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Tout ce qu’il faut savoir sur le TQO de Bourges

Dans trois jours à peine, l’Australie, la France, le Brésil et le Porto-Rico se retrouveront et s’affronteront à Bourges, fief du basket féminin français, dans l’espoir de repartir avec l’un des trois tickets de qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo qui seront mis en jeu.

Les 4 équipes en lice

 La France

© FIBA

À l’image de l’Espagne, de la Russie, de la Serbie, de la Belgique, de la Suède et de la Grande-Bretagne, la France s’est qualifiée pour le Tournoi Qualificatif Olympique en terminant parmi les six premiers — et même mieux, à la deuxième place — à l’EuroBasket 2019.

À Bourges, devant leur public, les Bleues — qui pour l’heure sont quatorze à avoir été pré-sélectionnées par Valérie Garnier, mais ne seront que douze à jouer au TQO — essaieront donc d’aller chercher la quatrième qualification olympique de leur histoire (2000, 2012, 2016), ce qui les engagerait également dans leur troisième campagne olympique à la suite, après les épopées de Londres et de Rio.

Grâce à une équipe tout à la fois jeune et expérimentée, les Françaises, qui trônent à la quatrième place du classement FIBA, ne devraient pas rencontrer trop de difficultés pour s’assurer une place parmi les trois premiers du tournoi, synonyme de qualification aux Jeux Olympiques.

Dans l’effectif (provisoire) de Valérie Garnier, les fans de WNBA — et plus particulièrement du New-York Liberty — peuvent retrouver le duo de choc Bria Hartley/Marine Johannès. Celles qu’on surnomme les « Splash sisters » ont déjà eu l’occasion de prouver leur complémentarité sur les terrains à plusieurs reprises, que ce soit sous les couleurs du Liberty ou de l’Équipe de France, et les supporters français espèrent bien qu’il en sera de même à Bourges.

En plus du duo new-yorkais, les Françaises pourront compter sur la présence de joueuses d’expérience. On pense par exemple à Diantra Tchatchouang, ou encore à la phénoménale Sandrine Gruda, véritable pilier de l’équipe de France, capable à tout moment de porter l’équipe à elle seule sur ses épaules, comme ce fut le cas — nos amis Belges s’en souviennent sans doute — en demi-finale de l’EuroBasket en juillet dernier. Avec Endy Miyem, elle aussi présente dans les rangs de l’équipe de France depuis plus de dix ans, Gruda est la seule rescapée de la mythique équipe des « Braqueuses » qui, en 2012, avait réussi l’exploit de monter sur la deuxième marche du podium et de décrocher une médaille d’argent olympique.

Outre ces piliers, la France pourra sans doute compter sur la présence de Sarah Michel, Valériane Vukosavljević, Olivia Epoupa, et Héléna Ciak, quatre joueuses de talent habituées des compétitions internationales, et qui étaient déjà présentes à Rio en 2016, quand la France avait terminé au pied du podium suite à une défaite face à la Serbie.

L’effectif provisoire compte également de jeunes joueuses — quoi que pour certaines, assez expérimentées — dans ses rangs, comme Alexia Chartereau, Alix Duchet, Marine Fauthoux et Iliana Rupert. Enfin, Magali Mendy, qui avait déjà été présélectionnée pour l’EuroBasket, complète ce groupe de quatorze joueuses. L’ailière de vingt-neuf ans, qui avait participé au match de préparation face à l’Espagne en novembre dernier, attend encore de prendre part à sa première compétition officielle sous le maillot des Bleues.

 L’Australie

© FIBA

Il n’y a aucun doute quant au fait que l’Australie est une très grande nation du basket féminin. Avec leurs cinq médailles olympiques — deux de bronze et trois d’argent —, les Opals sont des prétendantes sérieuses au titre à chaque fois qu’elles prennent part à une compétition internationale. Et si ce n’était pour la présence écrasante des États-Unis, les filles de Sandy Brondello auraient à coup sûr de nombreux titres à leur actif. Au championnat du monde de 2006, elles ont d’ailleurs prouvé qu’il suffisait d’un faux pas des Américaines pour qu’elles repartent avec l’or.

Cette année encore, l’effectif de l’Australie fait à la fois peur et rêver. La plus grande star de cette équipe est indéniablement le phénomène Liz Cambage, capable de terroriser ses adversaires sur comme en dehors des terrains, à la faveur d’un move au poste bas ou d’un tweet incendiaire. Mais sous l’ombre imposante de Cambage, les observateurs de la WNBA sauront également apprécier la présence de Rebecca Allen, qui affrontera donc ses deux coéquipières du Liberty, Marine Johannès et Bria Hartley.

Les fans du Seattle Storm, quant à eux, pourront découvrir Ezi Magbebor. Draftée l’année dernière en douzième position par Seattle, l’Australienne de vingt ans fera normalement ses débuts outre-atlantique en mai prochain. De quoi essayer de les consoler, peut-être, de l’absence de Sami Whitcomb, écartée, conformément à la réglementation FIBA, de l’effectif final par Sandy Brondello au profit de Leilani Mitchell, la meneuse du Phoenix Mercury, elle aussi naturalisée.

 Le Brésil

© FIBA

Peu de gens le savent peut-être, mais il y a eu un âge d’or du basket féminin brésilien. Si le Brésil ne se situe aujourd’hui pas plus haut qu’à la quinzième place du classement FIBA, le pays, champion du monde en 1994, compte pourtant deux médailles olympiques à son actif, une d’argent et une de bronze, gagnées respectivement en 1996 à Atlanta et en 2000 à Syndey.

Toutefois, le Brésil n’a pas retrouvé le podium des Jeux olympiques depuis l’entrée dans le vingt-et-unième siècle. En 2016, à domicile à Rio, l’équipe n’a finit qu’à la onzième place.

