Les Sparks perdent Kristi Toliver et Chiney Ogwumike

“Avec tous ces forfaits à droite et à gauche, est-ce que le plus logique, finalement, ce ne serait pas de miser sur les Los Angeles Sparks et leurs stars qui seront toutes là ?” Voilà ce que je me disais en début de semaine. C’était avant que la saignée ne se poursuive en WNBA, avec l’annonce de deux forfaits chez les Sparks.

Kristi Toliver, l’une des recrues phares de l’été californien, et Chiney Ogwumike, importante dans la rotation de Derek Fisher la saison dernière, ont décidé de faire l’impasse. Evidemment, ça ne fera pas autant de bruit que si Candace Parker et Nneka Ogwumike, la soeur de Chiney, avaient pris la même décision. Mais ces défections sont problématiques pour L.A. et assez inquiétantes dans l’optique de la reconquête d’un titre qui échappe à la franchise depuis 2016.

Toliver venait de revenir au pays après avoir aidé les Washington Mystics à remporter le premier trophée de leur histoire. Le poste d’arrière titulaire et de mentor – elle est coach assistante en NBA – lui était promis et devait permettre aux Sparks de faire bien mieux que la piteuse élimination contre Connecticut la saison dernière en playoffs.

La joueuse de 33 ans a expliqué son choix, dans des termes qui pourraient bien être ceux utilisés par d’autres prochainement si elles ne sont pas convaincues de la fiabilité de la “bulle” mise en place en Floride pour démarrer la saison.

“J’ai beau avoir vraiment envie de me battre avec l’équipe, d’être une leader et d’être présente, je ne suis pas à l’aise avec le risque que cela présente pour ma santé, à court et à long terme. Il y a trop d’incertitudes au sujet du Covid-19 et un risque de blessure important. Pour moi, la bonne décision au regard des circonstances, c’est de ne pas jouer cette année”, a-t-elle expliqué sur ESPN.

Les Sparks ne peuvent que respecter le choix de Toliver, mais doivent forcément repenser au fait qu’ils lui ont fait signer un contrat de trois ans qui risque de s’avérer moins pertinent après une saison blanche et alors que l’arrière All-Star aura 34 ans. Certains s’attendaient à cette décision, depuis que Kristi Toliver avait participé à la conférence téléphonique organisée par Kyrie Irving et à la suite de laquelle plusieurs joueurs NBA, Avery Bradley des Los Angeles Lakers notamment, ont choisi de ne pas reprendre la saison.

Pour Chiney Ogwumike, l’explication est un peu différente. C’est l’historique de blessures de l’ancienne n°1 de Draft et All-Star qui l’a poussée à renoncer.

“Si vous me connaissez, vous savez que j’ai surmonté certaines des plus grandes difficultés qu’une athlète peut avoir à affronter sur le terrain. Mes blessures passées m’ont donné de la force et ont construit ma personnalité. Malheureusement, elles m’obligent aussi à faire attention à ma préparation en marge d’une saison”, a expliqué Ogwumike sur Twitter.

L’intérieure de 28 ans a, il est vrai, manqué des saisons par le passé à cause de problèmes au genou et d’une rupture du tendon d’Achille. De quoi se demander si toutes les joueuses qui ont connu des blessures graves dans un passé relativement récent ne vont pas faire le même choix. Breanna Stewart, la star du Seattle Storm, a déjà évoqué les difficultés que représentait cette situation pour elle, de retour d’une rupture du tendon d’Achille il y a quelques mois seulement.

Le fait que la deadline initialement fixée par la WNBA se soit étendue ne change rien. Les joueuses sont en contrôle et peuvent décider, si elles le souhaitent, de retirer leur participation même une fois dans la bulle. La logique voudrait qu’à partir de maintenant, seules des joueuses qui peuvent se permettre financièrement de renoncer – grâce à leur engagement en Euroleague notamment – annonceront leur forfait. A priori, celles qui souhaitaient se désengager pour accompagner la réforme sociale aux Etats-Unis l’ont déjà fait et c’est désormais uniquement le motif sanitaire qui primera sans doute.

Pour l’heure, Kristi Toliver et Chiney Ogwumike rejoignent donc sur la liste des forfaits les joueuses suivantes :

Natasha Cloud et LaToya Sanders, des Washington Mystics, Tiffany Hayes et Renee Montgomery du Atlanta Dream, Jonquel Jones, du Connecticut Sun et Rebecca Allen, du New York Liberty. On aimerait pouvoir vous dire que la liste ne s’allongera pas, mais rien n’est moins sûr. Cette situation est tellement inédite et délicate à gérer sur le plan personnel pour les joueuses qu’il est impossible de prévoir ce qu’elles feront jusqu’à la reprise dans un peu moins d’un mois.

Tous les jours, elles lisent comme tout le monde les chiffres incroyablement alarmants de la propagation du virus en Floride, précisément là où elles sont censées faire leur job.



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