Cameron Brink est déjà impactante et même plus que l’on pouvait l’imaginer..

Il y a des front offices WNBA qui peuvent se frotter les mains et celui des Los Angeles Sparks en fait clairement partie. En sélectionnant Cameron Brink en 2ème position de la Draft 2024, les dirigeants californiens avaient à coup sûr parié sur l’avenir tant le potentiel de la joueuse était effrayant. Mais ils ne pensaient sans doute pas que Cam serait déjà leur présent !

Si vous nous suivez, depuis qu’on vous casse les oreilles avec la classe 2024, vous savez à quel point on prête à Cameron Brink le plus gros potentiel de cette Draft unique. Car même si son développement se poursuit et il est loin d’être à terme, je pense que personne ne pensait qu’elle serait déjà aussi impactante dès ses premiers matchs WNBA. Être très correcte d’entrée ? C’était presque une certitude. Mais autant impacter son équipe et rentrer dans une brochette de performances all-time au bout de 5 rencontres ?Jamais de la vie, y compris chez Swish Swish, où lui voit, encore une fois, un avenir sans limites.

Alors bien évidemment l’échantillon reste faible, mais c’est tout de même bien suffisant pour se faire une idée, puisque les excellentes situations offensives et défensives ont été présentes. Au delà des performances chiffrées dont on va parler ci-dessous, le premier aspect qui me bluffe totalement c’est sa capacité à maitriser si tôt le rythme WNBA très exigeant et très différent de celui de la NCAAW. Nous le savons et le répétons régulièrement, la WNBA, pour des rookies, peut vite devenir un enfer vu la faible durée de transition du monde amateur vers le monde professionnel. Là où des joueurs NBA, par exemple, peuvent avoir plusieurs mois d’adaptation et de travail, la WNBA débute à peine un mois après le tournoi NCAAW. Il est donc extrêmement difficile de faire la transition et de matcher l’intensité. Par exemple, on le constate actuellement avec Caitlin Clark qui malgré des fulgurances grâce à son talent, paye régulièrement le rythme effréné de cette ligue. A l’inverse, Cameron Brink s’est glissée dans le monde professionnel sans difficultés, tout en conservant cette capacité d’éponge qu’elle possède depuis ses jeunes années afin d’apprendre à vitesse fulgurante.

Statistiques

Sur le plan des statistiques individuelles, autant vous dire que quelques chiffres font froid dans le dos pour une débutante de cette ligue :

  • Minutes joués en moyenne = 25 min
  • Points = 10.8
  • Rebonds = 5.8
  • Passes décisives = 2.4
  • Interceptions = 1.2
  • Contres = 3.2 (Leader WNBA)
  • FG = 3.8/7.2 (52.8%)
  • 3P = 1.2/2.8 (42.9%)
  • LF = 2/2.2 (90.9%)
  • Balles perdues = 2.6

Nous vantons régulièrement ses grosses qualités défensives, mais comme depuis maintenant plus d’un an, Cameron rayonne également en attaque. Elle est actuellement sur une saison en 50-40-90, ce qui pour rappel est un aspect très rare dans le basket féminin. Sur un temps de jeu décent, à ce jour, une seule joueuse a obtenu ce type d’efficacité dans l’histoire de la ligue (Elena Delle Donne en 2019, qui avait d’ailleurs été élue MVP sans discussion). Certes, le volume de tirs est encore assez faible, mais c’est aussi une qualité rare. Cameron possède déjà une excellente sélection de tirs et ne fait que rarement des mauvais choix offensifs. Sur un échantillon plus important, elle perdra certainement un peu d’efficacité, mais c’est déjà impressionnant de maintenir ce rythme si tôt dans sa carrière.

Production défensive

Quand on pense Cameron Brink, on pense avant tout à la défense. Illustration ici avec deux vidéos qui montrent le côté élite de la joueuse de ce côté du terrain :

Observez plutôt sa position au début de l’action, les yeux toujours tournés vers le jeu mais sans pour autant se détacher de son adversaire direct. L’art de flotter entre l’aide côté ballon sans jamais perdre sa joueuse à l’opposé. Les deux déplacements défensifs pour d’abord venir empêcher Teaira McCowan de marquer sur le rebond offensif et ensuite venir contrer Arike Ogunbowale sont de très haut niveau. Cette mobilité et cette protection de cercle va permettre à l’avenir à Los Angeles d’obtenir énormément de ballon de relance et des points à haut pourcentage. Ce n’est pas pour rien que Cameron Brink est déjà en tête des contres par match sur seulement 25 minutes.

Quand on évoque Cameron, on pense aussi beaucoup aux contres spectaculaires, mais ce n’est qu’une partie de son jeu. Ce qui change réellement le jeu défensif de ses équipes c’est sa dissuasion. A ce jour, elle ajoute de la crainte aux attaques adverses par sa simple présence. Sur cette deuxième vidéo, même sans contrer, sa présence va perturber le drive d’Arike Ogunbowale au point de manquer un panier relativement aisé pour une joueuse de ce calibre. Cameron possède cette capacité à interdire le drive vers le cercle et impacte l’alternance de jeu des équipes.