Reste que le Brésil compte dans ses rangs des joueuses de grande qualité. Commençons par mentionner l’élement moteur principal de l’équipe, Damiris Dantas, qui tourne à seize points de moyenne en sélection nationale. Draftée par le Minnesota Lynx en 2012, Dantras est également passée par le Dream pendant trois saisons, avant de revenir chez les Lynx où elle s’est illustrée avec près de dix points de moyenne par match la saison dernière.

La sélection brésilienne peut également compter sur l’expérience de son intérieure, Érika de Souza. Championne WNBA en 2002 avec les LA Spark, passée par de nombreuses franchises — Sun (2007), Dream (2008-2015), Sky (2015-2016), Stars (2017) —, sélectionnée 3 fois au WNBA All Star Game (2009, 2013, 2014), élue dans la WNBA All-Defensive team en 2013, l’internationale brésilienne représente une aide importante pour ses coéquipières, et ce ne sont pas ses trente-sept ans qui pourraient l’empêcher d’être la deuxième meilleure marqueuse de son équipe.

Enfin, les spectateurs présents à Bourges pourront retrouver une de leurs anciennes joueuses en la personne de Clarissa Dos Santos, qui avait défendu les couleurs du Tango Bourges entre 2016 et 2017. Si elle évolue aujourd’hui à l’ASVEL, il n’y a que peu de doute quant au fait que l’intérieure brésilienne aussi passée par le Chicago Sky (2015-2017) et les San Antonio Stars (2017) se sentira comme chez elle au Prado.

L’objectif sera simple pour le Brésil au cours de ce TQO. S’il sera sans doute difficile pour les Brésiliennes de causer du tort aux Françaises ou aux Australiennes, elles auront pour mission de ne pas se laisser surprendre pas le Porto-Rico, et d’assurer ainsi une troisième place synonyme de qualification.

 Porto Rico

© FIBA

Le Porto-Rico, enfin, est le petit poucet de ce groupe. Vingt-troisième au classement FIBA, l’équipe féminine du Porto-Rico n’a jamais eu la chance de participer aux Jeux Olympiques. Avec une seule joueuse ayant joué en WNBA (Carla Cortijo), et pour une saison seulement (2015-2016), dans son effectif, cette équipe sur le papier modeste aura pour tâche d’essayer de créer la surprise à Bourges.

La confrontation la plus décisive pour cette équipe aura lieu d’entrée de jeu, puisque les Porto-ricaines affronteront le Brésil dès jeudi, en ouverture du tournoi, à l’occasion d’un derby cent pour cent latino-américain.

L’enjeu

Ce groupe D est un des deux seuls au sein desquels il n’y a aucun qualifié direct. La pression est donc moins grande que dans d’autres poules pour les deux grosses équipes, la France et l’Australie, qui devraient toutes deux se qualifier sans problème. Entre les deux équipes, le combat pour la première place sera toutefois rude. Pour la France comme pour l’Australie, ce tournoi qualificatif sera une belle répétition générale avant le show des JO, et devrait permettre aux deux sélectionneuses d’affiner leurs choix stratégiques en vue du grand rendez-vous.

Mais si elle semble généreuse envers les grosses équipes, cette poule est également une des plus ouvertes pour les plus petites équipes. Il est en effet intéressant de noter qu’une nation entre le Brésil et le Porto-Rico repartira nécessairement avec une qualification olympique.

Ainsi, c’est peut-être pour le Porto-Rico, qui pourrait décrocher sa première qualification, que l’enjeu sera le plus important au cours de ce TQO. Certes, il ne sera sans doute pas facile, pour ce petit pays de trois millions d’habitants, de battre la nation expérimentée que reste le Brésil, en dépit des résultats moyens de la seleção lors compétitions internationales sur les deux dernières décennies.

Mais reste qu’une occasion assez unique est donnée aux Porto-ricaines d’essayer malgré tout d’entrer dans l’histoire. Dans le groupe C, la qualification d’office du Japon en tant que pays organisateur, en plus de la présence de la Belgique et du Canada leur auraient sans doute rendu la tâche quasi impossible. Le groupe B de l’Espagne, la Chine, la Grande-Bretagne et la Corée ne leur aurait sans doute pas été plus favorable. Au sein du groupe A où la qualification d’office des États-Unis, grands favoris, ne risque pas de bouleverser les pronostics, le Puerto-Rico aurait peut-être pu avoir une carte à jouer face à un Nigéria dix-septième ou un Mozambique quarante-troisième au classement FIBA.

Mais c’est bien au sein de ce groupe D que le sort a décidé de donner au Puerto-ricaines une chance d’entrer dans l’histoire. Nul doute que le combat sera rude, mais au moins leur a-t-il été accordé le droit d’espérer. Puerto-Rico ? Vàmos!

Le pronostic

Ce pronostic ne pourrait être partagé s’il ne se déclinait en deux versions différentes, à savoir le choix de la raison, d’une part, et le choix du coeur, d’autre part.

La raison nous pousse à avoir l’esprit mathématique et à suivre tout simplement ce que nous dit le classement FIBA. L’Australie terminerait alors en première position du groupe, suivie par la France ; puis le Brésil décrocherait la dernière place qualificative, et le Puerto-Rico, enfin, repartirait bredouille.

Mais le coeur a ses raisons…

Et c’est bien pour cela qu’il nous faudra conclure cet article avec ce qui pour certains sera de l’optimisme, pour d’autres de la naïveté, c’est-à-dire, en souhaitant d’une part aux Françaises de briller devant leur public et de décrocher la première place du groupe, d’autre part au Puerto-Rico de faire rêver ses supporters à distance, et d’arracher in extremis une troisième place dont la portée ne serait rien de moins qu’historique.



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