Allie Quigley : son histoire personnelle touchante et ses shooteuses préférées

En 2018, Swish Swish n’existait pas encore. On ne pouvait donc pas vous relayer les beaux textes des joueuses de la ligue, comme lorsque Allie Quigley avait pris la plume pour à la fois raconter son histoire personnelle et la manière dont elle était devenue une shooteuse de légende, mais aussi son top 7 des meilleures tireuses d’élite en WNBA, juste avant le campagne de playoffs.

On vous a traduit tout ça. Vous verrez que deux ans après, les mots d’Allie sont toujours touchants et ses pronostics de l’époque parfois extrêmement pertinents !

Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de mon père.

La vie est cruelle parfois, pour ce qui est de ce dont on se souvient et de ce que l’on oublie. Mon père est décédé d’un cancer quand j’avais 7 ans, et c’est exactement ça : je me souviens à quoi il ressemblait et du son de sa voix. Je me souviens qu’il jouait beaucoup dehors avec nous. Je me souviens que j’étais toujours à la salle avec lui (il était coach et enseignant), et de combien il aimait le sport. Mais les souvenirs plus spécifiques semblent rester inatteignables.

Quand il est mort, mes frères et sœurs – mon grand frère, Ryan, mon petit frère Jake, et ma petite sœur, Sam – et moi on a commencé à se comporter beaucoup plus comme un groupe. Je pense que le décès de notre père nous a vraiment fait comprendre comment, d’une certaine manière, nous étions tout ce que nous avions les uns et les autres. Que nous étions les seuls qui pouvions comprendre notre perte, et ce que cela voulait dire pour nous d’y faire face. Un des meilleurs moyens pour nous de faire ça a été de faire du sport ensemble. Déjà, parce que je pense que c’était une des choses que nous associons le plus à notre père – ce que l’on avait de plus proche d’un souvenir concret. Mais aussi parce que c’était presque comme… un univers complètement différent. Le sport est devenu pour nous un sanctuaire qui nous empêchait de nous sentir mal et de nous sentir seuls face au monde.

On était tous de bons athlètes : Ryan était le plus cool, le plus fort, le meilleur dans tout. Il se regardait toujours dans le miroir – et c’était aussi en gros comme ça qu’il jouait. Sam était la plus bruyante. Elle était rentre-dedans, agressive, toujours en train d’annoncer – et/ou de faire – des fautes. Jake était sûrement celui qui avait le plus de capacités naturellement… mais ça lui importait beaucoup moins que nous, et il voulait juste s’amuser. Ce qui, bien sûr, à l’époque, a rendu fous tous ses frères et sœurs ultra compétitifs. Et puis je pense que moi j’étais un peu plus facile à vivre, un peu plus décontractée. Compétitive aussi, à ma manière, mais clairement plus à l’aise quand je pouvais simplement faire parler mon jeu.

Et donc nous quatre, on allait dehors et on jouait. Toujours deux contre deux, les gars contre les filles. Ça pouvait être n’importe quel sport, même si cela dépendait de la saison. On regardait la télé ensemble et dès qu’un sport passait, on voulait y jouer et l’imiter. Donc si c’était la saison de hockey, on jouait au hockey. La saison de baseball, on jouait au baseball. La saison de foot, on jouait au foot. Au moment des Jeux Olympiques de 1996 à Atlanta les gymnastes de l’équipe Magnificent Seven (l’équipe américaine de gymnastique championne olympique en 1996) passaient beaucoup à la télé. Vous pouvez deviner qu’on avait une poutre improvisée dans le jardin et que l’on faisait tout comme Dominique Moceanu.

Et bien sûr, pendant la saison de basket… nous jouions au basket.

Le basket a toujours été mon premier – vrai amour. En jouant contre les garçons, ma sœur et moi avons développé un tandem de filles inarrêtable. Sam, fidèle à elle-même, faisait tout le sale travail : prendre Ryan en défense, attraper les rebonds, poser des écrans, chiper des ballons, plonger pour attraper ceux qui traînaient… Elle faisait tout. Sam gérait. Et elle me laissait un rôle simple. Je n’avais qu’une chose à faire, en échange de sa combativité : shooter.