Cette dissuasion se traduit par un accès au cercle verrouillé. Quand elle se trouve dans la raquette, elle limite ses adversaires à 33.3% aux tirs. En résumé, vous allez manqué deux paniers sur trois devant Cameron Brink. Elle n’est devancée aujourd’hui au poste de pivot que par Jonquel Jones (31%) et se classe largement devant d’autres excellents défenseurs du poste comme Elizabeth Williams (35.6%), Ezi Magbegor (36.4%) , et la double DPOY en titre A’ja Wilson (45.7%). Imaginez à l’avenir avec des talents défensifs de plus haut niveau autour d’elle.

Sa dernière grande qualité défensive qui ne transparait pas immédiatement dans les statistiques, c’est sa capacité à effectuer des écrans de retard pour ses partenaires au rebond défensif. Malgré moins de rebonds pris qu’en NCAAW, elle verrouille tout rebond offensif à l’adversaire. Rien donc de très étonnant d’observer les Spaks dans le top 3 des rebonds défensifs et voir une joueuse comme Dearica Hamby réalisait sa meilleure saison en carrière aux rebonds (13 rebonds contre 6).

Production offensive

Sa palette offensive est actuellement moins élite que celle défensive mais attention elle sait également punir quand il faut. Elle possède déjà cette capacité de jouer moderne en attaque. Son arsenal proche du panier ou loin du cercle lui permet d’avoir une capacité d’adaptation en fonction de ses adversaires :

  • Sur des joueuses plus physiques comme Teaira McCowan elle peut la forcer à s’écarter du cercle avec son danger à 3 points. Dans la rencontre d’hier contre les Wings, elle a su punir sur cet aspect en prenant 6 tirs à 3 points à 50% de réussite. Avec sa mobilité et sa manipulation de balle, elle peut également jouer des drive vers le cercle pour prendre de vitesse de nombreuses postes 5 de la ligue.
  • Sur des switchs défensifs ou sur des joueuses plus petites en taille et donc plus mobiles, elle va faire payer les déficits de taille sur du jeu posté.

En résumé, c’est déjà un enfer à défendre si elle continue de mettre dedans de loin. Je pense à ce jour que la solution optimale pour la gêner et de lui envoyer une joueuse physique plus petite capable de résister sur du jeu posté. Des profils comme Alysha Clark ou Betnijah Laney très puissantes sur leurs jambes pourraient l’impacter physiquement. En revanche attention si Cameron développe plus de puissance ce qui arrivera très certainement avec l’âge.

Enfin cette capacité de jouer à la fois en poste 5 ou en poste 4 offrent des perspectives très intéressantes aux Sparks que ce soit sur du jeu plus petit ou même des solutions d’inversions de jeu entre le poste 4 et le poste 5.

Le développement

Dans les axes de développement, il va falloir évidemment avoir un temps de jeu plus conséquent. C’est le petit bémol de son début de saison ou elle ne peut que très rarement jouer plus de 25 minutes en raison de quelques problèmes de fautes. Même si c’est un problème, c’est selon moi à relativiser, tellement la joueuse veut dissuader toutes les actions. Rien donc de très étonnant de prendre des fautes. Il faudra qu’elle puisse faire un peu de tri, prendre aussi l’habitude et la compréhension du jeu WNBA pour gérer mieux les phases défensives, mais personnellement cette attitude de vouloir défendre chaque possession comme si sa vie en dépendait me réjouit dans un basket moderne où la défense reste par moment aléatoire.

Un dernier point de développement sur le côté offensif de son jeu : les actions de “Pick and Roll”. Elle préfère actuellement plus les situations de “Pick and Pop” ou elle peut soit enchainer des passes, des déplacements ou des tirs. Il sera intéressant qu’elle puisse développer cet aspect du jeu car avec sa taille et sa mobilité, elle pourrait devenir un vrai problème. Le manque de création des extérieures de Los Angeles ne permet pratiquement pas la mise en œuvre de ce genre de situation de jeu. Si les Sparks arrivent à obtenir Paige Bueckers lors de la draft 2025, nul doute que nous verrons Cameron très rapidement progresser sur cet aspect.

Cameron Brink ou Killa Cam, son nouveau surnom, débute sa carrière sur les chapeaux de roue. En avant saison, je me demandais si elle pourrait être meilleure contreuse de la ligue ainsi qu’obtenir éventuellement quelques voix au trophée de Defensive Player of the Year. Après deux semaines de compétition, je ne me pose plus ces questions : elle sera une candidate crédible. Et ce n’est pas tout, avec son impact défensif, sa capacité à progresser en attaque, il est déjà évident que Cameron sera également dans la discussion du rookie de l’année.

Pour finir sur une note humoristique mais qui reflète la réalité quand on découvre Cameron Brink sur un terrain, voici deux commentaires récents de Devereaux Peters, ex-joueuse WNBA et deux fois Championnes avec les Lynx :

https://twitter.com/MsPeters14/status/1794192560229159279
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