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Le LDLC ASVEL féminin et la WNBA : premiers actes d’une histoire d’amour prometteuse

En mai 2017, le Lyon Basket féminin se bat pour le maintien depuis les tréfonds du classement de la Ligue Fémine de Basket. Deux ans plus tard, le club, rebaptisé Lyon ASVEL féminin, gagne le premier titre de son histoire. Entre temps, le changement de la direction du club, l’acquisition de moyens plus importants, et des ambitions sportives revues à la hausse, ont permis à l’ASVEL de devenir un club qui attire de grandes joueuses en provenance non seulement de la scène européenne, mais aussi de la WNBA. De club d’envergure régionale à (future?) grosse écurie européenne, Lyon ASVEL féminin : started from the bottom, now they’re here.

2016-2017 : les fondations.

Un tir raté de l’Union Féminine Angers Basket (UFAB 49), à la dernière seconde de la saison. C’est à cela que se joue le maintien en LFB du Lyon ASVEL féminin à la fin de la saison 2016-2017. Cette victoire arrachée sur le fil 68 à 66 en conclusion d’une saison difficile est sans doute un soulagement pour celui qui vient tout juste de racheter la société Lyon Basket féminin : un certain Tony Parker, TP9, pour les intimes.

Mais dès ce rebond favorable sur le cercle, Tony Parker et Marie-Sophie Obama, son ancienne camarade de l’INSEP, vainqueure de l’EuroCup avec Aix-en-Provence en 2003, désormais présidente et directrice générale déléguée du club, se mettent au travail, avec l’ambition assumée de « rebattre les cartes du basket féminin ». Changement d’entraîneur, renouvellement de 80% de l’effectif, et nouveaux objectifs : l’ASVEL espère se qualifier pour une coupe d’Europe et terminer au milieu de tableau la saison suivante.

2017-2018  : la mise en place.

Dès sa première saison sous ses nouvelles couleurs, l’ASVEL féminin a la chance de pouvoir compter pendant quelques mois sur l’aide précieuse que représente la présence d’une joueuse de WNBA dans son effectif. De retour de Los Angeles, Sandrine Gruda accepte en effet de s’engager avec les Lionnes pour une partie de la saison avant de transiter vers de plus gros clubs européens. Cette première saison de l’ère TP/Obama se conclue de façon plus qu’honnête : après avoir résisté honorablement, les Lionnes finissent par s’incliner face au Tango Bourges Basket aux portes de la finale. Mais comme le dit Marie-Sophie Obama : « Perdre contre Bourges en demi-finales sur une première saison, c’est une belle réussite. » En effet, on ne vient pas à bout d’une dynastie comme ça.

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2018-2019 : la consécration.

Satisfaite par les performances de la saison passée, la direction sportive de l’ASVEL ne perd pas de temps et réfléchit assez vite à la constitution de sa nouvelle équipe. Marie-Sophie Obama insiste sur la volonté du club de créer une véritable harmonie dans son effectif. C’est pourquoi, affirme-t-elle, un intérêt égal est accordé aux qualités sportives et à la personnalité des joueuses recrutées. Dans ces deux domaines, l’ASVEL frappe très fort avec sa recrue phare de la saison 2018-2019, à savoir Alysha Clark, l’aillière titulaire du Seattle Storm, qui vient tout juste de remporter le titre WNBA. Puisque l’on sait que Tony Parker discute beaucoup avec les joueuses qu’il recrute avant de signer leur contrat, il n’est pas difficile d’imaginer que le courant soit de suite passé entre ces stars toutes deux étroitement liées à la ville de San Antonio. Comme TP, c’est en effet par la franchise de SA-town, à savoir les San Antonio Silver Stars, qu’Alysha Clark est initialement draftée en 2010. En plus d’autres recrues d’envergure comme la belge Julie Allemand ou la canadienne Michelle Plouffe, le club ne se cache pas avoir misé sur Alysha dans l’espoir que la championne WNBA luimontre à court terme « la voie vers les sommets européens. »

En LFB, les Lionnes parviennent à prendre la tête du classement dès le mois de janvier, et finissent logiquement premières de la saison régulière. Après des quart-de-finales face à Tarbes et des demies face à Charleville-Mézières, les filles de l’ASVEL ont l’avantage du terrain pour aborder les finales face à leurs rivales du BLMA. Conscientes de vivre la première finale de l’histoire de leur club, portées par leur public et les chants de l’infatigable KOP ASV’ELLES, les Lionnes mangent littéralement les Gazelles lors des deux premières rencontres, où le BLMA craque coup sur coup dans le troisième quart-temps. Mais ne pas crier trop tôt victoire, car dans ses arènes, Montpellier ne tremble pas. En effet, le Game 3 est remporté sans trop d’encombres par les montpelliéraines, et ces dernières vont également chercher la victoire après prolongations au cours d’un Game 4 qui restera dans les annales.

