Quatre fois le tour du monde en 400 jours 🌍

Il y a quelques semaines, Emma Meesseman avait partagé avec nous un peu de son quotidien via une lettre sur le site de la FIBA : QUEL. MOIS. Voici la suite, toujours aussi intéressante et pleine d’anecdotes qui nous permettent de mieux imaginer la vie d’une athlète comme Emma.

Afin que vous n’en perdiez pas une miette, nous l’avons à nouveau traduit en français.

Source : Four times around the World in 400 days


Ekaterinburg (Russie) – Un journaliste belge a fait un petit calcul pour moi en regardant combien de kilomètres j’ai parcouru en avion depuis la Coupe du Monde 2018.

Il s’avère que j’ai fait environ quatre fois le tour du monde en près de 400 jours. C’était il y a deux semaines donc je suis probablement quelque part dans le cinquième voyage autour du monde. J’ai été assez surprise par ce fait. Soit le globe est vraiment petit, soit je passe environ la moitié de ma vie dans les airs ! Et oui, je pense aussi que c’est la la 2ème solution.

J’attends que quelqu’un invente la téléportation.

Les endroits où la balle orange peuvent nous amener sont fous. J’aime découvrir de nouveaux endroits, rencontrer de nouvelles personnes et apprendre de nouvelles cultures. Mais ne vous trompez pas, nous ne voyageons pas pour aller en vacances. Souvent, nous ne voyons que le gymnase et l’hôtel d’une certaine ville. Nous arrivons, nous allons directement à l’entraînement, nous mangeons, nous dormons, nous nous entraînons à nouveau, nous faisons notre match et nous prenons l’avion pour rentrer chez nous ou pour notre prochain arrêt. Je dois admettre que je ne suis plus la grande fan de l’avion et des aéroports. J’aimais ça avant mais maintenant, j’attends que quelqu’un invente la téléportation. Il suffirait de claquer des doigts et d’arriver là où vous voulez être – facile ! Je sais que cela n’arrivera pas de sitôt, mais laissez-moi au moins en rêver.

Alors, à part de nombreux voyages, que s’est-il passé récemment ? J’ai dû échanger mon #33 contre le #11 de mon maillot belge pendant une semaine ! Avant de continuer, laissez-moi répondre à une question que l’on me pose souvent : pourquoi le #11 et le #33 ?

Eh bien, toute ma vie j’ai joué avec le 11 car c’était aussi le numéro de ma mère. Les gens me disent qu’elle était une très bonne joueuse et qu’elle a gagné tellement de championnats et de coupes en Belgique. Elle a même été Joueuse de l’année ! Donc, même si je ne l’ai jamais vue jouer, elle était mon idole. Je voulais jouer avec son numéro et mon but était d’être meilleure qu’elle. Mission accomplie.

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Quand j’ai été draftée par les Washington Mystics, j’ai dû choisir un autre numéro pour la première fois de ma vie puisque que le 11 était pris. J’ai choisi le 33 et à l’époque, il n’était pas possible de prendre un grand numéro comme ça avec mes autres équipes. J’ai donc pensé que c’était cool de prendre un “numéro américain” pour ma nouvelle aventure américaine. Deux ans plus tard, nous avons découvert que le numéro 33 est également lié à ma mère. Ses deux joueurs préférés sont Kareem Abdul Jabbar et Larry Bird. Devinez quel numéro ils avaient ? C’est vrai, ça devait arriver !

Revenons à mon équipe nationale, les Belgian Cats. Nous avons eu nos deux premiers matchs de qualifications FIBA pour l’EuroBasket 2021 en novembre. C’était super de revenir avec mon équipe, il y avait une bonne ambiance dans notre gymnase et c’était aussi amusant de jouer en Finlande. Je dois rendre hommage aux supporters finlandais et aux supporters belges qui ont fait le voyage jusqu’à Helsinki !

Avant ces matchs, j’étais un peu nerveuse de voir comment nous allions jouer puisque c’était la première fois que nous étions de nouveau ensemble après le tour final de l’Eurobasket 2019. Nous n’étions pas nous-mêmes là-bas et nous avons quitté la Serbie avec un petit goût amer. Mais déjà aux entraînements, je sentais que nous étions prêtes et que nous allions montrer qui sont vraiment les Cats. Et c’est ce que nous avons fait. Nous avons joué deux grands matchs contre l’Ukraine et la Finlande et nous sommes sorties avec deux victoires.

C’est un sentiment tellement fou d’être si proche de mon plus grand souhait depuis que je suis petite. Je me souviens avoir dessiné les anneaux olympiques dans mes livres à l’école.