J’étais notre shooteuse.

J’étais une shooteuse-née, mais cela ne m’a pas rendue moins obsédée par mon shoot. Je l’ai travaillé, travaillé, et encore travaillé. Je l’ai travaillé si dur ! Je entrainement à shooter depuis chaque spot du terrain – et je ne me permettais pas d’arrêter si je n’avais pas mis cinq paniers d’affilée sur chacun d’entre eux. Je shootais le matin et je shootais le soir. Je shootais avec Sam ou je shootais seule. Je shootais dans notre jardin pendant l’été et j’implorais pour aller à la salle pendant l’hiver. Et à chaque anniversaire, à chaque Noël, je ne voulais qu’une chose au monde : un nouveau ballon de basket. En fait, c’était ça le problème – je shootais tellement, et je jouais tellement, que je ne faisais que d’user mes ballons.

Puis en 1997, quand j’avais 11 ans, la WNBA a débuté.

Après ça, ce ballon orange, basique, n’allait plus me suffire. J’avais besoin d’un ballon officiel de la WNBA, à rayures oranges et blanches. J’en avais besoin. Et je n’oublierai jamais le jour où j’en ai finalement eu un. C’était le matin de Noël en 1997 et je n’arrivais pas à le croire. Je courais partout dans la maison – cette maison petite et pleine à craquer – dribblant avec ce ballon de la WNBA, le faisant rebondir contre les murs et le sol, pour de vrai… personne ne pouvait me contenir. Je pense que j’ai probablement gâché le Noël de tout le monde – en les appelant et en leur demandant s’il y avait une salle ouverte pour que je puisse essayer mon nouveau ballon. C’était trop drôle. J’étais une petite accro au basket.

Et à un moment, quelqu’un a remarqué quelque chose.

C’était mon jump shot. Il y avait un truc. La technique, la posture, la préparation, le lâcher… Tout ça semblait tellement familier.

Bizarrement familier.

Et tout d’un coup, ils ont compris. Ils ont pris une vielle photo d’un album pour le prouver.

Je shoote comme mon père. Vraiment, exactement comme lui. Ils ont dit que c’était troublant. La ressemblance allait jusqu’à ma manière de bouger. Et bien sûr, mon père n’avait pas été là assez longtemps pour m’apprendre à shooter – donc c’était un truc vraiment très fou. C’était un peu comme si c’était génétique ou quelque chose du genre. Comme s’il me l’avait légué, d’une manière ou d’une autre. Il m’avait légué ce don qui était devenu si important pour moi et auquel mes rêves et mon futur allaient être liés. C’était vraiment fou : peu importe la situation, la position de la défense ou quoi que ce soit d’autre, je plantais mes pieds dans le sol, me redressait pour shooter et c’était comme une photocopie.

J’étais le portrait de mon père.

Et cette idée est vraiment devenue puissante pour moi – c’est quelque chose qui est resté avec moi jusqu’à ce jour. Justement… Petite, j’étais triste de ne pas avoir de souvenirs plus clairs de mon père. Mais de savoir qu’il m’avait laissé ce don à la place… Il y a cette idée que, à chaque fois que je shoote, l’empreinte de mon père sur ma vie est présente.

A chaque fois que je shoote, c’est comme si je créais un autre souvenir de lui, un souvenir tout neuf.

C’est pour ça que même si j’ai évolué depuis l’époque où je jouais dans notre allée, au lycée à Joliet, à la fac et dans ma carrière professionnelle pendant cette dernière décennie – et même au fur et à mesure que je grandissais en tant que joueuse, et que j’aiguisais les autres aspects de mon jeu – je savais qu’il y avait ce truc sur lequel je pourrais toujours compter, peu importe la situation : mon shoot.

Je sais que mon shoot n’est pas juste une partie de mon identité.

C’est une partie de celle que j’étais censée devenir.

