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Une lettre à la Ducks Nation

Alors que la saison NCAAW 2019-2020 reprend et que les jeunes joueuses des meilleurs programmes universitaires américains se livrent une bataille sans merci pour déterminer qui sera l’équipe championne pour cette saison, nous avons voulu revenir quelque mois en arrière. A la sortie de la saison dernière, Sabrina Ionescu, fraichement éliminée lors du Final Four 2019, nous livrait ses impressions par le biais d’une lettre à The Player’s Tribune. Nous vous en livrons ici la traduction.

Source : A Letter to Ducks Nation


“Bro”.

C’est tout ce qu’il a dit. “Bro”.

Il y’a beaucoup de choses que mon frère pourrait me texter, et c’est comme si je savais à l’avance le type de message que ce serait – juste sur base de ce fameux « langage secret de frère et sœur » que nous avions tous les deux.

Il pouvait texter « SABRINA » et cela voudrait dire certaines choses. Il pouvait dire « Salut…. » et cela voudrait dire autre chose. Ou il pouvait juste lancer quelques emojis et bien sûr, chacun signifierait quelque-chose.

Mais quand c’est urgent… genre urgent NIVEAU-CODE-ROUGE ? Quand c’est le plus haut du plus haut niveau de tu dois lire ce message ? Dans ces cas-là c’est : “Bro”. Juste, “Bro”.

Et donc, quand il m’a texté ce mot la semaine passée, je savais que ça allait quelque chose de fou. Mais je n’imaginais pas à quel point.

Je ne m’attendais pas à ce que le message de mon frère soit un lien. Pour ESPN+. Où il y’avait une vidéo de moi et de mon jeu.

Par KOBE BRYANT.

Bon, je vais être honnête ici : je ne suis pas abonnée à ESPN+. Je n’ai pas vraiment le budget. Aucune de mes coéquipières non plus. Et donc maintenant mon téléphone est en train d’exploser… notre conversation de groupe est en train d’exploser… Tout le monde devient fou à propos de cette video KOBE DETAILS SABRINA… mais personne ne peut vraiment la regarder.

Finalement, j’ai trouvé quelqu’un qui avait un abonnement et qui m’a permis de regarder. Et je l’ai regardée. Et je l’ai regardée encore. Et encore. Je l’ai regardée un million de fois. En fait, pourquoi est-ce que je mens sur The Player’s Tribune ? Je l’ai regardée un MILLIARD de fois. C’est KOBE BRYANT, LE BLACK MAMBA, en train d’analyser en profondeur mon jeu. J’essaye de ne pas écrire en majuscules – mais c’est dur. C’est KOBE, vous voyez ce que je veux dire ? 

Et alors que je regardais cette vidéo encore et encore, deux idées m’ont traversé la tête. Un : Kobe avait compris. Il avait juste affiché mon jeu, avec une complète justesse. Il analysait mon pick-and-roll, pointant des actions spécifiques où j’aurais dû finir main gauche au lieu de partir sur ma main droite… le truc complet. Chaque analyse était tellement pertinente. C’était comme voir un génie à l’oeuvre. 

Et ensuite, deux : C’est juste fou, le parcours réalisé lors de ces trois dernières années. 

Et je parie que vu de l’extérieur, quand les gens me voient, et voient la saison que nous avons eue en tant qu’équipe et la saison que j’ai eue en tant que joueuse – ils pensent probablement : elle va passer pro. Ils voient l’équipe féminine de Baskeball d’Oregon jouer le Final Four, et presque pouvoir jouer le match du titre. Ils me voient battre le record de triple-doubles et être repérée par Kobe sur ESPN+, et tout ça. Et ils pensent, Quel parcours incroyable. Elle est au bout de ce qu’elle pouvait accomplir. 

Mais la vérité ? Ils n’ont qu’à moitié raison. 

Oui, ça a été un parcours incroyable. 

Mais non, je n’ai pas été au bout de ce que je pouvais accomplir. 

Parce que les gens qui disent que nous avons atteint notre plafond, ils ne connaissent pas ce programme et ils ne me connaissent pas. Et ils ne connaissent la mission que nous nous sommes fixée, en tant que groupe. La mission qui nous a déjà réuni jusqu’à présent.

Je suis arrivée à l’Université d’Oregon en tant que freshman en 2016-2017. Nous avons été jusqu’à l’Elite Eight (et perdu de beaucoup). 

Je suis revenue à l’Université d’Oregon en tant que sophomore en 2017-2018. Nous avons été jusqu’à l’Elite Eight (et perdu de peu). 

Je suis revenue à l’Université d’Oregon en tant que junior en 2018-2019. Nous avons été au Final Four. 

Et maintenant, je ne pourrais pas être plus heureuse d’annoncer que je serai de retour à l’Université d’Oregon pour la saison de basketball 2019-2020. 

