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Saison 2019 : ce qui est vraiment arrivé à Sue Bird

L’année 2019 aura été particulièrement éprouvante pour les fans du Seattle Storm. Avant même le début de la saison, les Storm Crazies apprennent en effet que leur équipe sera privée de deux de ses piliers incontestables — Sue Bird et Breanna Stewart. Pourtant, ces deux absences sont loin de s’expliquer de la même manière. Si les images de la MVP en titre recroquevillée au sol et se tordant de douleur suite à sa rupture du tendon d’Achille en finale de l’Euroleague ont tristement marqué les esprits, il fut sans doute plus difficile de pointer précisément du doigt ce qui retint Sue Bird hors des terrains pendant l’entièreté de la saison. Car contrairement à sa coéquipière, Sue n’est pas tombée. Elle ne s’est rien cassé, rien déchiré, ni même foulé. Alors, quelle est cette mystérieuse blessure qui nous priva sans préavis des talents de la légende de Seattle pendant toute une saison, à un stade où chaque minute qu’elle passe sur un terrain est pourtant si précieuse ?

Une blessure… qui n’en était pas une

Partons du commencement : le genou gauche de Sue Bird a toujours été son talon d’Achille, et ce même avant le début de sa carrière professionnelle. Dès le niveau universitaire, Sue est victime d’une rupture des ligaments croisés huit matchs à peine après son arrivée dans les rangs des Huskies du Connecticut : elle doit donc rester loin des terrains pendant tout le reste de son année de freshman. Par la suite, elle subit non moins de six opérations sur ce même genou gauche tout au long de sa carrière. Quand on lui demande quel est son premier réflexe en se réveillant chaque matin, elle répond : « Je pose un pied par terre, je fais un premier pas, et j’essaie de voir quel genre de jour ce sera ».

Mais en dépit de ses douleurs récurrentes, Sue Bird avait fini la saison 2018 triomphalement : on se souvient de ses quatorze points lors du quatrième quart-temps du match décisif des demi-finales 2018 face à Phoenix, qui avaient permis de mener son équipe jusqu’aux Finales puis au titre de championnes WNBA. Les rêves de back to back — une performance qui pour l’heure n’a pas de précédent dans l’histoire du Seattle Storm — s’installaient déjà dans tous les esprits.

Si le 14 avril 2019, ces rêves sont mis en péril par la blessure majeure de Breanna Stewart, les premières images du training camp rassurent un peu les fans, du moins autant que faire se peut : s’il faudra composer sans Breanna cette saison, Sue est présente dès la reprise du training camp, et semble prête à aborder sa dix-septième rentrée dans la ligue féminine de basket la plus compétitive au monde. Et pourtant, le Storm connaît rapidement une seconde désillusion. Un mois à peine après la blessure de Stewie, on apprend que Sue doit se faire opérer du genou, et qu’elle ratera en conséquent la majeure partie de la saison. Mais pourquoi cette opération ?

La quadruple championne olympique le raconte au cours de deux entretiens récemment rendus publics : il y a six ou sept ans déjà, un morceau de cartilage s’était déplacé à l’intérieur de son genou gauche, et avait causé l’apparition d’une grosseur sur la partie arrière de celui-ci. Avec les années, cette grosseur, progressivement recouverte par de l’os, s’est amplifiée au point d’atteindre la taille d’une balle de golf l’empêchant de replier complètement sa jambe vers l’arrière.

C’est donc pour retirer cette grosseur que Sue Bird a subi une arthroscopie du genou gauche au début de la saison, au cours d’une opération d’environ une heure. Mais cette opération n’inquiétait pas la légende de Seattle plus que ça : « j’adore les opérations », confie Sue, « à chaque fois, j’ai l’impression d’être en vacances pendant quatre jours ». Elle savait en effet que le plus dur serait le processus de rééducation, la grosseur ayant déplacé certain éléments de son genou, qui devraient donc réapprendre à fonctionner sans elle.

Mais alors, deuxième question : pourquoi Sue n’a-t-elle pas fait son retour sur les parquets à la fin de la saison, comme c’était initialement prévu ?