Je suis une grande fan de Steph Curry – demandez à n’importe laquelle de mes coéquipières. Et l’une des leçons qui me tient à cœur depuis que les Warriors ont débuté leur incroyable série, c’est que prendre feu à 3 points, ce n’est pas seulement un truc de spécialiste ou de role-player. Cela peut aussi être un truc de star. Je pense que Steph – mais aussi Klay et Coach Kerr – ont vraiment prouvé aux gens que, si tu as un shooteur de niveau assez élevé dans ton équipe, il peut dicter le tempo entier du match.

Un shooteur exceptionnel peut dominer. Et par-dessus tout : un shooteur exceptionnel peut faire gagner des titres. C’est génial pour moi de jouer dans une ère où c’est possible.

Même si je suis déçue de la manière dont le Sky a échoué en playoffs cette année, je regarderai en tant que fan, pour voir si l’une de ces shooteuses incroyables décide de « faire une Stephen Curry » et de shooter assez bien pour aller gagner un titre.

Voici les sept femmes qui pourraient le faire :

7- DeWanna Bonner

Tout le monde est passé par là.

Si vous avez fait partie de cette ligue pendant assez longtemps, alors vous aussi : défendre sur DeWanna, à environ 2 mètres derrière la ligne des 3 points, quand elle lève ses bras, les étend, puis casse son poignet et, avant même que vous ne vous rendiez compte de ce qui vient de vous arriver, elle plante un panier à 9 mètres, sur votre tête. C’est complètement démoralisant, mais bien sûr, en tant que fan, c’est vraiment incroyable.

Il y a tant de choses a apprécier dans le jeu de DeWanna… Elle fait 1m93 et sa longueur la rend impossible à défendre. Beaucoup de gens pensent, parce qu’elle est très mince, qu’ils peuvent utiliser leur physique contre elle – mais ce n’est pas du tout le cas. DeWanna est tellement habile et elle va juste jouer son jeu et trouver un moyen de scorer sur n’importe qui.

C’est marrant, avec DeWanna on s’est croisées à Phoenix. C’était ma deuxième année en WNBA et c’était son année rookie, quand le Mercury l’avait draftée en 5ème position. Et elle était juste cette coéquipière géniale, dès le début, avec cette super personnalité pétillante. On avait forcément envie d’être avec elle. Après l’avoir vue jouer à l’entraînement quelques fois, j’ai compris la bonne affaire qu’elle était pour le Mercury. C’est assez incroyable de récupérer un talent comme ça au pick numéro 5. Je jouais à peine, mais je me souviens avoir pensé à quel point cette équipe était exceptionnelle. Diana Taurasi, Cappie Pondexter, puis DeWanna qui jouait déjà bien pour une rookie… Je me souviens que courant juillet, on était sur le point de récupérer Penny Taylor après sa blessure. Et je me suis dit : “Wow”. On peut ajouter une Penny en bonne santé à cette équipe ?? C’est une équipe qui doit gagner le titre.

La chute de cette histoire c’est que, bien sûr, quand Penny est revenue, le Mercury devait faire de la place pour elle dans son roster… et qu’ils ont coupé une jeune joueuse de leur banc nommée Allie Quigley. (Je me demande ce qui lui est arrivé d’ailleurs).

Mais la deuxième chute de cette histoire c’est que j’avais RAISON ! Elles ont gagné le titre cette année là.

Bon.

Quoi qu’il en soit, revenons à DeWanna – j’aime tellement son jeu. Je pense qu’une des choses qui a rendu la WNBA si divertissante ces dernières années est la manière dont le jeu s’étire de plus en plus au fur et à mesure que la notion de « shoot de qualité » disparaît. Cela crée tout cet espace, tout ce mouvement, et c’est vraiment un style de jeu sympa. Et DeWanna a vraiment été parmi les premières à amener ce style en WNBA. Parce que comme je l’ai dit : elle vous aura même à 9 mètres. Et dès que l’on est capable de marquer à 9 mètres… c’est un tout nouveau jeu qui s’ouvre à vous.

Quand DeWanna est sur le terrain, tout est possible.

6- Jewell Lloyd

 Je ne suis pas du genre à me vanter, mais la je vais juste me vanter un petit peu : j’avais repéré Jewel Lloyd avant vous.

