Quand Sabrina Ionescu arnaquait les gens sur les playgrounds californiens

“White men can’t jump” est un classique pour les fans de basket. Si vous n’avez jamais vu le film de Ron Shelton avec Woody Harrelson et Wesley Snipes, on vous recommande vivement de vous pencher dessus. Sabrina Ionescu, la nouvelle meneuse du New York Liberty, star attendue de la WNBA dans les années qui viennent, y a par exemple puisé un peu d’inspiration. Comment expliquer autrement cette habitude assez incroyable qu’elle a racontée à Ernie Johnson lors d’une discussion sur WNBA.com cette semaine ?

Le trailer de White men can’t jump

Dans le film, le personnage de Billy Boyle, joué par Harrelson, est un arnaqueur des playgrounds. En gros, il incite des joueurs à le défier contre de l’argent, après leur avoir fait croire, look de blanc bec à l’appui, qu’il était parfaitement nul au basket. Sabrina Ionescu en a un peu fait de même du côté de Walnut Creek, en Californie, pour se faire de l’argent de poche avec son frère jumeau Eddy. Pour garder l’analogie du film, Eddy jouait plutôt le rôle de Sidney Deane, incarné par Snipes.

“On faisait ça tout le temps… Nos parents travaillaient pendant l’été et ils nous déposaient donc au parc tous les jours. On savait que vers midi, les hommes prenaient leur pause déjeuner et en profitaient pour venir jouer au parc pour faire des pick up games. On avait 10 ou 11 ans.

Ces gens-là savaient un peu jouer et shooter, du coup on essayait de les convaincre de faire des matchs ou des concours de shoots. Mon frère leur disait : ‘On parie quelques dollars qu’elle te bat ?’ Moi, à côté, je faisais semblant de ne pas savoir jouer. Du coup, ils pensaient vraiment que je ne savais pas jouer au basket. Et quand le match ou le concours démarrait, je rentrais mes lancers francs, je marquais à trois points…

C’est comme ça qu’on pouvait ensuite aller à l’épicerie en face pour s’acheter des trucs”.

Si elle le souhaitait, Sabrina Ionescu pourrait parfaitement remettre le couvert aujourd’hui, bien qu’elle soit l’une des meilleures jeunes athlètes du sport mondial. Pourquoi ? Il suffit de lire les commentaires sous le tweet de l’extrait où elle évoque justement cette histoire. Des dizaines et des dizaines d’hommes pensent que son récit est faux ou que eux seraient capables – qu’elle ait 11 ou 22 ans – de la battre à plates coutures.

Oui… Des “joueurs” qui chauffaient sans doute le banc de leur équipe de lycée pensent pouvoir dominer sans trop de difficultés la n°1 de la Draft WNBA et la basketteuse universitaire la plus statistiquement performante de l’histoire. On adorerait la revoir arpenter les terrains, incognito ou presque, pour piquer quelques dollars à des mecs trop confiants… A New York, ce ne sont pas les playgrounds et les joueurs un peu trop sûr de leur talent qui manquent !

Si vous voulez en apprendre un peu plus sur Sabrina Ionescu, on vous recommande cette interview de 30 minutes dont est extraite cette histoire. Elle y évoque l’arrivée de sa famille depuis la Roumanie pour fuir la dictature à la fin des années 80, le refus des coaches de la laisser jouer avec les garçons, mais aussi les joueurs qu’elle admire depuis qu’elle est petite (John Stockton notamment !) et sa relation avec Kobe Bryant.



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