Marjorie Carpréaux : “Pour mon retour à Braine, j’ai envie de faire parler de moi sur le terrain”

Marjorie Carpréaux vit à 100 à l’heure, confinement ou pas. De retour aux Castors de Braine, elle a eu la gentillesse de nous accorder un peu de son temps pour parler de la saison à venir et des ambitions de Braine.

Nous avons également pu discuter de sa préparation physique (Spoiler : c’est une vraie machine !), des Jeux Olympiques reportés, mais également de WNBA.

Une interview à regarder…. ou à lire !


Te voilà de retour aux Castors. Heureuse ?

Oui, ravie de pouvoir rejouer à Castor Braine ! C’est la 3ème fois, c’est un peu bizarre mais c’est du business et ça reste le monde professionnel. J’ai eu une demande par le président Jacques Platieau. Le coach Fred Dusart que j’ai eu à Villeneuve voulait vraiment que je joue pour lui et donc, à partir du moment où tu as un coach qui veut vraiment que tu joues pour lui, tu penses à toi et à ta carrière. C’est pour ça que je suis retournée à Braine.

L’effectif de Braine a été presqu’entièrement renouvelé et fort rajeuni. Quel sera ton rôle dans cette équipe new look ?

Je vais sur mes 33 ans mais physiquement, j’ai 20 ans. J’ai pu engranger énormément d’expérience, surtout en équipe nationale : tant avec Julie Allemand que derrière Julie Allemand ou même quand j’ai dû commencer le match comme contre l’Ukraine. Pour ce retour à Castors Braine, je vais pouvoir prendre des plus jeunes sous mon aile, je pense à Elise Ramette, essayer de lui montrer le chemin. De cette manière, dans quelques années, elle pourra gérer une équipe sur un terrain européen. Je pense aussi à l’équipe nationale belge. Moi ça va bientôt être la fin internationalement parlant. Julie Allemand excelle, mais il faudra bien du renfort dans les années à venir et Elise Ramette est la personne adéquate pour ça.

Comment anticipes-tu la saison à venir en Belgique ? Un nouveau titre pour les Castors ? Quels seront vos concurrents directs ?

Moi j’ai vraiment connu la domination à Castors Braine. On dominait parce qu’on se respectait et on respectait les autres équipes. Je me rappelle la 1ère année avec Kim Mestdagh. Je ne vais pas citer tout le monde, mais après il y a eu Julie Allemand. Ensuite Antonia Delaere. On était vraiment au-dessus du lot. Pour les 2 saisons qui viennent de se dérouler, Braine avait une superbe équipe sur papier, plus forte que toutes les autres en Belgique. Mais voilà, l’équipe la plus forte n’est pas toujours celle la plus forte sur le papier. L’exemple parfait, c’est l’équipe nationale car, vraiment, les 12 sélectionnées – même si moi je reprendrais Julie Vanloo – apportent des choses différentes sur et en dehors du terrain. Pour commencer cette saison belge, le plus important est de travailler à faire une cohésion d’équipe et que chacun sache son rôle, conseillé par le coach Fred Dusart. Ensuite, il faut respecter les autres équipes. A Namur, Hanne Mestdagh a fait une saison exceptionnelle et elle nous l’a montré aux qualif’ à Ostende. Elles ont aussi pris une super meneuse de mon style mais avec un shoot meilleur que le mien – bon, c’est pas difficile. SKW viendra encore déranger. Malgré mon départ des Kangoeroes, il y a les 2 Américaines et une Polonaise. A Liège, ils ont signé une polonaise qui est un bon leader et tournait à 25 points de moyenne. Mais pour moi, retourner à Braine, c’est obligé d’avoir le doublé.

On ne saura que le 15 juin si les Castors joueront l’Euroleague ou l’Eurocup. Tu as une préférence ?