Jewell est une enfant de Chicago. En 2013 et 2014, pendant mes deux premières saisons avec le Sky, elle venait passer ses étés de freshman et sophomore ici.

Souvent, avec le Sky, l’équipe contre laquelle on s’entraîne est une bande de garçons qui jouent dans des équipes d’universités de la ville en Division I ou en Division II. Mais un jour, comme ça, une fille est arrivée en portant un ensemble de Notre Dame. Elle avait cette sorte d’aura autour d’elle. On nous l’a présentée. C’est « Jewell, de l’université de Notre Dame » – et elle va être dans l’équipe contre laquelle on s’entraîne cette été et jouer contre nous. Il faut savoir qu’on ne s’entraînait jamais contre des filles… et encore moins des filles de 19 ans qui sont sorties du lycée depuis tout juste un an. On est restées polies, mais un peu hésitantes.

Je vais aller droit au but : elle nous a botté les fesses. Non, je rigole. En fait, Jewell nous a… tuées. Elle est venue à la salle, à 19 ans, avec ses vêtements de Notre Dame, a rencontré quelques uns des gars d’en face, a appris certains de leurs systèmes, est arrivée sur le terrain et, comme ça, a montré qu’elle était une joueuse exceptionnelle. C’était incroyable. Sans mentir, Jewell était sûrement la meilleure joueuse sur le terrain pendant certains de ces matchs. Elle était tellement explosive et jouait tellement librement !

Assez vite, Jewell est devenue celle qui déclenchait tout au sein de notre groupe d’entraînement – c’était sa mission d’imiter la meilleure arrière ou ailière de la prochaine équipe contre laquelle on allait jouer. Donc si on devait affronter Phoenix, alors Jewell était Diana. Si on devait jouer contre Minnesota, alors Jewell était Maya. Si c’était Seattle, alors Jewell était Sue. Et comme je l’ai dit : elle nous bottait les fesses presque à chaque fois.

Bien sur, cette histoire est encore plus drôle et plus incroyable parce que maintenant, cinq ans plus tard, il y a des joueuses dans notre équipe d’entraînement qui ont pour mission d’incarner Jewell Lloyd. Ça prouve à quel point elle est devenue forte et à quel point je pense que tout va marcher pour elle cette année. Ce qui m’impressionne le plus avec son développement, c’est qu’elle n’est pas seulement devenue une scoreuse dominante, mais aussi une joueuse solide et incroyablement intelligente ds deux cotés du terrain. Elle a continué d’accorder de l’importance aux fondamentaux. En vérité, même si elle est déjà une shooteuse dévastatrice, je pense que le meilleur reste à venir. Sa technique, si vous la regardez bien, est absolument parfaite. Donc je pense que ses pourcentages de réussite sont obligés de suivre.

Souvenez vous juste que je l’ai repérée en premier.

5- Renee Montgomery

Peu de joueuses dans ces playoffs ont déjà un eu véritable impact dans des finales WNBA. C’est quelque chose que l’on sous-estime. Ce que je veux dire c’est que les Sparks et le Lynx ont tellement dominé ces dernières années que peu de joueuses ont eu la chance de le faire. Donc quand on regarde le tableau cette année, beaucoup de joueuses risquent de jouer leurs premières finales.

Premièrement, c’est super cool. Mais je pense aussi que ça va faire de l’expérience quelque chose d’important ces prochaines semaines. C’est l’une des raisons qui me font mettre Renee Montgomery, qui a joué trois finales avec Minnesota et a gagné deux bagues, parmi les possibles MVP inattendues des Finales. J’ai perdu très largement lors de mes premières Finales. La première fois qu’on joue là-dedans, c’est dur, je peux vous le dire. Il y a beaucoup de lumière et tu n’es jamais vraiment prête pour ça. Donc je pense que l’expérience de Renee sur ce point, ce n’est vraiment pas quelque chose à ignorer. Cela pourrait créer une vraie différence pour Atlanta.