Retour en terres lyonnaises, donc, pour l’épilogue de cette saison. Dans une salle Mado Bonnet pleine à craquer, les Lyonaises dominent la rencontre de bout en bout et offrent leur premier titre à leurs supporters.

La suite : un titre à reconquérir et des ambitions européennes à concrétiser

Après son sacre de champion, l’ASVEL ne lésine pas sur les moyens et renforce encore les rangs de son effectif, à tel point que l’ASVEL version 2019 a aujourd’hui comme des allures de Panthéon. Le club récupère en effet l’internationale française Héléna Ciak, MVP de la saison 2018-2019, et jette une nouvelle fois son dévolu sur une joueuse de WNBA. Une rookie, certes, mais une rookie d’expérience, si vous permettez la formule, puisque c’est l’arrière du New-York Liberty et ancienne joueuse du Tango Bourges, le phénomène Marine Johannès, qui se lance cette fois dans l’aventure lyonnaise.

Mais en dépit d’un voyage à San Antonio et d’une rencontre avec le Big Three des Spurs pendant l’été — l’occasion pour TP de faire un retour improvisé sur les parquets, et pour Helena Ciak de le renvoyer à la retraite avec un contre assassin, tandis que Julie Allemand lui emprunte sa spéciale et lui marque sans scrupules un floater sur la tête —, la préparation de l’ASVEL est bouleversée par des absences importantes : celles des deux joueuses WNBA, Alysha Clark et Marine Johannès, retenues respectivement à Seattle et à New-York d’une part, mais aussi celle de la brésilienne Clarissa Dos Santos, engagée avec son pays dans la FIBA AmeriCup. Mais Marie-Sophie Obama le sait, c’est la dure loi du basket féminin : « Quand on a les meilleures joueuses et qu’elles affichent de grandes ambitions, forcément elles sont retenues assez tardivement du fait de leurs autres engagements. »

Les Lionnes répondent toutefois présentes à l’Open LFB, où elles s’imposent face au Tango Bourges lors du Matchs des Champions, décrochant ainsi leur premier titre de la saison. Les objectifs de la saison sont clairs pour l’équipe de Valéry Demory : « non pas défendre, mais reconquérir », selon les mots de la présidente, leur titre de championnes de France, et espérer atteindre les quarts, voire le Final Four de l’Euroleague.

Toutefois, le chemin ne sera pas sans encombre pour les filles de l’ASVEL. Surtout quand il faut faire face aux blessures. Touchée aux ischo-jambiers suite au premier match de la saison, Alysha Clark est restée à la marge des terrains en cette première partie de saison, et n’a pas pu aider son équipe lors de rendez-vous importants, comme lors du déplacement à Kursk, chez les finalistes d’Euroleague de l’an passé.

Gare également à la concurrence nationale, car si l’histoire d’amour semble se confirmer entre l’ASVEL et la WNBA, la love story bat aussi son plein du côté de Montpellier. En effet, le BLMA qui ne compte pas deux, mais trois joueuses WNBA dans ses rangs, à savoir Sami Whitcomb (Seattle Storm), Stephanie Mavunga (Indiana Fever), et Gabby Williams (Chicago Sky), réalise un début de saison tout simplement tonitruant, et s’est même imposé face aux redoutables Russes qui avaient maintenu l’ASVEL en échec. Entre Lionnes et Gazelles, cette année encore, le combat sera sans doute sans pitié. Mais que dans leurs combats fraternels, les meilleures ennemies prennent garde à ne pas oublier des équipes comme Bourges ou La Roche-Vendée qui, elles aussi, prétendent à la tête du classement…

Let the fight begin !



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