fbpx

Lettre ouverte à la communauté WNBA France

Ceux qui me connaissent savent que j’ai la grande capacité à n’être que très rarement ponctuelle. Et oui, c’est bien un mois après la fin de la saison que je me décide à me lancer sur le retour de la saison, de ma saison pour être exact. Il me fallait bien ce temps là pour faire le point.

La WNBA fait toujours son petit bout de chemin mine de rien

Il y a trois ans, j’ai écrit une lettre ouverte pour dire mon amour de la WNBA en conclusion de sa 20e saison historique à laquelle, en plus, j’avais, en partie, pu assister, à Los Angeles. Je m’en souviens très bien, c’était un match des Sparks face au Sky et j’étais beaucoup trop impressionnée d’être face à Parker et Delle Donne (oui, c’est quand elle y était encore…) ! Au delà de l’anecdote qui me donne l’impression d’avoir vécu 100 ans et 12 vies en une seule, c’est l’évolution de la WNBA jusqu’à aujourd’hui qui m’intéresse.

D’un point de vue général, dans ma lettre, je parlais de la ligue comme une organisation jeune mais en réussite, en constante évolution à l’image du nouveau format des playoffs qui avait vu le jour et l’excellent niveau qui en avait découlé. C’était une surprise à ce moment-là, il faut le savoir. Je pense que, aujourd’hui, ne serait-ce que sur ce point, il s’agit toujours d’une réussite. Je constate que la ligue évolue sur beaucoup de choses, qu’il y a l’envie de faire avancer les choses, d’en faire plus, poussées par de nombreuses joueuses devenues des stars. Les joueurs NBA n’hésitent plus à se déplacer aux matchs et à parler en faveur du développement de la ligue, de la reconnaissance des athlètes qui l’a constitue. L’évolution est grande, et l’impact, immense. On ne peut le négliger quelque soit les réflexions septiques qui peuvent parfois en émaner. Il faut prendre ce qu’il y a à prendre. Les gestes comptent. Nous ne pouvons également nier que, le basket américain, ait un impact sur le monde et parfois même sans que certains le sachent. Combien portent des Jordan conçues à la base pour jouer au basket, et n’ont jamais touché un ballon de basket de leur vie ? Combien en portent et disent même qu’ils n’aiment même pas ce sport ? Je parle de basket américain mais qu’en est-il du basket féminin américain ? Un joueur NBA qui plaide en faveur de la WNBA, c’est un signe fort à mon sens.

On le sait également, la ligue a des failles. Des failles qui sont continuellement pointées du doigt. La WNBA est une ligue courte mais très intense avec peut être les joueuses les plus athlétiques du monde et qui requiert donc des sacrifices physiques tout aussi conséquent. Pour être exact, les principales concernées, les joueuses, n’hésitent même plus à désigner ces failles, conscientes qu’au vu de leur statut, dénoncer, peut avoir un réel impact et faire avancer les choses plus vite. Elles dénoncent des failles organisationnelles qui mettent en péril la santé des joueuses, leur santé, sous couvert d’arguments économiques qui feraient « tenir au dessus de l’eau» la WNBA, ou du moins, les franchises en question. Loin de moi l’idée d’entrer dans les détails même si l’idée est très intéressante et qu’elle mériterait qu’on s’y penche, la question du système économique de la WNBA inadapté à l’évolution que vit et qui est nécessaire à la ligue, se pose. Je doute que la WNBA ne soit pas rentable. Il y a un réel marché à exploiter, qui commence à l’être d’ailleurs, mais qui, à mon sens, fonctionne à « l’envers » et ce, au détriment des actrices principales : les joueuses. Il n’y est pas uniquement question de salaires, c’est une évidence pour moi, mais bien de santé, des choix que font les franchises et la ligue pour la santé de ses joueuses. Combien vaut la santé d’une athlète ?

Je résume vaguement mon ressenti sur l’évolution de la WNBA en trois ans depuis cette fameuse lettre mais il y a autre chose que je souhaitais évoquer, en lien étroit avec le sujet du développement de la WNBA : WNBA France.