Deux autres raisons pour lesquelles je vois bien Renee comme MVP inattendue des finales :

Premièrement, Atlanta est 2ème au classement. Les gens n’arrêtent pas de l’oublier ! Mais pendant que toutes les autres équipes sont en train de se battre, le Dream est déjà assuré d’atteindre le Final Four. Cela compte. Des équipes talentueuses vont être éliminées pendant ces matchs à élimination directe…

Et deuxièmement, elle est en feu. Non, sérieusement – regardez par vous-même. Depuis que Angel McCoughtry s’est blessée, Renee a shooté à 3 points pendant les 4 derniers matchs à 6/7, 8/14, 3/8 et 4/8. Sérieusement ? Evidemment, personne ne remplace une championne olympique comme Angel – c’est une joueuse unique. Mais il est clair que l’une des stratégies d’Atlanta pendant l’absence d’Angel va être de donner la balle à Renee.

4- Sue Bird

Si Sue est ouverte, elle marquera.

Il n’y a pas d’autre manière de le dire. Si vous laissez Sue Bird ouverte, elle marquera à chaque. A 3 points, où c’est une tueuse. Mais aussi à mi-distance : elle a ce pull-up de folie que presque personne d’autre n’a. C’est ça le plus gros problème quand vous défendez sur Sue : si vous lui laissez de l’espace, alors c’est fini. Mais si vous ne lui en donnez pas, alors elle trouvera la meilleure option. A mi-distance, au niveau de l’instinct pour changer de rythme, du contrôle de son corps, du sens du mouvement de la balle autour de la ligne à 3 points, elle est meilleure que n’importe quelle autre joueuse de la ligue.

Un autre problème quand vous défendez sur Sue : elle devient meilleure avec le temps. Je sais que cela n’a pas l’air possible pour une joueuse déjà phare de la ligue à 37 ans. Mais je vous jure que c’est vrai. Regardez juste les statistiques : cette saison est la meilleure des 16 saisons de Sue derrière la ligne à 3 points.

Comment a-t-elle réussi à le faire ? Pour moi, je pense que le secret de son succès c’est de s’assurer d’ajouter quelque chose à son jeu chaque année. Beaucoup de joueurs restent dans leur habitudes – donc quand ils commencent à perdre certains éléments de leur jeu, soit à cause de l’âge ou à cause de blessures ou même par malchance, ils n’ont pas de nouveaux trucs pour équilibrer cette perte. Mais Sue est tellement intelligente, et tellement déterminée, elle a toujours l’air tellement amoureuse du jeu… Je pense qu’elle et Michael Jordan sont de bons exemples de joueurs qui, pendant les dernières années de leur carrière, se sont toujours assurés de revenir avec un nouvel aspect dans leur jeu que le reste de la ligue devait déchiffrer.

Pour MJ, je me souviens quand il est revenu avec ce jeu au poste et ces moves où il poussait un peu son défenseur puis, juste après, faisait un fadeaway. Pour Sue, cette année, elle a ajouté ce… honnêtement je ne sais même pas comment l’appeler. Un lay-up… à la louche… en pleine course… avec le pied opposé ??? Et c’est juste super dur, quand vous défendez sur elle, et que vous pensez que vous l’avez scoutée – mais enf aite elle a juste ce truc en plus à prendre en compte, une autre manière dont elle peut t’avoir. Et à ce niveau, où tout se joue sur des centimètres ou des dixièmes de seconde, ça peut être assez pour vous démarquer du reste. Et c’est comme ça que vous voyez quelqu’un comme Sue, qui pendant sa 16ème saison, a un pourcentage de réussite de 45% à 3 points.

C’est comme ça que vous voyez quelqu’un qui a déjà gagné 2 titres à Seattle – et qui y est déjà une légende vivante – sur le point d’en gagner un autre.

3- Kristi Toliver

Il y a des fois où vous pouvez dire de quelqu’un quel genre de shooteur il est, juste en regardant un de ses shoots et il n’y a pas de meilleur exemple pour ça que Kristi. Je n’ai qu’à fermer les yeux pour me remémorer sans aucun problème : Maryland contre Duke, finale du championnat national NCAA. Maryland est derrière de 3 points, le chrono arrive à sa fin. Kristi dribble dans la raquette, tourne sur sa droite, se sort de quelques écrans, fait un step-back sur l’aile à droite, arme son poignet, tranquillement, un lâcher de ballon parfait, et – peut-être à juste un centimètre de la main de la pivot de 2 mètres Alison Bales de Duke – plante un 3 points qui envoie son équipe en prolongation.

