Le conseil de classe de la saison 2020 #4 : Minnesota Lynx

Donne-moi ta main et prends la mienne. La cloche a sonné ça signifie… que la rue est à nous, que la joie vienne. Mais oui, mais oui, l’école est finie !

La saison 2020 est désormais terminée et bien derrière nous. L’occasion de se retourner et de faire le bilan équipe par équipe. Le conseil de classe s’est réuni pour parler des Minnesota Lynx et a rendu son verdict.

Bilan d’année

Le conseil doit bien admettre qu’il a fait une magnifique erreur de jugement, comme beaucoup, concernant les Minnesota Lynx. Il arrive parfois à un professeur d’être trop hâtif au sujet de l’appréciation d’un élève et de douter de ses capacités. Cela a été le cas avec les Lynx. Le passé et la compétence de Cheryl Reeve auraient dû nous inciter à davantage de respect. Alors qu’on les imaginait un peu démunies sans, une fois de plus, Maya Moore, avec une Sylvia Fowles vieillissante et un roster dont le clinquant ne saute pas aux yeux, les Lynx ont dépassé nos attentes et avec la manière.

On les imaginait se battre péniblement pour l’un des derniers spots pour les playoffs. Elles ont plutôt choisi de faire la nique aux puissants et ont bouclé la saison régulière au 4e rang (à une victoire seulement du podium) en déployant un jeu enthousiasmant où collectif et défense de plomb étaient les maîtres mots. Malgré la blessure prématurée de Sylvia Fowles, peu après avoir battu le record de rebonds en carrière de son ancienne coéquipière Rebekkah Brunson, Minnesota a tenu le choc.

En playoffs, Napheesa Collier et ses camarades se sont même offert le luxe de bouter le Phoenix de Diana Taurasi hors de la post-saison, lors d’une partie coupert décidée en un seul petit point. Derrière, les Lynx ont logiquement été battues en trois matches par l’ogre Seattle, mais les équipes à avoir autant fait transpirer le Storm cette saison que l’a fait “Minny” lors du game 1 (88-86) ne sont pas nombreuses.

La grande absente : Sylvia Fowles

© Lorie Shaull

Une absence tout à fait excusée car involontaire et inévitable. L’ancienne MVP était partie sur les chapeaux de roue avec 7 matches de très haut niveau et le pressentiment qu’elle pourrait lutter pour le titre de Defensive Player of the Year. Son mollet en a décidé autrement et on l’a surtout vue comme assistante de luxe de Cheryl Reeve jusqu’à la fin de la saison régulière. Elle a tenté un comeback en playoffs et a disputé une rencontre, mais sa condition était trop juste pour lui permettre de réellement aider Minnesota à embêter Seattle. On fait confiance à celle qui est désormais la meilleure rebondeuse de l’histoire de la WNBA pour arriver requinquée en 2021 et montrer qu’elle a encore de l’huile dans le moteur pour aider les Lynx à viser le titre.

La bonne élève : Napheesa Collier

Une Phee en or

© Lorie Shaull

La Rookie of the Year 2019 n’a décidément pas le temps. On attendait de voir ce qu’elle donnerait pour sa deuxième année dans l’établissement et Napheesa a tout simplement montré qu’elle avait déjà sa place parmi les meilleures joueuses de la planète. Cela peut paraître un peu prématuré, mais c’est pourtant l’impression qu’elle a laissé en étant la patronne de ce groupe surprenant.

Défensivement magnifique, offensivement sur la pente ascendante, l’ancienne joueuse de UConn est l’une des joueuses les plus fortes de la ligue des deux côtés du terrain. Elue dans la All-NBA Second Team et la All-Defense Second Team, Collier aurait été All-Star à nouveau si l’événement avait pu se tenir et on peut objectivement la classer dans les 5-6 meilleurs éléments dans la MVP Race remportée par A’ja Wilson.

On sent que sa marge de progression est encore importante, ce qui rend d’autant plus effrayante l’ailière des Lynx, que l’on aura l’immense chance de voir porter le maillot du BLMA en février.

La petite nouvelle : Crystal Dangerfield

Pas de cancre cette fois-ci, mais une nouvelle arrivée dans la classe qui a fait très rapidement parler d’elle. Crystal Dangerfield, draftée au 2e tour par les Lynx à la surprise générale, n’a pas mis longtemps à montrer aux autres franchises à côté de quoi elles étaient passées… L’ancienne meneuse de UConn a très vite pris les rênes de l’équipe sans jamais donner l’impression de découvrir le monde professionnel.

A la vitesse de la lumière, comme elle le fait balle en main, la petite Crystal a conquis le rôle de point guard titulaire et le coeur des fans de la franchise. Elue rookie de l’année, Dangerfield a bouclé la saison comme meilleure marqueuse et meilleure passeuse de son équipe, avec de très, très belles promesses pour les années à venir.

Le programme des vacances

Un peu avant le début de la saison 2020, Cheryl Reeve avait laissé entendre qu’il ne fallait pas exclure du tout la possibilité de revoir Maya Moore en action en 2021. Depuis ces déclarations, la superstar a accompli la mission qu’elle s’était fixée en réussissant l’exploit de faire libérer Jonathan Irons, aujourd’hui son mari, de la cellule dans laquelle il avait passé une grande partie de son existence, vraisemblablement à tort. L’un des points importants des prochains mois pour Cheryl Reeve sera de tâter le terrain avec Maya pour voir si elle est justement prête à reprendre du service pour continuer d’écrire sa légende et faire grimper d’un coup les ambitions des Lynx. Dans tous les cas, les Lynx ont de la place sous le cap pour tenter d’attirer au moins un gros poissons dans leurs filets sur le front de la free agency. On fait confiance à Reeve pour monter le meilleur roster possible afin de tenter de reconquérir un titre qui lui échappe depuis 2017 et son formidable Three-peat.


Note du conseil de classe : Félicitations. C’est le moins que l’on puisse faire après avoir autant doué de la capacité de Minny à rayonner dans l’adversité et l’incertitude. Du coup, on sera forcément plus exigeants encore pour la saison 2021, où elle ne devra viser pas moins que de faire partie de la tête de classe.



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