Les Lynx c’est du costaud, retour sur leur style de jeu !

Si vous nous avez lu ou écouté depuis quelques mois, nous étions assez circonspect sur la construction de l’équipe des Lynx. Nous n’étions d’ailleurs pas les seuls : Y compris outre-Atlantique, personne ne voyait cette franchise être un vrai candidat au titre. Pourtant Minnesota réalise une saison WNBA remarquable et complètement inattendue. Il y a quelques jours, elles ont même remporté leur premier titre depuis 2017 en disposant du Liberty et de sa pléthore de stars en finale de la Commissioner’s Cup.

Si elles ont fait des choix payants à la Free Agency (Alanna Smith, Courtney Williams et les deux européennes Cecilia Zandalasini et Olivia Epoupa), l’apport est bien plus collectif que sur le talent intrinsèque des nouveaux ajouts. Les Lynx performent d’abord grâce à leur exécution sur le terrain. Il faut tout de suite encenser leur coach légendaire Cheryl Reeve. Sans avoir le meilleur roster de la ligue, même si elles possèdent très certainement une des 3 meilleures joueuses du monde, elles arrivent à gagner de nombreuses rencontres d’abord tactiquement en proposant un jeu souvent direct en exploitant les qualités des joueuses et les faiblesses des adversaires.

La saison dernière

Si on regarde le bilan de la saison passée, les Lynx ont terminé 6ème de la ligue avec un bilan proche de l’équilibre (19 victoires pour 21 défaites). Sans être un mauvais bilan, on peut l’analyser comme une équipe compétitive dans le ventre mou. Malgré les quelques renforts à l’hiver, nous avions du mal à les voir véritablement progresser. Nous nous trompions fortement ! En réalité sur les 21 défaites, les Lynx en ont laissé 11 dans des rencontres perdues de moins de 10 points. Preuve qu’elles étaient sans doute beaucoup plus proche du haut du tableau qu’on pouvait le penser. Plusieurs fois nous avions ciblé le manque d’une troisième option fiable au scoring et la profondeur de banc pour véritablement passer un cap.

C’est ici que Cheryl Reeve, avec sa double casquette coach et présidente des opérations Basket, a bien manœuvré en allant chercher non pas une star pouvant apporter un gros volume de points mais plusieurs joueuses capables d’être régulières et de mettre leurs dizaines de points à chaque rencontre.

Les qualités / défauts du groupe

Là ou Cheryl Reeve est selon moi très impressionnante, c’est dans sa capacité à analyser les qualités/défauts de son groupe. Elle peut donc à partir de ce constat monter des options de jeu défensifs ou offensifs bonifiant les qualités de ses joueuses. Elle sait également accepter d’être en difficulté sur certaines options en forçant le trait pour piéger les adversaires.

Quand on regarde l’effectif des Lynx, on remarque immédiatement la faiblesse du secteur intérieur. En effet, cette équipe ne possède qu’une véritable poste 5 de métier (Dorka Juhasz) mais avec un style moderne évoluant loin du cercle. Si vous suivez cette ligue, vous savez à quel point c’est difficile d’être candidat au titre sans un secteur intérieur dominant. A ce jour dans le top 6 de la ligue, Minnesota est la seule équipe ne possédant pas à minima une top joueuse sur le poste 5.

En revanche, les Lynx possèdent de nombreuses postes 3-4 modernes, grandes et mobiles. Elles ont donc la capacité de jouer un faux small ball ou certes la poste 5 est moins dominante mais avec une multitude de profils athlétiques et longs sur les autres postes. Nous verrons ci-dessous que Minnesota va bâtir son jeu offensif et défensif sur cet aspect.

Une défense élite

Commençons par la défense. Dans le basket moderne, avec un spacing plus important et le talent individuel qui ne cesse d’augmenter, il devient très difficile de défendre intensément toute une rencontre. Il faut désormais, à l’image des Warriors version 2015 en NBA, avoir des séquences défensives de haut-vol sur quelques minutes pour créer des écarts. Même si les comparaisons NBA/WNBA sont souvent foireuses, nous pouvons trouver quelques analogies sur les fondements du jeu et les Lynx arrivent à appliquer cette méthode de défense intensive lors de moments importants.

Passons à la construction du plan de jeu défensif des Lynx. Se sachant en grande difficulté notamment physiquement à l’intérieur, elles font le choix très régulièrement de compenser ce défaut par une grande mobilité.