WNBA France dans les montagnes russes…

J’ai eu l’idée de ce compte en grande partie, à la suite de ce fameux voyage aux Etats-Unis, pour la première fois, en 2016. Nul doute que je chéris fortement ce compte, cette idée, ce projet qui me tient à cœur depuis maintenant deux ans mais je pense que beaucoup omettent la quantité de travail que cela nécessite. Pour preuve, cela ne fait que deux ans et en réalité, j’ai l’impression de bosser là dessus depuis dix ans. Je suis entière. Je n’aime pas mentir. Je ne pensais pas qu’on irait si loin, en si peu de temps. Je ne pensais pas que je réussirais à faire ce que j’ai réussi à faire jusqu’ici. Je ne me pensais pas capable de faire tout cela, de gérer un match ; de faire des interview ; d’aller à l’autre bout du monde avec mon sac à dos ; gérer une équipe et qui plus est, de mecs ; de parler devant une caméra ; de faire des live tweet ; des podcasts ; des requêtes par mails… La liste est longue. J’ai énormément appris, je me suis débrouillée, j’ai regardé, analysé mais j’ai aussi écouté quand on m’a conseillé. Conséquences ?! WNBA France a évolué et pour être honnête, à titre personnel, j’ai également évolué. Je suis énormément investie dans ce projet mais je suis également énormément investie ailleurs. Un tord à mon sens. Vouloir faire trop de choses m’a aussi permis d’être nul part à la fois. Aujourd’hui, beaucoup moins, j’ai fais des choix. En revanche, quand j’y repense, j’ignore comment est ce que j’ai fais. J’ai laissé un nombre incalculable de fois, Jeff gérer tout, tout seul. Quand je parle de gérer, je parle des programmes de matchs à envoyer, des matchs à LT à la chaîne et je vous fais abstraction du décalage horaire, du fait que LT un match est loin d’être une partie de plaisir et tout le travail qui suit. Je « gérais » de loin. Très loin. J’ai laissé mon entière confiance à Jeff et j’ignore comment il a fait, c’est bien pour cela qu’il a tout mon respect, éternellement. Quand j’ai eu cette idée, je savais que je ne pourrais aller au bout toute seule. C’est aussi pour cela que j’ai fais appel à lui. Et je suis contente d’avoir eu raison.
Les idées et les envies ne m’ont jamais manqué, j’étais juste dans l’incapacité de les réaliser. Je viens de nul part, échec scolaire ambulant, je maîtrise l’art de la débrouillardise et du culot. Je suis perfectionniste et je réfléchis trop. J’ai appris et compris que je ne pouvais pas tout faire et que c’était la même chose pour Jeff. C’est là que j’ai décidé de faire rentrer des nouveaux dans la famille. Leçon d’humilité en personne, je vous le promets.

Et hop, saison 2019, nous voilà, nous sommes passés de deux à sept et surtout, les nombreux principaux projets que j’avais en tête, pour aider au développement du compte, ont enfin pu voir le jour. J’avais enfin, le podcast, la page Facebook et la page Instagram. Je gérais l’ensemble avec Jeff sans omettre le compte principal, le compte Twitter avec Erwan.

Ce fut une saison incroyable. Elle a commencé avec l’aide de PtiteCao qui s’est tout naturellement proposée de nous aider pour nous créer une tête, une identité, quelque chose qui nous représenterait, notre étendard. Le tout, gracieusement. Comme disait l’autre, « c’est peut-être un détail pour vous mais pour moi, ça veut dire beaucoup ». Je l’a remercie pour cela encore et toujours.

Erwan a dû nous quitter, manque de temps pour lui aussi, des envies d’ailleurs, des avis qui divergent et je l’ai compris. J’ai été très contente de l’avoir avec nous, il a fait de l’excellent travail et ouvert la voie aux autres. La voie des rookies de la Justice League.

Nous nous sommes retrouvés de nouveau en « sous-effectif » et cela a été difficile à gérer notamment pour Jeff et moi. Cela m’a amené à me poser de nombreuses questions sur ce qu’on faisait mais aussi, sur comment on le faisait. Je suis une fan inconditionnelle de basket mais j’ai senti le trop. Trop de basket à limite m’en dégoûter. Je ne vis pas le basket qu’à travers la WNBA la nuit. C’est aussi au jour le jour, dans les gymnases, les soirs, les week-ends, et même, à mon travail. Je fais abstraction du fait qu’on donne beaucoup à WNBA France et que ce n’est pas ce qui nous fait gagner nos vies. Je me suis réellement posée la question de tout arrêter. C’est dur mais vu la tournure des événements, je pense que j’ai réussi à semer les graines qu’il fallait ici et là pour que tout cela s’ensuivent, sans moi.

