March Madness-day 9 : Stanford passe au bout du suspense, Aari McDonald éjecte UConn

Le corps se réveille. Seulement quelques heures se sont écoulées pour les plus téméraires qui sont allés jusqu’au bout des deux match du Final Four du Tournoi NCAA 2021. Pour les autres, il faut prendre connaissance des résultats de la nuit. Et quelle nuit !

Surprise, déception, joie, autant de réactions différentes en fonction de ses affinités. Mais une seule prévaut en tant que fan de basket  : l’excitation. On a eu droit à de superbes matchs à la hauteur d’un Final Four de March Madness.

Que demander de plus ? Le résumé évidemment !  

Stanford-South Carolina, un vrai thriller !

S’il y a un match que j’espérais et avait coché quand la NCAA a publié son bracket, c’est bien ce Stanford – South Carolina. Tous les ingrédients étaient présents pour en faire un grand match ! Deux coaches phares du paysage universitaire américain, des joueuses physiques et athlétiques, une profondeur d’effectif des deux côtés et du talent. Beaucoup de talent !

On s’attendait à un match serré  et on l’a eu. Stanford l’a emporté 66-65. Un petit point d’écart au final, cruel pour certaines, salvateur pour d’autrse. Si la victoire est allée aux troupes de Tara VanDerveer, l’entame de match ne semblait pas devoir mener à cette issue.

Mené 15-6 après cinq minutes de jeu, Stanford nous a offert un début identique à celui contre Louisville et qui aurait pu coûter cher face à des Gamecocks ayant soif de victoire. Le temps mort rapidement posé par Vandeveer a été salvateur. Le Cardinal a immédiatement réagi avec un run de 16-2 pour commencer un nouveau match.  

L’attaque de South Carolina a eu du mal toute la soirée mais a pu se reposer sur la snipeuse Zia Cooke et son rainbow shot avec ficelle quasi assurée (5/8 à 3 points). Et quand ça a commencé à fatiguer, la junior Destanni Henderson a pris le relais. Le match a été serré avec des changements de lead, des batailles au rebond et un suspense intact jusqu’à la toute fin. Henderson (18 points, 5 rebonds) a d’abord donné un point d’avance à South Carolina sur un panier à 3 points avec 40 secondes à jouer à l’horloge. Le coup de grâce, pouvait-on se dire alors, pour punir une équipe de Stanford brouillonne à la finition (des lay-up manqués, des marchers évitables…). Mais l’héroïne du soir en a décidé autrement.

Haley Jones, désignée comme la meilleur lycéenne du pays en 2019 avant de rejoindre la Californie, était tout simplement en feu. La polyvalente joueuse de Stanford a affiché si peu de déchet qu’on s’est demandé si elle avait seulement raté un tir. Jones a pesé avec 24 points à 11/14 (2/2 de loin) et un tir qui a donné l’avantage définitif à Stanford sur un rebond de la dynamique Lexie Hull. Cette dernière, qui aura squatté la ligne des lancers-francs à 8/8) mais surtout 13 rebonds dont 6 offensifs, a souvent elle remis Stanford sur les bons rails.

Tout aurait pu s’arrêter là et victoire de Stanford. Mais il fallait évidemment un peu de dramaturgie pour que ce match reste dans les mémoires. A quelques secondes du buzzer final, South Carolina est parvenu à intercepter la remise en jeu adverse pour disposer d’une chance inespérée d’arracher la victoire. Sur le dernier tir, le ballon roule hors du cerle, Aliyah Boston (11 points, 16 rebonds, 4 blocks) parvient à prendre ce qui semblait être son 299ème rebond offensif de la soirée juste devant le cercle. La finition s’annonce facile pour l’une des meilleures jeunes intérieures du pays. Sauf que la balle rebondit sur le fond de l’arceau et s’en éloigne. Les larmes montent immédiatement chez Boston, une fois les espoirs de victoire envolés. Impossible de ne pas être ému en la voyant aussi bouleversée, mais heureusement consolée par Haley Jones, notamment, l’une de ses camarades de jeu avec Team USA il y a deux ans.

Stanford a plié, subi, mais jamais rompu. J’ai parlé de Jones et Hull mais on peut aussi évoquer la présence de Cameron Brink, qui s’est illustrée en défense (6 contres) ou bien le facteur X depuis quelques matchs Ashten Prechtel. La question finalement avec Stanford n’est pas de savoir si elles vont gagner, mais plutôt qui va s’illustrer et jouer le rôle de femme providentielle.  

Et la nuit se termine par la surprise du chef !

Peu de monde donnait cher de la peau d’Arizona face à UConn et sa star Paige, devenue récemment la première freshman de l’histoire à être nommé joueuse de l’année par l’Associated Press. Les médias non plus n’y croyaient pas, allant même jusqu’à ne pas inclure Arizona dans certains clips publicitaires pour ce Final Four. Adia Barnes, coach d’Arizona, parlait avant le match de cet élément comme d’une source de motivation supplémentaire. Quand on voit ce que proposait déjà Aari McDonald sur ce tournoi jusqu’alors, pas sûr que ce soit une bonne idée de l’énerver.

Prenant un malin plaisir à déjouer les pronostics des sceptiques (j’en faisais partie) depuis plusieurs tours et participant au premier Final Four de son histoire, Arizona a encore ajouté une nouvelle page à son histoire. En battant UConn 69-59, Arizona ne s’offre pas seulement le scalp de l’équipe la plus en vue mais aussi un ticket vers la première finale NCAA de son histoire. Pas mal pour une équipe qui disputait et remportait le WNIT (tournoi secondaire) en 2019.

Arizona est venu avec l’idée de couper Paige du ballon et pour cela, quelle meilleure idée que lui mettre Aari, une des meilleures défenseuses du pays, sur le dos. Dans la lignée de son splendide tournoi, elle ne s’est pas contenté de défendre mais a été tranchante et assassine avec notamment des 3 points et des fautes provoquées qui ont pesé sur l’ensemble du match (26 points à 4/9 de loin, 7 rebonds).

Bien secondé par ses lieutenants Sam Thomas (11 points) et Cate Reese (12 points), Arizona a exécuté son plan de jeu à merveille. De l’autre côté, difficile de faire pire. Gêné par la défense d’Arizona, UConn était surtout à côté de ses pompes. Layup et paniers ouverts manqués, fautes bêtes, lancers francs laissés sur le carreau, l’énergie n’était pas là et l’attitude non plus. Si on a pu voir le retour de Nika Muhl, on a senti qu’elle n’était pas à 100% de ses capacités. A se demander si c’était une bonne idée de la faire rejouer, elle qui revenait d’une entorse. Arizona ne s’est pas fait prier, profitant des largeurs de UConn. Le coup de massue est sévère.

Mais c’est une soirée qui n’est pas à oublier pour les Huskies, bien au contraire. C’est l’occasion d’apprendre. Car oui, je parle bien d’apprentissage pour UConn. J’ai pu lire que c’est un match qu’elle devait gagner, que telle ou telle joueuse n’était pas au rendez-vous. Je ne dirais pas forcément le contraire mais j’aimerais rappeler que c’est un effectif qui a joué la saison avec 7 freshman dont 3 sont des titulaires. Geno Auriemma a aussi mis en avant qu’il y avait peut-être eu un mauvais coaching de sa part. Et je suis en partie d’accord. Mon avis personnel est que j’aurai aimé voir Paige avec plus la balle en main, la libérer d’Aari et la laisser s’exprimer, bien que ça ne soit pas pour le moment sa manière jouer. De plus, la grosse erreur de UConn est de ne pas avoir assez muselé Aari McDonald. Elle a pu faire ce qu’elle voulait et c’est dommage quand on voit la qualité défensive des Huskies. Mais si vous êtes fan de UConn, ne vous inquiétez pas : vu les talents qui arrivent l’année prochaine, l’avenir s’annonce radieux. Je finirai en disant simplement que la saison de UConn reste une réussite.

Un Stanford qui s’impose par sa plus grande qualité, sa profondeur, et Arizona qui continue de voler vers de plus haut sommets derrière sa star Aari McDonald, voilà nos deux finalistes. C’est la première fois que deux équipes de Pac-12 (meilleure conférence des Etats-Unis en termes de basket féminin) s’affrontent pour un titre. L’expérience de Tara VanDerveer contre la jeunesse d’Adia Barnes. Le facteur excitant de cet affrontement ? Les équipes se connaissent très bien, elles se sont déjà affrontées deux fois cette année (deux larges victoire pour Stanford). Il sera donc compliqué de surprendre l’adversaire. A ce petit jeu-là, avantage Stanford qui dispose d’une profondeur sur laquelle ne peut s’appuyer Arizona. La clé de match pour le Cardinal sera « simple » : coller Aari. Ça tombe bien, Stanford a de quoi l’embêter avec Kiana Williams, Anna Wilson ou encore Lexie Hull. Arizona devra faire le match de sa vie.

La fin de la saison approche inexorablement mais avant de s’apitoyer sur notre sort et de compter les semaines avant l’année prochaine, il nous reste LE match qui déterminera le champion NCAA. Rendez-vous dimanche soir, 00h (ESPN) !



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