Elles sont capables d’appliquer plusieurs types de défense en fonction des situations. Sur ce premier exemple, nous observons une séquence de switch défensif d’abord entre intérieures (Collier-Juhasz) puis également sur le jeu de Pick and Roll ou Collier va contrôler Sabrina Ionescu. Malgré la miss-match Jones/McBride, New York sera incapable de servir son intérieure par l’excellent travail de contestation de Kayla McBride. Les options offensives du Liberty diminuent grandement et la perte de balle devient presque inévitable. Notons également les couvertures défensives notamment celle de Napheesa Collier sur la passe dans le corner pour Sabrina Ionescu.

Autre séquence ici, ou Minnesota va refuser les switchs. Elles vont même tendre un piège volontaire en laissant tout un quart de terrain à Betnijah Laney pour lui forcer de jouer le post-up sur Bridget Carleton. La bonne position d’aide de Dorka Juhasz va empêcher tout avantage de taille ou de ortie de balle vers Jonquel Jones.

Dernière séquence défensive avec encore du switch défensif entre les deux intérieures des Lynx. Dorka Juhasz et Napheesa Collier vont arriver à contrôler sans difficultés Breanna Stewart et Jonquel Jones obligeant New York à lâcher la balle sur une des joueuses les moins dangereuses offensivement (Leonie Fiebich) pour un tir contesté en fin de possession.

Le style de jeu offensif

La situation de jeu la plus utilisée par Minnesota est basée autour du post-up de Napheesa Collier. Si vous avez certainement entendu que cette forme de jeu était dépassée dans le basket moderne, elle peut être létale avec un spacing de grande qualité. Les Lynx adorent utiliser cette solution quand son adversaire possède une intérieure de grande taille moins mobile et qui aime protéger le cercle. Ici contre Phoenix, la présence de Brittney Griner va être exploitée à outrance. La star de Phoenix est un point d’ancrage défensif dans la raquette mais les Lynx vont l’obliger à sortir au large. Les présences de Dorka Juhasz et Alanna Smith au delà de la ligne à 3 points vont obliger Griner à délaisser la raquette. Résultat, il ne reste plus qu’à poser un écran (ou deux si le premier switch n’est pas fait ou non favorable) pour que Napheesa Collier exploite son avantage physique en post-up.

Même situation ici avec Alanna Smith à place de Dorka Juhasz. Le all switch de Phoenix est parfaitement exploité. Cette phase de jeu est régulièrement appelée dans les rencontre pour Napheesa Collier ou Alanna Smith qui possèdent la mobilité, la finition et la taille pour créer un vrai avantage.

L’autre situation de jeu offensive très utilisée est le Five-out (traduisez par les cinq joueuses au delà de la ligne à 3 points). Sur les passages sans Brittney Griner, les Lynx capitalisent sur leur mobilité et leur capacité à être dangereux à 3 points pour ouvrir des situations de drive vers le cercle. Comme Phoenix joue “petit” sans protection de cercle, Napheesa Collier va chercher du drive. La défense de Phoenix peut difficilement entrer dans les aides vu le positionnement et les dangers des 4 autres joueuses de Minnesota à 3 points.

Ici, toujours la même idée : Sortir Griner de la raquette et jouer un simple Pick en position centrale pour forcer Diana Taurasi à switcher sur Napheesa Collier. Ensuite toujours faire payer le miss-match.

Minnesota n’hésite également pas à punir à 3 points quand l’adversaire prend une option défensive différente. Ici, Griner va rester en aide dans la raquette et se faire sanctionner au large par Dorka Juhasz. Utile d’avoir des grandes capables de tirer à plus de 40% à 3 points, n’est-ce-pas ? Encore faut-il bien exploiter leurs qualités… C’est dans ce domaine que les Lynx et Cheryl Reeve excellent !

Minnesota propose un jeu de grande qualité offensivement et défensivement. Nous sommes ici sur des ouvertures de jeu assez simples mais parfaitement exécutées. Les lectures et timings de jeu sont toujours au millimètre. L’art de Cheryl Reeve est de préparer des plans de jeu en adéquation avec les qualités de ses joueuses tout en acceptant les défauts.

Neanmoins, est-ce-suffisant pour imaginer Minnesota champion ? Je reste personnellement mitigé notamment sur un point qui concerne l’intensité défensive. En effet, Il faut impérativement que les Lynx arrivent à maintenir ce niveau défensif. Sans ça, elles auront énormément de difficultés contre des équipes bien mieux armées au niveau des options et du talent. Attention à la fatigue accumulée, car jouer en sous-dimensionnement physique à l’intérieur reste très énergivore.

En tout cas, Minnesota montre sa compétitivité et il faudra être très costaud pour éliminer cette équipe.

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