J’ai déjà joué en Euroleague avec Bourges et Braine, en Eurocup avec Braine. Moi, personnellement, je préfère jouer l’Euroleague car c’est un autre niveau. Je vais jouer toutes les semaines contre des filles 10 fois plus fortes que moi, ce qui va me faire progresser. C’est mieux pour la préparation, pour les JO et pour moi-même. L’Eurocup reste évidemment un super niveau et ça peut nous aider car la victoire, ça aide une équipe. Si je peux choisir, je prends l’Euroleague car de toutes façons, tu peux aussi jouer l’Eurocup via l’Euroleague.

Comment gères-tu ce confinement d’un point de vue physique ? Tu suis un programme personnel ou donné par un coach ?

Je ne sais pas faire une journée sans sport donc c’est primordial pour moi de bouger. J’ai quand même utilisé ce fichu corona pour me soigner. J’avais une petite blessure au tendon, rien de grave, mais j’en ai profité pour me remettre d’aplomb et recommencer mon sport sans trainer quoi que ce soit. J’ai donc d’abord pris un petit moment off. On avait, bien entendu, un programme à suivre pour la préparation des JO concocté par notre physical trainer Pierre-Yves. Comme c’est un ami, je lui ai demandé d’avoir un programme adapté. Je n’ai pas envie de faire de basket actuellement sachant que la saison va reprendre au plus tôt mi-août. J’ai envie de faire un maximum de choses et toucher à beaucoup de sport. Cet après-midi, j’ai été faire un tennis. Tous les matins, je suis plus sur le cardio sur le vélo. A partir du 1er juin, ce sera de la course. Fin juin, début juiller, on travaillera l’explosivité et on retrouvera un peu de basket aussi. J’ai un contact avec un coach sur Bruxelles pour essayer de me préparer… j’ai envie de dire comme jamais ! Pour mon retour à Braine, j’ai envie de faire parler de moi sur le terrain. Donc, actuellement, je suis un programme de PY mais je le change parfois un peu s’il y a des choses que j’aime moins (rires).

Parlons à présent des Belgian Cats. Comment le groupe gère-t-il le report des JO ?

On a d’abord été au championnat d’Europe à Prague, on revient avec une médaille. Puis on va aux championnats du Monde, on joue les USA en demi-finale. Puis, le championnat d’Europe qui étaient quand même difficile dans le groupe de la Serbie et on arrive à décrocher le top 6. Et puis, enfin, ces qualifs où c’était magique. Et tout d’un coup, ça s’arrête ! Mentalement, c’est pas facile. Alors oui, c’est top, on a des vacances. Mais on ne peut aller nulle part, la situation reste délicate. On a un groupe sur WhatsApp, on était dégoûtée, il y pas d’autre mot. Je suis fort dans l’émotion, j’étais à la limite des larmes. Je parle pour moi mais je pense que chaque athlète rêve d’aller aux JO et moi je ne le vivrai qu’une fois et donc c’était décevant. Maintenant, quand on a vu que c’était reporté et l’impact que le coronavirus avait sur la vie, sur la terre entière, tu reviens à raison et tu te dis que c’est ce qu’il y a de mieux à faire car c’est la santé qui prime avant tout.

Quels sont les objectfs de la Belgique à Tokyo ? Et les tiens ?

Julie Vanloo avait raison… On a une coach mentale qui nous prépare à chaque tournoi et à chaque fois, ce que nous les meneuses avons dit, on l’a fait ! Tu dois rêver, le sport fait rêver. Il faut bien évidemment rester les pieds sur terre. Pour moi, les 12 qui vont partir vont aller chercher la meilleure place, une médaille. Evidemment, tu sais pas dans quel groupe tu tombes. A partir du moment où on connaîtra les groupes, il y aura un chemin qui va se créer avec notre coach mentale. A la cérémonie d’ouverture, je serai la première à être dingue mais pour les objectifs, on suivra ce que les Cats et le staff demanderont. On fera de notre mieux.

Ton duo avec Ann Wauters est vraiment génial à voir. D’où vous vient cette complémentarité sur le terrain ?

