La Minute Skills : Elena Delle Donne

Elena Delle Donne
© Lorie Shaull

Elena Delle Donne n’a plus besoin d’être présentée. Sacrée championne WNBA cette saison avec les Washington Mystics, elle fait partie des meilleures joueuses de ce championnat et tout simplement de la planète. Logique donc que Team USA lui ait ouvert les bras. L’emblématique star est, au-delà de ses qualités multiples, la joueuse avec le pourcentage de réussite le plus élevé sur les free throws, que l’on connaît mieux sous le nom de lancers francs. Un point crucial dans le basket moderne, même si ce n’est pas le plus spectaculaire., auquel nous allons nous intéresser aujourd’hui.

Depuis ses débuts au Chicago Sky, entre 2009 et 2013 pendant quatre saisons, jusqu’à aujourd’hui, Elena Delle Donne a toujours affiché une régularité phénoménale sur la ligne des lancers. En effet, dès sa saison rookie, EDD finit en tête du classement au pourcentage d’adresse dans ce secteur avec… 92.9 % ! Une performance qu’elle rééditera en 2015, l’année de son premier titre de MVP (95% avec 7 lancers en moyenne par match) et l’année dernière, pour son deuxième trophée individuel et son premier titre de championne WNBA, avec un record monstrueux de 97.4% sur la ligne. Grâce à ça, elle est devenue la première femme à intégrer le club très fermé du 50-40-90. Il faut, pour l’intégrer comme Larry Bird, Steve Nash ou Stephen Curry, boucler une saison à au moins 50% d’adresse globale, 40% à 3 points et 90% sur la ligne des lancers.

Certains pensent peut-être qu’afficher une telle adresse en la matière n’est pas un exploit. Que le lancer franc est le tir “le plus facile” au basket. C’est une erreur. On oublie très souvent le contexte dans lequel ce tir est pris.

L’importance du mental !

Déjà, pour arriver sur la ligne des lancers il vous faut avoir provoqué une faute. L’intensité d’une rencontre de basket, surtout au niveau WNBA, fait que vous n’arrivez pas forcément à chaque fois très fraîche sur la ligne.

Ce tir est autant mécanique que psychologique. Chaque lancer que vous loupez, c’est autant de points que vous manquez. Vous avez le temps d’y penser précisément 5 secondes, soit le temps qui est laissé à la joueuse pour enchaîner. Les coachs détestent les joueurs qui manquent trop souvent ces paniers, souvent faute de travail.

L’un des plus mauvais shooteurs de lancers est l’immense Shaquille O’Neal. Dès qu’il arrivait sur la ligne, scorer devait très compliqué… Heureusement pour lui, il avait bien d’autres armes pour scorer et peser dans le jeu des Lakers. Mais imaginez s’il avait tourné ne serait-ce qu’à 70% sur la ligne !

Ajoutez à la difficulté technique le contexte d’une salle bondée avec du bruit, des sifflets, mais aussi la fatigue physique et l’enjeu d’une fin de match qui se joue à 1 ou 2 points. Vous avez entre les mains l’espoir de vos coéquipières et de votre coach. Vous comprenez, donc…

Elena Delle Donne, elle, ne tremble pas, peu importe le moment ou l’importance de son tir. C’est une force tranquille, un mental, à toute épreuve et contexte.

Tentons de comprendre cette régularité incroyable.

Elena Delle Donne démontre son talent pour le Wall Street Journal.

Quand on regarde bien le tir de cette joueuse emblématique, on constate qu’elle possède une gestuelle du haut du corps très « old school ». Comprenez là que ce tir est vraiment ce que l’on peut apprendre dans toutes les écoles de basket dans le monde. Après avoir pris en compte son premier ingrédient magique qui est un cocktail de mental et de sang-froid, on poursuit l’analyse avec ses skills.

Le haut du corps 

Le bras shooteur, le droit pour Elena, est celui qui porte le ballon. Il forme un angle de 90° avec le ballon sur la paume de main. Son bras gauche est sur le côté du ballon pour lui permettre un équilibre et une trajectoire parfaits et ne lui laisser aucune chance de se désaxer.

Ensuite, sa mécanique de shoot est bien huilée. Elle a dû répéter et travailler cette gestuelle pendant de longues heures de travail et depuis de longues années.

Le poignet se casse à la fin de l’extension du bras et le fait de reposer son ballon sur sa paume de main (mais un peu plus sur les phalanges) va permettre de donner de la courbe et de la vitesse à la balle. Si vous regardez bien, vous apercevrez la main complète d’Elena fouetter la balle, mais son index restera plus haut que les autres doigts. Ce qui termine de donner sa direction au ballon : tout droit dans le panier.

On arrive la sur des conditions optimales du swish.

Le bas du corps 

Il y a différentes possibilités quand on est joueur de basket. Certains préfèrent aligner leurs appuis sur la ligne, respecter la largeur des épaules dans l’écart de leurs appuis, là où d’autres mettent de la flexion ou du jump.

Elena à une vraie particularité sur son placement d’appuis : son appui droit est le plus avancé par rapport à la ligne pour donner du prolongement a son bras shooteur.

Son appui gauche est positionné plus en arrière et son écart d’appuis est très léger.

Alors, pourquoi les réussit elle autant ?

Les appuis sont cruciaux

Quand on associe sa gestuelle parfaite à son travail acharné, son placement d’appuis est très malin, car cela va créer un avancement de son épaule droite et lui permettre de moins forcer, mais surtout de placer son tir dans un axe du panier imparable pour mettre dedans.

L’autre élément que l’on prend en compte, c’est qu’elle n’applique qu’une légère flexion de jambes pour son tir. Elena Delle Donne mesure 1,96 m. En plaçant le ballon juste au-dessus de sa tête pour shooter son lancer, on se doute qu’elle n’aura pas besoin de sauter et de « pousser » beaucoup plus sur ses jambes pour faire atteindre le cercle à la balle.

Dernier élément qui est important au basket et donc naturellement au lancer franc, c’est la vision du cercle. Cela paraît évident et parfois certains arrivent à marquer des lancers francs sans regarder. Mais dans un match et dans des conditions parfois compliquées de jeu, la vue et le toucher de balle sont primordiaux.

Elena Delle Donne sera encore très précieuse cette saison avec cette arme du lancer dans sa panoplie. Au côté de Tina Charles, notamment, elle va faire de Washington une des raquettes les plus difficiles à défendre. Qui dit défense difficile, dit fautes commises. Et qui dit fautes commises, dit… vous avez compris.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *