Mais donnez un poste de head coach en NBA à Becky Hammon !

Voilà déjà 6 ans que Becky Hammon siège sur le banc des San Antonio Spurs, assise aux côtés de Gregg Popovich. Six ans d’une fidélité et d’une loyauté à toute épreuve. Loin de moi l’idée de vouloir pousser Pop à la retraite ou de voir Becky filer loin de San Antonio, mais j’ai tout simplement du mal à comprendre pourquoi Big Shot Becky n’est pas encore à la tête d’une franchise.

Pourtant, des raisons de confier une équipe NBA à Becky Hammon, il y en a un paquet, la principale étant certainement le QI basket de la native du Colorado.

Certaines joueuses ont en effet des compétences athlétiques hors du commun, un mental d’acier ou encore une vision de jeu phénoménale. Becky Hammon a certainement les deux derniers dans son arsenal, mais, surtout, elle a un QI basket au-dessus de la norme. Pau Gasol l’a évoqué dans le portrait que nous avons consacré à Becky il y a quelques mois : “J’ai gagné deux titres NBA, joué avec quelques uns des meilleurs joueurs de cette génération et été sous les ordres de deux des plus grands esprits de l’histoire du sport : Phil Jackson et Gregg Popovich. Je peux vous le dire : Becky Hammon peut coacher. Je ne dis pas qu’elle peut coacher plutôt bien. Ou juste assez bien pour s’en sortir. Ni presque au même niveau que des hommes. Becky Hammon peut coacher une équipe NBA. Point”.

A l’heure où certaines stratégies mises en place par des head coachs donnent des sueurs froides aux amateurs de basket collectif et tactique, nul doute qu’une joueuse comme Becky Hammon saurait mettre en place “du beau jeu”.

Mais n’allez pas croire que seuls les Spurs ont repéré le talent de Becky. Elle a déjà reçu plusieurs propositions pour coacher en WNBA, mais également en NCAA, notamment l’équipe masculine de la fac de Colorado State, où elle a brillé avant de rejoindre les pros. Son objectif est de devenir head coach d’une équipe de NBA et elle ne s’en détourne pas. Pour passer du statut de joueuse non draftée à celui de All-Star, il faut une sérieuse dose de ténacité. Comme durant sa carrière de joueuse, Becky est fixée sur un objectif et le garde en ligne de mire, acceptant les sacrifices que cela impose. Maman de deux jeunes garçons, elle a ainsi passé plusieurs semaines dans la Bubble NBA pour accompagner les Spurs jusqu’aux portes des playoffs, loin des siens et de ses fils. La compétition de haut niveau impose des sacrifices, Becky Hammon l’a bien compris.

Il n’en demeure pas moins qu’il est difficile de comprendre pourquoi certains anciens joueurs ont droit à une voie royale pour devenir head coach, alors que d’autres doivent passer par la case assistant durant de nombreuses saisons. Derek Fisher, Steve Nash ou encore Jason Kidd ont eu les clés d’une équipe presque aussi vite qu’ils ont raccroché leur maillots au vestiaire, sans jamais avoir vraiment eu à intégrer un staff au préalable. On leur a accordé le bénéfice du doute, grâce à leur palmarès ou leur notoriété.

Becky Hammon entamera elle prochainement sa 7ème saison d’assistante-coach. Pat Ewing est resté assistant NBA durant 15 ans, avant de finalement accepter une offre de la prestigieuse université de Georgetown, là aussi celle où il a fait ses derniers pas en tant qu’amateur, en 2017. Le point commun entre Pat et Becky ? Ils n’ont jamais gagné de titres dans leurs ligues respectives. Est-ce qu’une certaine forme d’élitisme de la NBA pousse les dirigeants à regarder le palmarès des anciens joueurs en terme de titres avant leurs compétences de coach ? C’est une piste, mais franchement pas la plus crédible. Même à San Antonio, où tout le monde la tient en très haut estime, il est loin d’être entendu qu’elle succédera à Gregg Popovich lorsque le légendaire coach texan raccrochera. Si Pop lui laisse volontiers s’occuper des Spurs durant la Summer League, le fait qu’il désigne Tim Duncan, assistant néophyte, comme coach principal lorsqu’il est absent ou se fait expulser, n’est pas un signe très encourageant.

La vérité est que l’équipe qui confiera ses rênes à la première head coach femme de l’histoire de la NBA fera office de pionnière. Être un pionnier, ça demande du courage, de la patience et de la volonté. Becky en sait quelque chose.



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