L’équipe nationale est spéciale. Nous ne passons pas beaucoup de temps ensemble pendant l’année mais quand nous le sommes, c’est comme si nous n’étions jamais parties, sur le terrain et en dehors. On a toujours hâte d’être avec les gens avec qui on a grandi. Je suis vraiment repartie avec un bon sentiment. Nous avons joué du bon basket, nous avons pris un bon départ vers une nouvelle qualification pour l’Eurobasket 2021.

Peut-être plus important encore, nous avons aussi découvert qu’en février 2020, nous jouerons notre tournoi de qualification olympique féminin FIBA à Ostende, en Belgique ! Cela va être tellement incroyable d’essayer de se battre pour notre plus grand rêve devant nos familles et nos amis. C’est un sentiment tellement fou d’être si proche de mon plus grand souhait depuis que je suis enfant. Je me souviens d’avoir dessiné les anneaux olympiques dans mes livres à l’école.

Nous allons jouer contre le Japon, le Canada et la Suède. J’espérais que, lorsque je découvrirais nos adversaires, je pourrais dire aux gens combien de chances nous avions de nous qualifier. Il s’avère que c’est impossible, nous avons trois équipes très complètes contre nous et nous allons devoir être à notre meilleur niveau pour nous qualifier. Heureusement, nous jouons à domicile et nous avons notre sixième homme à nos côtés.

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Après cette intermède, je suis retournée à Ekat. La mère Russie m’a accueilli avec une température de -29°C, mais heureusement, elle s’est réchauffée quelques jours plus tard. Il faut aimer le froid quand on joue ici.

Jusqu’à présent, nous nous en sortons très bien, même si nous avons perdu une fois contre Riga. Nous considérons cela comme une motivation supplémentaire. Les gens vont venir nous voir et jouer à fond. Nous devons nous préparer à cela, quel que soit notre adversaire. Nous sommes donc de retour sur la bonne voie, nous finissons 2019 avec un bon sentiment. Pendant ce temps, nos coéquipières russes de l’UMMC participent aux finales de la Coupe de Russie. Nous, les étrangères, ne sommes pas autorisées à participer à cette compétition. Mais les meilleurs supporters sont toujours là pour nos coéquipières.

© FIBA

Récemment, mon père est venu en Russie pour que nous puissions passer du temps ensemble. Après mon dernier article, quelqu’un m’a demandé comment j’entretenais mes relations avec ma famille et mes amis. Eh bien, comme ça.

Mes parents réservent leurs vacances en tenant compte de mon emploi du temps – à l’hôtel Emma. D’habitude, ils essaient de venir une fois en Amérique et deux fois en Russie. Ce n’est pas comme si nous pouvions faire une tonne de choses, à cause des entraînements et des matchs. La plupart du temps, nous vivons la vie comme à la maison, mais dans un pays différent. Nous faisons la cuisine belge ensemble, nous nous promenons et nous nous détendons. J’ose dire que Washington D.C. et Ekat n’ont plus autant de secrets pour nous.

Avec mes amis, c’est différent. Avec eux, c’est une question de réseaux sociaux. Je suis reconnaissante de l’existence d’Internet, bien que je sache que c’est aussi une malédiction. Nous sommes tous trop occupés avec nos smartphones et nos tablettes. La vérité est que, sans cela, je ne pourrais probablement pas poursuivre ma carrière de basket-ball car j’ai besoin d’être en contact avec ma maison et mes gens.

Ce dont je me souviens le plus comme anecdotes de ma mère en tant que joueuse, c’est qu’elle devait envoyer des lettres par avion – et dans des enveloppes avec des bandes rouges et bleues. Pouvez-vous imaginer ? Je joue en Russie ! Je devrais faire le test et envoyer une lettre juste pour voir combien de temps cela prendrait.

Mais j’ai de très bons amis. Peu importe si je suis loin ou si on ne s’entend pas régulièrement. Ils continuent à me soutenir et quand je reviens, c’est comme si je n’étais jamais partie. Certains sont aussi un peu fous et décident au hasard de faire 12 heures de route pour me voir jouer le Final Four en Hongrie (deux fois) !

Pour pouvoir vivre cette vie, j’ai besoin de ce genre de personnes autour de moi. S’ils ne me soutenaient pas comme ils le font maintenant, je ne pourrais pas passer plus de 11 mois loin de chez moi. Je manque beaucoup d’étapes dans la vie de mes meilleurs amis ou de ma famille. Je suis aussi parfois seule mais je vois aussi le monde et chaque jour je peux jouer au basket-ball ! Je joue avec des gens extraordinaires que je ne rencontrerais jamais dans une vie normale.

Je dirais que pour l’instant, tous les sacrifices que je fais en valent la peine et je vis vraiment mon rêve.

Emma Meesseman



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