Une absence légèrement prolongée

À l’annonce de la nécessité, pour Sue, d’être opérée, nul ne savait quand la meneuse de Seattle ferait son retour sur les parquets, aucune date de retour n’ayant été avancée par les rapports médicaux transmis à la presse, qui la présentaient simplement comme « out indefinitely », soit au repos pour une période indéterminée. Assez vite toutefois, Sue avait laissé entendre qu’il serait possible qu’elle soit de retour à la fin de la saison. On se plaisait déjà, alors, à rêver d’une Sue Bird revenant héroïquement dans les rangs du Storm pour les play-offs et menant, pourquoi pas, son équipe jusqu’au Saint-Graal. L’espoir ne fait-il pas vivre ?

Mais une fois encore, la réalité fut tout autre, et les suites de l’intervention ont tenu Sue Bird loin des terrains pendant près de cinq mois, trop longtemps pour qu’elle puisse rejoindre ses coéquipières à la fin de la saison. En cause, deux légères complications : tout d’abord, le chirurgien en charge de son opération pensait initialement pouvoir faire éclater la grosseur à l’intérieur de son genou puis ne faire qu’aspirer les débris par arthroscopie, mais la taille de la grosseur l’a finalement contraint au dernier moment à faire une petite ouverture sur la partie latérale de son genou. De plus, il a pris la décision de soigner les lésions cartilagineuses du genou de Sue par microfractures, ce qui consiste, selon le chirurgien orthopédiste Guillaume Grosjean, à « pratiquer des micro-perforations sur la surface ligamentaire abimée dans le but de de déclencher un processus de cicatrisation et d’obtenir un cartilage de remplacement ». Bref, ce qu’il faut retenir, nous dit Sue, c’est que ce traitement par microfractures est une bonne chose pour sa carrière (et sa vie!) sur le long terme, mais qu’il a allongé son processus de rééducation d’environ un mois, ce qui explique qu’elle n’ait pas fait son retour au moment des playoffs.

La blessure de Stewie : un mal pour un bien

Enfin, comment expliquer la temporalité assez surprenante de cette blessure, survenue un mois à peine après la blessure de Breanna Stewart ? Était-ce là une coïncidence ? Oui et non.

 Si elle était techniquement en mesure de continuer à jouer, la douleur devenait de plus en plus difficile à supporter pour Sue. « Je savais que j’avais un problème du genou », affirme-t-elle. « Mon médecin m’avait dit : au bout d’un moment, tu vas arriver à un stade où tu te diras ‘c’en est trop, je ne peux pas continuer comme ça’. Assez vite après la blessure de Stewie, je suis arrivée à ce stade où je me disais « Je ne peux pas rester comme ça pendant une saison entière. C’est une chose de supporter la douleur pendant un jour, mais c’est autre chose d’y faire face pendant une saison de quatre ou cinq mois. »

Quand Sue a appris la blessure de Stewie, sa réaction a sans doute été la même que celle de l’ensemble des amateurs de basket. Elle s’est simplement dit : « F********ck. » Mais une fois le choc et sans doute la déception initiale mis de côté — « On était les favorites et on voulait reconquérir notre titre, donc ce fut un très gros coup dur » — elle confie que la blessure de Stewie lui a enlevé une certaine pression. Sa logique fut la suivante : « Stewie ne jouera pas cette saison, et il faut que je me fasse opérer, alors autant que nous manquions toutes les deux cette saison… On reviendra l’année prochaine. »

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Malgré cette double absence, les joueuses du Storm ont prouvé que les blessures de leurs leaders n’étaient en rien un frein à leur ambition et à leurs désirs de victoire. Cette next (wo)man up mentality, combinée au retour de Bird et Stewart, espérons-le, au meilleur de leur forme, nous autorise à être très  optimistes pour le Storm en 2020. Quant à Sue, elle a déjà fait son retour sur les terrains avec USA Basketball à l’occasion des matchs de préparation organisés contre des équipes universitaires en vue des Jeux Olympiques 2020. Désormais, on ne peut qu’espérer que cette blessure sera la dernière de sa carrière, et lui souhaiter d’atteindre ses derniers objectifs : une médaille d’or à Pékin et, pourquoi pas, l’occasion de mettre les pieds sur les terrains de la nouvelle Key Arena en 2021.

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