Je ne prédirai pas exactement jusqu’où nous irons… mais je dirai juste ceci : 

Nous avons un travail à terminer. 

Et je le pense du plus profond de mon coeur. Mes coéquipières et moi, nos coachs, nos fans, ce programme, on ne veut pas juste faire un run, vous voyez ce que je veux dire ? On ne veut pas être cette équipe qui apparaît de nulle part, sur le dos de quelques bonnes joueuses, fait un peu de bruit le temps d’une saison ou deux et puis repart dans l’oubli. Non. Ce n’est pas ça. 

On construit quelque chose ici à Eugene. On construit quelque chose, ensemble, qui est prévu pour durer longtemps après que nous soyons diplômées. Depuis les étudiantes des années supérieures, qui m’ont montré le chemin, Oti, Maite et Ruthy (peut-être spécialement Ruthy, qui est arrivée en même temps que moi et qui est passée du statut de voisine de chambrée, quand nous nous adressions à peine la parole, à celui de meilleure amie dans le monde)… en passant par nos incroyables jeunes, Morgan, Nyara, Taylor, Lydia, Erin, Satou… jusqu’à nos futures arrivantes que nous avons déjà signées, sans oublier notre magnifique coaching staff, dirigé par Coach Graves… et bien sûr nos INCROYABLES FANS qui, franchement… vous ne vous imaginez pas. 

Je me rappelle nos matchs à domicile lors de ma première année. Il y avait en gros mes parents, mes amis… et c’était à peu près tout. Et nous en rigolions car ils pouvaient choisir la place qu’il voulait dans la salle. Sérieusement, c’était vraiment comme ça. Nous nous estimions heureux d’attirer 1000 fans cette année là. Maintenant nous attirons… je crois que nous atteint une moyenne de 7000 fans par match à domicile cette année. Et ajoutez à cela que nous avons et des gens comme Stephen Curry, Shea Serrano ou LeBron James qui nous encourageaient et prenaient le train en marche ?!

Quelque chose est en train de se passer. 

Nous construisons un programme, et pas n’importe lequel. 

Nous construisons un programme qui gagne des championnats nationaux. 

En commençant, je l’espère, par celui qui arrive. 

La vérité, c’est que la première fois où j’ai regardé la vidéo DETAILS par Kove, j’ai été un peu déçue. Pas par la vidéo bien entendu, elle était parfaite. Mais une part de moi pensait : Oh… non. Il m’a analysé TROP bien. J’avais ce sentiment en moi que si ça avait été si facile pour Kobe de m’analyser, peut-être que mon jeu n’était pas encore au niveau que je le pensais avoir? Etait-ce si facile que ça, Mamba ? 

Ensuite nous avons perdu contre Baylor au Final Four. Ce fut une des défaites les plus douloureuses de ma vie. Je pensais vraiment que nous avions une chance de gagner ce match, et même de tout gagner. Et donc aller aussi loin, pour chuter aussi près du but… j’étais à l’agonie. 

Mais ce qui est marrant, après le match, sur le chemin du retour ? J’ai regardé la vidéo de Kobe une dernière fois. Et j’ai réalisé quelque chose : Kobe qui m’analysait si bien ? le Mamba qui m’avait totalement mise à jour ? Ce n’était pas une insulte. Ce que c’était ? Un challenge. Kobe me disait, je pense, OK. JE TE VOIS. Je te vois et j’aime ce que tu me montres. Mais maintenant, tu dois me montrer quelque chose de plus. Maintenant, il est temps que tu prennes à ton compte ce All-American game, ce match du Final Four, ce match si importants pour les prospects, ce match si important pour le programme du Basketball féminin de l’Oregon… et l’emmener à un autre niveau. Ce niveau que personne n’avait entrevu. C’est ainsi qu’on passe de bon à excellent. 

C’est comme qu’on passe de prétendant à champion. 

Et je pense que je comprends ça maintenant. 

A ma coach de Lycée Kelly, qui a été avec moi dans cette aventure depuis la 3e année (ndlr third grade)… Merci. A ma famille de l’Université d’Oregon, depuis mes coéquipières, en passant par mes collègues de classes, mes coachs, mes professeurs… Merci. Et à ma vraie famille, que j’aime plus que tout au monde… Merci

Ducks Nation : Je vous vois l’année prochaine. En avant les salles pleines. 

Kobe : On se voit l’année prochaine aussi. J’espère que tu continueras à regarder. 

Et à la WNBA : On se voit vite. Très vite, je te le promets. 

J’ai juste quelques affaires dont je dois m’occuper avant. 



2 commentaires sur

Une lettre à la Ducks Nation

  • 1stLeBronJamesFan

    Le mois des lettres sur swish swish clairement. Quelqu’un a envie d’être facteur dans la direction on dirait ^^

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