J’étais une Sophomore à DePaul à l’époque – essayant de me frayer mon propre chemin jusqu’à la WNBA. Et je me revoir parfaitement en complète admiration, en me disant, Wow… OK. Ça c’est une pro.

Douze ans plus tard, je pense la même chose. Je suis en admiration complète devant le jeu de Kristi – encore et toujours. Elle est restée une championne exceptionnelle au fur et à mesure des années. Tout d’abord, bien sûr, grâce à ce titre avec Maryland. Mais aussi à L.A., il y a 2 ou 3 ans, quand Kristi a gagné un titre avec les Sparks. Elle était tellement une joueuse stable pour elles, et a rentré tellement de tirs déterminants. Et cela ne me surprendrait pas du tout si elle apportait une présence similaire pour les Mystics cette année et les guidait pour aller loin. Entre Kristi, Elena et tout ce qu’elle apporte, LaToya Sanders qui gère ce qui se passe en bas dans la raquette, et Ariel Atkins avec l’impact qu’elle a eu en tant que rookie… Washington peut battre tout le monde.

Et je vais le dire comme ça : je ne pense pas être la seule qui se souvient du 3 points de Kristi contre Duke. C’est un shoot que personne n’a oublié. Et Kristi fait partie de ces joueuses qui, quand elles ont a balle à la fin d’un match, font en sorte que les adversaires n’ont pas d’autre choix que de respecter son shoot. Ils savent qu’elle va shooter, sans aucune hésitation.

Et ils savent qu’elle le mettra.

2- Maya Moore

Le shoot de Maya est une machine. C’est la manière dont je le décrirais. C’est comme si elle ne se fatiguait jamais – et c’est toujours la même technique. Cela peut être un tir à mi-distance, un 3 points du corner, un 3 points de loin, un shoot du milieu du terrain, un spot-up, un pull-up, en sortie d’écran… cela peut être n’importe quoi. Et vous retrouvez toujours la même technique, la signature de Maya, à chaque fois. Et à chaque fois, vous vous dites que ça va rentrer.

Il n’y a pas aucun moyen défendre sur Maya. Elle a le corps parfait pour une arrière. Sa capacité à se placer, le contrôle qu’elle a sur son corps… Tout ça c’est inarrêtable. Et ce que je veux dire c’est que vous pouvez lui balancer n’importe quoi – n’importe quel schéma de jeu farfelu, ou une prise à deux, vous pouvez essayer autant que vous voulez de rentrer dans l’équation, quand elle a la balle, elle peut transformer tout le chaos autour d’elle en sérénité. Il y a 9 autres personnes autour d’elle, essayant désespérément de bien se placer. Et au moment ou elle shoote, avec ce lâcher de ballon absolument parfait au milieu de tout le monde, Maya a une fluidité du même niveau que celle de James Harden. Elle marquera cinq ou six paniers à 3 points sur votre tête sans verser une seule goutte de sueur.

Un autre truc sur Maya, pendant que j’y suis – et je pense que cela n’a rien à voir avec son tir, ou finalement peut-être que si. Mais cette affiche pour Jordan qui est sortie au printemps, et cette publicité qu’ils ont fait avec, et les chaussures de Maya, et juste, la campagne tout entière… il y a eu beaucoup de conversations sur ce qu’elle représentait – ou même si elle représentait quelque chose.

En tant que joueuse WNBA, je peux vous l’assurer : cela représentait beaucoup.

Je me souviens en tant que jeune fille passionnée de basket à quel point c’était dur de trouver cette représentation dans la culture populaire. C’étaient toujours des garçons qui jouaient à la télé ou qui étaient dans les publicités, sur les affiches ou qui avaient leur paire de chaussures à leur nom. Donc en tant que fille qui voulait s’inspirer d’une représentation qui lui ressemblait, il fallait se nourrir de tout ce que je pouvais trouver. Je me souviens qu’il y avait cette pub de Nike, à l’époque – « If you let me play » – qui montrait un groupe de filles qui faisaient du sport. Et elles n’étaient même pas en train de jouer au basket. Mais même, juste les voir toutes jouer… j’étais trop heureuse. J’avais même un poster « Let me play » dans ma chambre.

Donc maintenant, avoir Maya, avec sa chaussure signature et sa propre campagne de publicité, son affiche à elle, où elle a l’air tellement puissante, imposante dans sa propre ville… Bien sûr je suis avant tout une compétitrice. Mais parfois il faut accepter d’être une fan. Je me souviens du matin où cette publicité est sortie sur YouTube, j’étais juste assise chez moi, à la mettre en replay – encore une fois et encore une fois, et avoir des frissons. Je l’ai sûrement regardée 30 fois à la suite. J’ai 32 ans et je joue en WNBA. Donc je n’imagine même pas ce que doivent ressentir toutes les petites filles de 10 ans qui la voient.

Enfin – j’ai toujours adoré mon métier, et j’ai toujours été fière de ce que je fais. Mais ce jour-là, à ce moment-là, j’ai vraiment eu la chance de l’adorer et d’en être fière d’une manière que je n’oublierai jamais. Cette partie de moi encouragera toujours Maya pour cette raison.

1- Diana Taurasi

Gagner le concours à 3 points deux saisons de suite, c’est, clairement, l’un des moments les plus marquants de ma carrière. Particulièrement pour moi qui a percé tard dans la ligue, qui n’a pas eu un temps de jeu régulier jusqu’à la fin de ma vingtaine et a participé à mon premier All-Star Game à 31 ans. Donc pour moi, avoir réalisé une telle performance devant mes pairs, et avoir ce niveau de reconnaissance de leur part… honnêtement cela compte beaucoup pour moi.

Mais c’est marrant. Même avec ma performance de ces deux dernières saisons, et même en ayant gagné le concours à 3 points deux fois de suite, il y a un qualificatif que l’on n’utilise jamais pour moi. On ne dit jamais que je suis la meilleure shooteuse de la ligue. Parce que parmi toutes les joueuses extraordinaires qu’il y a eu dans ce concours à 3 points et parmi toutes les joueuses que j’ai battues, je sais qui je n’ai jamais vaincu : la GOAT.

Ce que je vais dire à l’air fou mais je pense que Diana est sous-cotée en tant que shooteuse. Les gens sont tellement occupés à l’appeler la meilleure joueuse de tous les temps (ce qu’elle est), ou à parler du fait qu’elle est une compétitrice folle, ou une joueuse brillante, ou une scoreuse inarrêtable, ils oublient de parler d’elle tant que shooteuse pure. Je vous le dis : elle est n°1 sur la liste. A 3 points, avec la balle, et le chrono qui expire… je ne voudrais pas qu’une autre joueuse que Diana prenne ce shoot. Je ne parle pas seulement au passé. Je veux aussi dire aujourd’hui. Même à 36 ans. Donnez moi Diana et donnez lui la balle, je tente ma chance.

Quand les gens me demandent qui sera la surprise cette année, voilà ce que je réponds. Il y a 8 équipes formidables dans ces playoffs : Seattle qui a dominé toute l’année, Minnesota et L.A. qui ont dominé les finales ces dernières années et quelques autres équipes juste derrière. Mais si vous cherchez une équipe inattendue… Une seule équipe a la meilleure shooteuse du monde. Une seule équipe en WNBA a Diana Taurasi.

Allie pariait donc sur le Mercury de Diana Taurasi. C’était sans compter sur l’équipe du Storm menée par Breanna Stewart et Sue Bird, dont la performance lors du Game 5 des demi-finales allait devenir légendaire. Grâce à un dernier quart temps de folie, Sue allait propulser son équipe vers les finales et ainsi provoquer la première défaite en WNBA de Diana Taurasi lors d’un match à élimination directe !  Le Storm l’emportera ensuite 3-0 en finale contre les Mystics, futurs champions 2019.



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