Ce dimanche ont eu lieu les derniers matchs de la phase de poule de l’Eurobasket féminin 2025. Les qualifiés pour les quarts de finale sont désormais connus et l’on peut presque dire que désormais la vraie compétition commence.
Retour sur ce premier tour pour les différentes actrices.
Les classements des groupes
Les éliminés logiques
Commençons par un rapide bilan des petits poucets de cette compétition, dont l’élimination n’aura finalement surpris personne.
Pour sa première participation à un Euro de son histoire, le Portugal aura fait plus que bonne figure. Capable d’amener une dimension athlétique dans son jeu, les portugaises repartent même avec une première victoire historique qui leur permet de ne pas finir à la dernière position.

Le Montenegro venait à cette compétition sans Natasha Mack, qui les avait aidé fortement à se qualifier. Sans leur joueuse phare, c’est un euphémisme que de dire que cette équipe n’est pas la même et elle finit assez logiquement dernière de son groupe.
La Suède aura été au contact dans tous ses matchs autour d’une Klara Lundquist omniprésente, faisant même trembler l’Espagne. Elles repartent avec une victoire contre la Grande Bretagne qui part donc de son côté avec 3 défaites en ayant pourtant montré souvent un beau visage. Mais l’une comme l’autre étaient trop plafonnées en terme de talent pour espérer lutter dans ce groupe D.
Même constat pour la Grèce. Ces dernières auront tenu la dragée haute à l’équipe de France le temps d’un quart temps et demi mais n’auront pas eu les armes pour pousser plus loin leurs espoirs. Après une défaite face à la Turquie, les hellènes n’auront donc pas pu exister dans ce groupe A et repartent avec une victoire contre le petit poucet Suisse. La Suisse justement qui retrouvait ce niveau de compétition pour la première fois depuis près de 70 ans. Sans surprise, les helvètes auront été trop court en terme de talent (voire de taille) pour rivaliser. Elle auront lutté avec leurs armes et un jeu propre et bien exécuté mais ont du s’avouer vaincu face à plus fortes.
Les déceptions
Deux déceptions émaillent toutefois ces éliminations. La première concerne la Serbie qui échoue à se hisser dans la phase éliminatoire pour la première fois depuis 2011. Un marqueur important de ce creux générationnel maintes fois évoqué. La Serbie doit désormais développer sa génération de demain et espérer qu’elle puisse être à la hauteur de ses illustres ainées mais la tâche s’annonce rude.
La Slovénie, elle, faisait partie de nos favorites pour sortir de ce groupe B bien homogène. Par moment, les Slovènes auront montré une capacité à produire du basket supérieure à leurs résultats mais auront dramatiquement manqué de constance pour sortir de leur poule.

Bilan des qualifiés
Dans le groupe A, la Turquie finit à la seconde place et affrontera donc l’Italie en quart de finale. Les Turques auront proposé une belle opposition à des françaises fébriles en entrée de compétition avant d’assurer leur qualification face à la Grèce et la Suisse. La domination physique de Teaira McCowan est évidemment un facteur clé de l’équipe mais l’on a pu également observer les bonnes performances des meneuses de l’effectif, Alperi Onar, Sevgi Uzun et Alcay Cakir.
L’Italie de son côté a pu compter sur une énorme Cecilia Zandalasini pour se qualifier devant son public. Avec l’aide de Lorela Cubaj et Jasmine Keys, elle a pu déjouer les pronostics et finir à la première place de son groupe. Sur le papier, il s’agit sans doute là du quart de finale le plus équilibré mais avantage tout de même à l’Italie au vu de ce qui a été proposé lors des jours passés.
La Lituanie a également déjoué les pronostics en finissant deuxième de groupe B et rencontrera la France en quart. Si sur le papier, la Lituanie peut ne pas faire peur, leur parcours, tant en phase de qualification pour cet Euro qu’en phase de poule, doit pousser à la prudence. La Lituanie est une équipe difficile à manier très solidaire. Juste Jocyte en est la joueuse la plus en avant mais on aurait tort de résumer cette équipe à une individualité. La France est évidemment favorite de l’opposition et devrait s’en sortir sans trop d’encombre mais la Lituanie joue les poils à gratter depuis le début de son aventure et n’entend pas s’arrêter en si bon chemin.