Pour moi, Ann est vraiment une légende même si évidemment, Emma Meesseman est aussi une joueuse exceptionnelle. Mais Ann Wauters a quelque chose que je ne sais pas décrire, je n’ai pas de mots adéquats. C’est une amie, déjà. Quand j’avais 16/17 ans et que j’ai été reprise pour la première fois en sélection nationale avec le coach Laurent Buffard qu’elle avait eu à Valenciennes, c’était avec Kathy Wambé (qui est mon amie aussi). Kathy se blesse au 1er match et donc c’est à moi de prendre le relais à même pas 18 ans. Ann m’a fait une confiance aveugle. Elle est un pilier pour moi, elle doit rester dans le basket belge et même européen le plus longtemps possible. Il y a déjà eu plusieurs joueuses avec qui j’ai de la facilité : Celeste Trahan-Davis, Emma Meesseman. Mais avec Ann, comme on dit toujours, on a un truc, aussi bien dans le basket qu’en dehors. Nous sommes liées.

Petit clin d’oeil à la communauté française qui suit Swish Swish. En 2018, on gagne. 2019, c’est leur tour. Que penses-tu des rivalités franco-belges, ce sont des matchs particuliers pour toi ?

J’avoue ! J’ai toujours adoré jouer en France, que ce soir à Villeneuve ou à Mondeville ou à Bourges. Quand on jouait l’équipe de France, en étant plus jeune, je me disais que j’espérais qu’un jour, l’équipe belge aurait le même niveau. Faut dire ce qui est : on a gagné mais de beaucoup de points. Elles ont gagné de 2 petits points. Faut dire ce qui est, c’est de la rivalité ! Pour Julie Allemand qui vit en France et a des potes français ou moi qui ne joue plus en France mais qui ait des potes en France, c’est la guerre sur le terrain. C’est dommage qu’on ne se soit pas retrouvé à un moment comme une finale parce que pour moi, des matchs serrés avec de la rivalité, c’est ça le basket !

Comme tu le sais, Swish Swish est particulièrement orienté WNBA. Tu suis un peu cette belle ligue ?

Franchement, non. Je suis honnête. Bien évidemment, j’ai suivi quand Kim et Emma ont été championnes. Comme je suis pote avec Julie Allemand, j’étais au courant aussi. S’il y a Emma, s’il y a Julie et que je tombe sur un match, je regarde bien évidemment. Je ne suis pas fanatique à me lever la nuit, sauf pour les dernières finales. Mais bien entendu, si je tombe sur un match de WNBA, je m’arrête et je regarde.

Quelles sont tes joueuses ou équipes préférées ? Tu en as affronté certaines ?

Quand on a joué contre les Etats-Unis, il y avait Sue Bird. Sue Bird, pour moi, c’est la classe. Il n’y a pas de mots. Et ce sont des joueuses qu’on a su approcher, elles nous ont donné plein de trucs venant des USA. Ils ont été super respectueux. Je suis aussi fan de Brittney Griner même si on n’a rien à voir que c’est pas mon jeu du tout. Ce sont les 2 joueuses qui m’épatent le plus. Bien évidemment, j’ai vu Diana Taurasi à Samara quand j’avais 18 ans et ça reste la Kobe de la WNBA.

La Kobe, pas la Jordan ?

Non, pour moi c’est plus une shooteuse dans les périmètres qu’à la finition.

Que peut-on te souhaiter pour la saison prochaine ?

Qu’elle reprenne. Puis, bon, il ne faut pas me le souhaiter parce que je le serai mais que je sois au top de ma forme. Que ça se passe bien pour moi à Braine et que les résultats suivent. J’aimerais sortie de cette saison avec un doublé et avoir le plus de confiance possible pour aborder la préparation pour les JO et être au top pour les JO tout simplement.

J’aime souvent terminer par cette question : y a-t-il une question que tu aimerais que je te pose ? C’est le moment ou jamais 🙂

Non, ça va, tu as tout posé. Je vais pas rentrer dans l’arrogance (rires). Mais sur un terrain de basket, je ne vais pas être un bouton.



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