentration.

A Seattle, tu apportais toujours cette étincelle d’énergie des deux côtés du terrain et ton shoot. Comment est-ce que tu vois ton rôle à New York et est-ce que tu en as parlé avec Walt Hopkins ?

Ce qui excitant quand tu rejoins une nouvelle équipe, c’est que tu repars de zéro. Là-bas, je peux être ce que je veux, avoir n’importe quel rôle. J’ai le sentiment que si je travaille dur, tout peut arriver. Les choses que tu as évoquées, sur les efforts que je produis sur le terrain et sur mon shoot, ça a toujours fait partie de mon jeu. J’espère continuer à m’appuyer dessus, mais j’aimerais vraiment devenir une joueuse plus complète et plus dynamique. Je ne sais pas du tout quel sera mon temps de jeu. On n’a pas parlé de ça, mais plutôt de la manière dont je peux me fondre dans ce qu’ils essayent de bâtir.

Tu ne viens à pas à New York seule, puisque Natasha Howard et Betnijah Laney, la MIP en titre, seront là. Est-ce que tu savais que l’équipe serait aussi agressive sur le marché quand tu as choisi d’aller là-bas ?

J’ai joué avec Betnijah à Perth et je l’adore. Son développement a été énorme et c’était génial à suivre. J’ai vraiment hâte de rejouer avec elle. Alors, non, je ne savais pas que New York visait ces joueuses-là précisément. J’espérais que ce soit le cas et je savais qu’ils cherchaient un type de joueuses, des grosses bosseuses et des filles athlétiques. J’étais heureuse de voir Natasha et Betnijah signer, mais j’étais déjà contente des joueuses qu’il y avait dans l’effectif.

Il y a beaucoup de hype autour de Sabrina Ionescu, à qui la franchise a clairement l’air d’avoir confié les clés. En te basant sur ce que tu as vu d’elle au collège et avant sa blessure, ou sur ce que tu as entendu dire au sujet de sa personnalité, qu’est-ce que tu penses d’elle ?

J’ai beaucoup regardé Sabrina jouer à la fac et j’aime son esprit de compétition. Evidemment, elle est incroyablement talentueuse, mais j’aime aussi le fait qu’elle travaille dur et son énorme envie de gagner. De ce que j’ai entendu et vu, c’est une bosseuse incroyable et j’adore ça. Elle n’a disputé que quelques matchs en WNBA, mais on a vu des fulgurances de ce qu’elle est capable de faire. Il y a eu des moments, mais aussi des matchs entiers où elle était vraiment forte. C’est excitant de savoir qu’elle est encore jeune et qu’il n’y aucune raison qu’elle ne progresse pas tous les ans.

Je voulais que l’on parle un peu de Layshia Clarendon, ta future coéquipière à New York. Déjà, j’imagine que c’est cool de savoir qu’il y aura un autre parent dans l’équipe. Ensuite, qu’est-ce que tu as pensé de son message puissant sur les athlètes transgenres  

J’ai trouvé ça incroyable et formidable qu’elle ait bien voulu en parler. Elle a eu le courage de partager sa propre histoire et on a besoin que davantage de gens fassent comme Layshia. Je suis fière d’être sa coéquipière. Parler de ça a dû être un moment important pour elle, c’est certain. C’est vrai que je suis heureuse de savoir qu’elle a un enfant aussi. On s’est envoyé quelques messages à propos de nos bébés et on s’est dit que c’était super d’avoir un autre parent dans l’équipe. On espère que nos compagnes partageront du temps ensemble avec les enfants pendant qu’on sera en train de s’entraîner ou de jouer. C’est bien d’avoir quelqu’un d’autre que ma femme capable de comprendre ce que c’est de trouver un équilibre entre être un athlète et être un parent.

Les fans français t’adorent toujours et espèrent que tu vas réussir à New York. Qu’est-ce que tu retiens de ces deux années à Montpellier ? 

J’ai adoré mes coéquipières. Elles ont été la meilleure chose qui me soit arrivée là-bas. J’ai beaucoup aimé la ville de Montpellier, le fait d’être près de la plage, mais aussi les superbes fans. Les fans sont vraiment très cool en France. J’ai apprécié les villes dans lesquelles on allait jouer et la culture française en général, mais ce sont bien mes coéquipières qui sont mon meilleur souvenir. Surtout la première année, c’était vraiment spécial. Dans le group chat que l’on a encore, on se dit souvent à quel point c’était une équipe unique de par le fait que tout le monde s’entendait bien et s’aimait. Il y avait une alchimie sur et en dehors du terrain. J’ai pris beaucoup de plaisir et j’ai d’excellents souvenirs de Montpellier.



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