Dans le genre poil à gratter, la République Tchèque aura réussi à faire douter la Belgique le temps d’une mi-temps. Dans le quart qui va les opposer à l’Espagne, elles ne seront là aussi pas favorites mais joueront leur carte à fond sans complexe.
Avantage Espagne toutefois qui pourra proposer une défense plus aboutie que celle des belges a priori. L’Espagne, sur ses deux premiers matchs, aura proposé un basket collectif complètement retrouvé autour de sa jeune génération montante. Le 3e match aura été plus poussif mais peut servir d’alerte pour réveiller l’effectif à l’entrée de la phase finale. Si les rotations du coach et la défense collective continuent à être au niveau des premières rencontres, l’Espagne sera un candidat plus que sérieux à la médaille, voire plus…
L’Allemagne, enfin, se présentera face aux Belgian Cats lors de ces quarts. Tout le monde a en souvenir ce match perdu face aux allemandes aux derniers JO mais l’on pourra se rassurer en se rappelant que les sœurs Sabally ne sont pas de la partie et que la Belgique les a battu 2 fois en matchs de préparation… Sauf que l’Allemagne a depuis récupéré dans ses rangs Leonie Fiebich et Luisa Geiselsöder en provenance de WNBA et que ces repères n’en sont donc pas. Autour de leur trio Fiebich-Geiselsöder-Peterson, les allemandes ont gagné assez autoritairement leur deux matchs face à la Grande Bretagne et la Suède mais ont perdu tout aussi nettement leur confrontation avec l’Espagne. Où donc les situer ? La certitude, c’est que la Belgique ne devra pas prendre cette affrontement de haut.
Bilan de la Belgique

3 matchs, 3 victoires, le bilan chiffré de la Belgique est on ne peut plus positif. Le boulot est fait et la vraie compétition commence, là où on attend vraiment cette équipe. Les deux premiers matchs auront été une formalité, avec parfois quelques instants de réglage mais les signaux positifs sont là. L’équipe est au complet et les joueuses majeures semblent en pleine possession de leurs moyens. Emma Meesseman rayonne et Kyara Linskens semble sûre de son jeu. La hiérarchie des roles players est évidente même si on a pu voir Mike Thibault modifier quelque peu cette dernière en raison de ses préférences (la montée de puissance de Nastja Claessens au dépend de Becky Massey par exemple). On pourra aussi se montrer exigeant vis à vis de la défense, parfois passive sur le repli. Petit bemol également sur l’adresse à 3 points, compliquée sur ce début de compétition mais l’équipe a su trouver d’autres armes, en pénétration notamment. L’équipe doit désormais monter en puissance pour affronter le vrai test.
Bilan de la France
Même bilan chiffré pour l’équipe de France qui a fait le taf et voit, elle aussi, le vrai test seulement arriver. Le premier match de la France n’aura pas été très rassurant avec une équipe assez poussive et qui n’aura pas su enfoncer le clou sur ses qualités, à savoir la défense. Elle se sera néanmoins bien repris dans le match face à la Grèce pour retrouver ce qui fait l’essence de son jeu : défense, impact physique et qualité de reconversion. Face à la Suisse, la faiblesse de l’opposition ne permet pas de tirer le moindre enseignement mais on pourra apprécier que les joueuses aient pris les choses au sérieux pour clôturer en beauté cette phase de poule.
Sur le plan individuel, Janelle Salaün est un des poumons offensifs de l’équipe et est la meilleure marqueuse de la compétition, parmi les joueuses encore en course. Elle est bien aidée par une Valeriane Ayayi toujours constante dans son apport des deux côtés du terrain. Les apparitions sur le terrain de Pauline Astier nous ont plus que conquis par la différence qu’elle amène dans l’animation offensive des bleues. On espère donc la voir augmenter son temps de jeu dans le futur. Petit bémol, mais il n’est pas nouveau, sur l’utilisation d’Iliana Rupert. Cette dernière fait ses matchs mais peu de systèmes sont dirigés autour d’elle, comme cela peut être le cas en club, et cela prive la France d’une arme importante. La France a toutefois assuré l’essentiel avec cette qualification et on connait les bleues et leur capacité à monter en puissance en cours de tournoi. Reste désormais à se montrer sérieuses en quart de finale pour se hisser dans le dernier carré, là où on attend vraiment cette équipe.