C’est une fierté pour moi. Nous avons eu de nombreuses demandes tout au long de l’année, de personnes qui souhaitaient se lancer dans l’aventure de la WNBA et qui voulaientt de notre aide. On ne pouvait répondre positivement vu ce que l’on avait déjà à faire, qu’on peinait à maîtriser mais on a vu ce qu’il se passait. Je pense qu’on est vraiment les premiers à voir l’intérêt de la WNBA grandir jour après jour en France. La WNBA intéresse en France. Le basket féminin intéresse en France. Johannes a fait du bien, certes. Sans avoir fait de statistiques, j’ai l’impression qu’en premier lieu, il s’agit d’un public différent de la LFB. Ce sont les fans de NBA français qui sont venus à nous. J’en reviens à l’intérêt et l’impact des joueurs NBA sur la WNBA. C’est valable en France. Je pense qu’on a touché un public qui, auparavant, ne s’y intéressait pas, à force de -harcèlement- communication abusive sur les réseaux sociaux. D’autres, ne connaissaient pas, tout simplement, et n’avaient pas la possibilité de s’y intéresser. Je ne vais pas mentir, les soutiens qu’on a eu de tout les cotés nous ont également beaucoup aidé. On ne s’est pas fait tout seul. L’arrivée de Swish Swish cette année, la création des nombreux comptes fans français des franchises WNBA, tout cela aussi est signe que l’on a réussi ce que l’on avait à faire. On a crée une communauté de fans français de la WNBA. J’ignore si vous comprenez. On était deux. On est plus de 3000 maintenant. Certains sont aussi devenus des amis, des amis proches et c’est important pour moi car ils sont devenus, important pour moi.

L’OPEN LFB 2019 : la consécration

C’est l’OPEN LFB 2019 qui m’a mis en lumière tout le travail effectué depuis deux ans maintenant. Si mon arrivée dans la tribune presse au Staple Center m’avait déjà bien marqué l’année dernière, c’était différent ce week-end là. A l’Open, j’ai vu ceux qui étaient nos « followers », qui suivent notre travail. Ceux qui nous soutiennent et nous font confiance. Je vous ai vu avec vos maillots de la WNBA. Il y avait ceux que je connaissais déjà bien mais il y en avait aussi dont j’ignorais totalement l’existence, ceux qui n’ont même pas osé venir me voir. Je n’avais jamais vu cela à l’OPEN. Toutes ces choses, ce sont des choses visibles, flagrantes, bien plus parlantes que de simples chiffres sur un compte Twitter. J’ai été très touché. J’ai vu tout le chemin parcouru et j’aurais vraiment adoré que Jeff assiste à cela. Je n’ai pas inventé l’eau chaude, ce ne sont que des maillots après tout mais il y avait une forme de reconnaissance dans tout cela. C’est la reconnaissance qui vous dit si vous avez ouvert les bonnes portes ou non. On devait être dix à tout péter mais j’ai l’impression que c’était le stade de France de la WNBA. Je passe mon temps à côtoyer des gamins en galère qui pensent qu’ils sont destinés à échouer. J’aime à croire qu’à travers mon parcours, je puisse les faire rêver d’aller passer la porte d’un Staple Center à force de détermination et qu’ils peuvent provoquer leur chance s’ils savent s’en donner les moyens. Égocentrisme, narcissisme. A chacun d’y voir ce que bon lui semble.

C’est tout cela qui m’a amené à revoir ma décision, à remettre en question mes doutes. Je suis orgueilleuse et mauvaise perdante. Je sais qu’un jour, la question d’arrêter se posera, peut être plus vite que je ne le pense mais, pour l’instant, je n’ai plus envie de lâcher le morceau. Je ne sais pas limité mes efforts. Quand j’y vais, j’y vais à fond. Je pense que j’ai manqué de souffle pour finir le 4e QT. J’ignore encore comment, mais je dois arranger cela. Je pense que cela fait parti de l’évolution de WNBA France au même titre que la mienne. C’est comme cela que nous pouvons, peut-être, espérer changer un peu les choses.

Merci à Jeff pour son travail d’exception et son soutien au quotidien. Merci à mes petits gars de la Justice League pour leur excellent travail et leur bienveillance à mon égard.
A ceux qui pensent que WNBA France est un long fleuve tranquille. J’espère vous avoir éclairé. Je n’ai pas écrit depuis bien longtemps, j’avais bien des choses à dire, j’espère avoir été compréhensible. Merci d’avoir pris le temps de me lire.

See you soon les chats.

Lyli.



Un commentaire sur

Lettre ouverte à la communauté WNBA France

  • 1stLeBronJamesFan

    En fait tout s’explique. Dans Billions il y’a Jeffcoat mais en fait c’est Jeff GOAT. Il est tellement inspirant qu”il à inspiré un personnage de fiction.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *